Gouvernement du Burkina Faso

Mesdames et Messieurs les Ministres Excellences

mardi 10 juillet 2018.

 

Mesdames et Messieurs les Ministres
Excellences Mesdames et Messieurs les Représentants des Pays amis, des Institutions et Agences de financement du développement ;
Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions régionales et sous régionales ;
Mesdames et Messieurs les Investisseurs privés nationaux et internationaux,
Honorables députés,
Chers concitoyens de la diaspora,
Mesdames, Messieurs

Permettez-moi, à l’entame de mon propos, d’exprimer toute ma satisfaction et celle de mon gouvernement à votre endroit ainsi qu’aux pays et aux Institutions que vous représentez, pour avoir fait honneur à notre pays, en répondant promptement à l’invitation à participer à cette importante rencontre. Je voudrais vous souhaiter la chaleureuse bienvenue et un excellent séjour dans notre capitale, Ouagadougou.
Je voudrais également m’acquitter d’un agréable devoir, celui de vous transmettre les chaleureuses salutations de Son Excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE, Président du Faso, qui suit de près le déroulement de notre rencontre compte tenu de l’importance et du prix qu’il attache personnellement à la mise en œuvre effective du PNDES. Le référentiel de développement de notre pays qui, comme vous le savez, est bâti autour du programme présidentiel « Bâtir avec le peuple un Burkina Faso de démocratie, de progrès économique et social, de liberté et de justice ».

Excellences, Mesdames et Messieurs

Les 7 et 8 décembre 2016, nous nous étions retrouvés à Paris, à l’invitation de mon gouvernement pour échanger autour de notre vision, nos politiques et stratégies de développement déclinées dans le Plan de développement économique et social (PNDES). La plupart d’entre nous ici étions présents à ce grand rendez-vous au cours duquel vous aviez manifesté envers les plus hautes autorités de mon pays ainsi qu’à notre peuple, votre amitié à travers votre adhésion à notre vision et à nos stratégies et politiques pour sa concrétisation. En effet à l’issue de la Conférence de Paris, le volume des annonces de contributions faites aussi bien par les partenaires publics que privés s’est élevé au-dessus de nos attentes ce qui nous a confortés quant à la justesse de nos choix de politiques économiques, à la possibilité d’amorcer véritablement le développement de notre pays avec le soutien de nos partenaires.
Je saisis à nouveau l’occasion qui m’est offerte aujourd’hui pour une fois de plus vous exprimer la gratitude de mon gouvernement et du peuple burkinabè pour l’appui constant et inestimable que vous ne cessez de nous apporter.
C’est pour moi le lieu de remercier nos partenaires techniques et financiers, en particulier la Banque mondiale, le PNUD et l’Union européenne qui une fois de plus se sont engagés à nos côtés pour nous appuyer techniquement, matériellement et financièrement dans l’organisation de la présente Rencontre.

Excellences, Mesdames et Messieurs,

Une année et demi s’est écoulée, disais-je, depuis notre rencontre de Paris. Il est donc tout à fait à propos que nous nous retrouvions aujourd’hui pour faire le bilan du chemin parcouru dans la mise en œuvre du PNDES que nous portons ensemble. Il s’agira également pour nous de faire le point sur la concrétisation des engagements pris d’une part par le gouvernement en matière de réformes et d’investissements et d’autre part, par les partenaires publics et privés relatifs aux intentions de financements annoncées lors de la Conférence de Paris.
Pour ce qui est du bilan de la mise en œuvre, les résultats d’étape sont très encourageants. En effet, malgré un contexte national difficile marqué par l’insécurité, les attaques terroristes et l’agitation sociale, nous sommes parvenus à replacer l’économie burkinabè sur un sentier de croissance forte. Le taux de croissance du PIB réel qui était de 4% en 2014 et 2015 est ressorti à 5,9% en 2016 avant d’atteindre 6,7% en 2017. Cette reprise résulte de la crédibilité de notre politique et de la confiance que mon gouvernement a su cultiver au sein de nos partenaires au développement.
Elle est aussi le résultat des efforts réalisés par mon gouvernement au niveau des trois axes stratégiques du PNDES.

Distingués Invités, Mesdames et messieurs,

Ainsi, dans le domaine de la réforme des institutions et de modernisation de l’administration, les actions conduites par le gouvernement ont permis d’enregistrer les principaux acquis ci-après, à savoir :
-  (1) le renforcement de l’indépendance de la justice avec l’adoption des textes consacrant l’indépendance du Conseil supérieur de la magistrature, son autonomie financière, le renforcement de ses moyens financiers et logistiques ainsi que l’amélioration des conditions de travail du personnel judicaire et pénitencier.
-  (2) le renforcement des moyens juridiques de lutte contre la fraude et la corruption avec l’adoption des textes d’application de la loi portant répression de la fraude et de la corruption dont les décrets relatifs à l’obligation des hauts représentants de l’Etat de publier leur patrimoine au début et à la fin de leurs fonctions, au délit d’apparence, au délit d’acceptation des cadeaux indus.

