Gouvernement du Burkina Faso

Lutte contre les discriminations à l’égard des femmes : Le message du ministre de la Promotion de la femme

dimanche 3 janvier 2010.

 

Aujourd’hui, 18 décembre 2009, le monde entier célèbre le 30e anniversaire de l’adoption de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF), par l’Assemblée générale de l’ONU.

Femmes du Burkina Faso, c’est avec une joie immense que nous célébrons l’événement, qui marque un tournant important dans l’histoire de la lutte des femmes pour la reconnaissance et le respect de leurs droits humains fondamentaux.

A cette occasion, je voudrais rendre un hommage mérité à nos mères, sœurs et filles, à toutes les femmes où qu’elles se trouvent, pour le travail, le soutien, le courage et la persévérance dont elles ont fait preuve dans la lutte pour une promotion réelle des droits de la femme burkinabè. Je m’en voudrais de ne pas saluer l’engagement et la compréhension de nos pères, nos frères et nos époux qui nous ont accompagnées dans notre combat.

Adoptée en 1979, la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDEF) occupe une place importante parmi les traités internationaux relatifs aux droits de la personne humaine car elle rappelle les droits inaliénables des femmes, moitié de la population mondiale.

L’esprit de la Convention s’inspire des principes fondamentaux des Nations unies qui ont proclamé à nouveau leur foi dans les droits fondamentaux de l’homme, dans la dignité et la valeur de la personne humaine et dans l’égalité de droits des hommes et des femmes.

A travers les dispositions consacrées dans ses 30 articles, la Convention définit la discrimination à l’égard des femmes, ainsi que les droits à garantir pour une réelle promotion dans les domaines politique, économique, social et culturel. Pour parvenir à cette égalité, la discrimination basée sur le sexe doit être éliminée.

Dans son préambule, la Convention reconnaît explicitement que "la discrimination généralisée contre les femmes existe toujours" et souligne qu’une telle discrimination "viole les principes de l’égalité des droits et du respect de la dignité humaine". D’après l’article premier de la Convention, on entend par discrimination, "toute distinction, exclusion ou restriction fondée sur le sexe dans les domaines politique, économique, social, culturel et civil ou dans tout autre domaine".

La Convention réaffirme le principe de l’égalité en demandant aux Etats parties de prendre "toutes les mesures appropriées, y compris des mesures législatives, pour assurer le plein épanouissement et le progrès des femmes, en vue de leur garantir l’exercice et la jouissance des droits de l’homme et des libertés fondamentales sur la base de l’égalité avec les hommes" (Article 3).

En ratifiant la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes en 1987 et son Protocole facultatif pour le renforcement de la mise en œuvre de la CEDEF en 2005, le Burkina Faso, à l’instar des autres pays, s’est engagé à éliminer les discriminations au sein de la famille et de la société ou celles qui entravent l’accès des femmes aux services de santé, à l’éducation, à l’emploi, au pouvoir politique et économique ou encore au sein de la famille et de la société.

Femmes et hommes du Burkina Faso ! 30 ans après l’adoption de la Convention, cet anniversaire est l’occasion pour nous, d’une part, de mesurer les progrès réalisés vers la reconnaissance des droits de la femme dans le monde, en général et dans notre pays, en particulier, et d’autre part, de jeter un regard sur les difficultés rencontrées pour leur mise en œuvre.

Il ressort des constats, que des acquis certes sont enregistrés dans notre pays. La production et la présentation à chaque session du Comité pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes, des différents rapports nationaux en témoignent. Des actions concrètes ont aussi été prises pour la promotion et la protection des droits de la femme.

L’implication et la responsabilisation des femmes dans les sphères de prise de décision ne sont pas un leurre dans notre pays. De nos jours, on assiste à une ascendance du nombre de femmes dans le gouvernement, dans le parlement et dans d’autres structures institutionnelles. Les métiers auparavant réservés aux hommes sont de plus en plus ouverts aux femmes.