-  (3) l’amélioration de la gestion du budget de l’Etat avec le basculement en 2017 dans le budget-programme, faisant du Burkina Faso, le premier pays de l’UEMOA à s’engager dans la gestion budgétaire axée sur les résultats de développement.
-  (4) le renforcement du dispositif de financement de l’économie avec la mise en place d’institutions spécialisées de financement de l’économie, telles que la Caisse des dépôts et consignations, la Banque Agricole du Burkina Faso, le programme Burkina STARTUP et le Programme d’autonomisation économique des jeunes et des femmes.
En matière de développement du capital humain les efforts d’accroissement des infrastructures de santé, d’équipement des formations sanitaires, de renforcement du système de santé en personnel ainsi que la réforme du service de la santé maternelle et infantile traduite par l’introduction de la gratuité des soins en faveur des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes, sont allés de pair avec la réduction des taux de mortalité maternelle et infantile dans les formations sanitaires. Grâce à ces efforts consentis, le nombre de décès de femmes lors des accouchements est passé de 135 pour 100 000 accouchements en 2015 à 120,9 en 2017. La performance est nettement meilleure quand il s’agit du quotient global de la mortalité intra-hospitalière qui a reculé de 109,9 pour 1000 en 2015 à 52,2 pour 1000 ; soit une réduction de 111%. Les acquis sont également importants en matière de nutrition des enfants puisque le pourcentage des enfants de 0 à 5 ans qui accusent un retard de croissance a reculé de 30,2% en 2015 pour se situer à 21,2% en 2017.

Pour ne citer que quelques actions, les acquis en matière de santé ont été rendus possibles grâce à l’optimisation de la gestion des ressources humaines qui a permis de doter les hôpitaux régionaux en médecins spécialistes en radiologie, gynécologie et cardiologue ainsi que les 158 nouveaux CSPS construits et équipés, en personnels qualifiés (infirmiers d’Etat, sages-femmes et autres aides-soignants).
De même, au niveau de l’éducation, l’impact le plus net de nos efforts d’accroissement de l’offre et de la qualité s’apprécie par le biais de l’évolution du taux d’achèvement du post-primaire qui a été porté à 32,95% en 2017 contre seulement 24,24% en 2016 pour une cible de 30,2%. Ce bond a été rendu possible grâce à la construction et à l’équipement par l’Etat en deux ans, de 409 collèges d’enseignement général et de 55 lycées. Par ailleurs, avec l’ouverture dès la rentrée scolaire 2016/2017 des deux premiers lycées scientifiques à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso et des classes préparatoires des grandes écoles d’ingénieurs à l’Université Ouaga I au cours de la rentrée 2017/2018, nous avons concrétisé notre volonté de faire basculer suffisamment notre système éducatif vers l’enseignement scientifique et la formation technique. Le démarrage et la poursuite de la réalisation des nombreuses infrastructures pour abriter les bâtiments pédagogiques et administratifs des universités y compris l’Université virtuelle du Burkina Faso ainsi que les bâtiments devant abriter les services sociaux illustrent également bien notre volonté d’élargir l’accès à l’enseignement et à la formation au niveau tertiaire tout en améliorant les conditions de vie et de travail des apprenants.
Concernant l’eau potable, avec les constructions et réhabilitations des nombreuses infrastructures effectuées, nous avons porté le taux d’accès à cette ressource à 73,4% ; ce qui constitue un résultat appréciable au regard de la cible fixée en la matière de 74% en 2017.
Dans le domaine de la transformation de l’économie, des résultats appréciables ont été atteints grâce à nos efforts constants en matière d’investissement publics. Ainsi, grâce aux nombreux barrages réalisés dont 11 nouveaux et 11 réhabilités, nous avons accru de 6,135 milliards de m3, la capacité de stockage du pays en eau de surface pour une cible fixée en la matière à 6, 126 milliards m3.
4137 forages neufs ont été réalisés et 2050 autres réhabilités. 235 AEPS ont été réalisés en milieu rural.
Le taux d’accès à l’eau potable au niveau national a ainsi été porté à 65,37% pour une cible de 80% environ à l’horizon 2020.
S’agissant de la politique de désenclavement intérieur et extérieur, nous avons réalisé plus de 1300 km de pistes rurales et environ 1000 km sont en chantier, portant ainsi la proportion de pistes rurales aménagées à 30,43% en fin 2017 contre une cible de 29% en 2020. En ce qui concerne les routes bitumées, plus de 600 km de routes ont été achevées ou sont en cours de travaux. S’agissant de l’entretien routier, plus de 30 000 km ont reçu un entretien ou sont en cours de travaux d’entretien courant et de réhabilitation.
Par ailleurs, en plus de la libéralisation de la production et du renforcement de la régulation du secteur de l’énergie, nous avons œuvré à accroître la puissance électrique installée par la mise en service de nouvelles centrales électriques (ZagtoulietZiga) et avons interconnecté plusieurs localités du pays au réseau de la SONABEL, alimenté en énergie solaire photovoltaïque plusieurs villages, quartiers péri-urbains et infrastructures socio-économiques.
En matière de TIC, nous avons également poursuivi notre effort de mise en place de l’infrastructure nécessaire pour accroitre le débit de la bande passante internet en déployant notamment la fibre optique avec l’opérationnalisation du projet Backbone national de télécommunication.
Ainsi, nous avons déployé en deux ans, 688 kilomètres de fibre optique dans le cadre de l’opérationnalisation du PRICAO (projet de renforcement des infrastructures de communication de l’Afrique de l’Ouest) et du G-Cloud. La première phase du backbone est en cours de réalisation pour 2001 km. La bande passante internationnale s’est accrue de 10 Gigabits pour atteindre 30 Gigabits par rapport à son niveau de 2016. L’inauguration du point d’atterrissement virtuel PAV aura lieu demain mardi.
Enfin, pour la promotion des industries de transformation et l’expansion des services marchands nous avons poursuivi nos efforts en vue d’aménager les zones industrielles et pu faire adopter la loi de promotion des PME/PMI et ses textes d’application et avons lancé l’organe de promotion des PME/PMI, la Commission nationale des PME.