L’Assemblée nationale, convaincue que le développement du Burkina Faso ne peut se faire sans la pleine participation des femmes qui constituent 52% de la population, a adopté le 16 avril 2009, la loi sur l’instauration des quotas de l’un ou l’autre sexe au niveau des postes électifs. La mise en application de cette loi permettra à au moins trente (30) femmes sur cent personnes de défendre la cause des femmes à tous les niveaux de décision.

Le couronnement de toutes ses actions d’envergure nationale est l’adoption par le gouvernement avec l’appui des partenaires techniques et financiers, le 08 juillet 2009 de la politique nationale genre. Celle-ci se donne comme vision à terme "une société débarrassée de toutes formes d’inégalités et d’iniquités de genre et qui assure à l’ensemble de ses citoyens et citoyennes, les sécurités essentielles pour leur épanouissement social, culturel, politique et économique".

Mais comme le dit l’adage, "l’arbre ne doit pas cacher la forêt". Malgré le renforcement des lois, aucun pays au monde n’a atteint la pleine égalité entre les sexes. Dans de nombreux pays, les femmes continuent de subir des discriminations en matière de droits matrimoniaux.

Les traditions, coutumes et attitudes stéréotypées constituent des obstacles considérables à l’égalité et à la jouissance des droits fondamentaux. Les violences contre les femmes sont encore largement tolérées à la maison et dans les communautés et les femmes se voient souvent refuser l’égalité du droit à la propriété et à l’héritage.

Les femmes du Burkina ne sont pas exemptées de ces pesanteurs socioculturelles qui entravent leur plein épanouissement. Malgré un arsenal de textes juridiques internationaux, régionaux et nationaux favorables aux droits de la femme ratifiés, la femme burkinabè continue de subir des discriminations liées principalement à son statut d’infériorité, par le fait d’être née femme.

C’est au regard de la persistance des violences, surtout domestiques et conjugales, que nous avons, avec l’appui de nos partenaires, célébré le 15 décembre 2009 en différé à Ziniaré, chef-lieu de la région du Plateau central, la journée internationale de lutte contre la discrimination à l’égard des femmes sous le thème : "les conséquences des violences faites aux femmes sur la victime, sur la famille et sur la communauté". Ce thème est une interpellation sur l’impérieuse nécessité d’arrêter les violences faites à l’égard des femmes et aux filles ou d’empêcher qu’elles ne soient commises.

La commémoration de cette journée présidée par madame Chantal Compaoré, épouse du chef de l’Etat, Son Excellence Monsieur Blaise Compaoré, a été marquée par le lancement du Programme conjoint de lutte contre les violences à l’égard des femmes initié par le réseau inter agences du Système des Nations unies sur les femmes et l’égalité des sexes dans dix pays dont le Burkina Faso. Il a pour objectif global de contribuer à la lutte contre les violences faites aux femmes et aux filles sous toutes leurs formes dans les régions du Plateau central, du Sahel et des Hauts-Bassins d’ici à 2010.

Des centaines de femmes et d’hommes, responsables et membres d’associations, des ONG, de même que plusieurs partenaires au développement convaincus de la nécessité de bannir de notre société les violences faites aux femmes ont, par leur présence effective, témoigné de leur engagement et de leur disponibilité à appuyer les femmes dans leur quête d’un mieux-être.

C’est l’occasion pour moi de vous remercier une fois encore pour cette mobilisation, preuve que la promotion des droits de la femme est l’affaire des femmes elles-mêmes, mais aussi celle des autres composantes de notre société.

Mes sœurs, un autre défi nous attend. Il est prévu en 2010, l’élections présidentielle. Avec le dynamisme et l’engagement qui vous ont toujours animées, je vous invite à une participation pleine et entière. Cela, afin de rendre effective l’application de la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discriminations à l’égard des femmes et de son protocole facultatif qui consacrent la participation des femmes aux sphères de prise de décision comme un moyen incontournable d’influencer les politiques, les projets et les programmes pour une réelle égalité de chance entre les fils et les filles du Burkina Faso.

Pour une mise en œuvre effective de la CEDEF, Engageons-nous !

Je vous remercie




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