Mesdames et messieurs,

L’exposé non exhaustif des acquis ci-dessus nous aura permis de nous rendre compte des efforts accomplis par mon gouvernement dans la mise en œuvre du PNDES malgré les contextes difficiles.
Aussi, je voudrais mentionner quelques défis majeurs que nous devons relever.
Le premier défi est lié à la faible mobilisation des partenaires privés. Ce qui n’a pas permis d’observer un changement significatif sur certains secteurs à forte valeur ajoutée dont celui de la transformation agro-sylvo-pastorale. En effet, si le taux de mobilisation des ressources extérieures sur les deux premières années a atteint 96,2%, il faut remarquer que celui du secteur privé est ressorti à 0,5% du montant initial des engagements, soit 24,91 milliards de Francs CFA. Ce faible taux, exige que des efforts supplémentaires soient mis en œuvre de part et d’autre.
C’est pourquoi il a paru nécessaire d’organiser cette conférence sectorielle et/ou thématique pour combler ces besoins de financement.
Nous avons retenu comme thème principal de la présente Conférence : « Accélérer la transformation agro-sylvo-pastorale au Burkina Faso », en raison d’une part, de l’importance du secteur « agro-sylvo-pastoral » pour l’économie nationale et d’autre part, en raison du positionnement de la transformation agro-sylvo-pastorale en début d’étape du schéma retenu dans le PNDES pour la transformation structurelle de l’économie du Burkina Faso.
effet, notre ambition pour ce secteur, est de créer les conditions nécessaires pour permettre son véritable essor, afin d’augmenter sensiblement sa contribution à la création de richesses et d’emplois pour les femmes et les jeunes, et ce, à travers une valorisation accrue des produits des différentes filières concernées. Dans le sens de cet accroissement de la valeur, notamment à travers la transformation des produits locaux, les principaux objectifs quantitatifs du PNDES, traduits à présent dans notre stratégie d’industrialisation, sont de porter le taux de transformation des produits agricoles de 12% en 2015 à 25% en 2020 et la part du secteur secondaire dans le PIB de 20% à 22,4%.
Si en raison des mines industrielles récemment entrées en production, la part du secteur secondaire dans le PIB (21,4% en 2017) a légèrement excédé son niveau ciblé en 2018 (21,1%), il en va autrement pour ce qui est de la transformation des produits agricoles puisque les grands projets d’implantation d’industries agroalimentaires sont à des stades de négociations.
Comme vous le verrez à la suite des présentations qui vous seront faites tout à l’heure, le Burkina Faso regorge de nombreuses potentialités dans le domaine agro-sylvo-pastoral qui attendent d’être valorisées en vue de contribuer au développement économique et social. Ainsi des investissements pourraient se développer autour des chaines de valeurs du coton, des fruits et légumes, des oléagineux, des produits carnés et des légumineuses, pour ne citer que ceux-là.
Au cours de cette conférence nous devrons nous pencher sur les modalités de financement et de réalisation des projets/programmes dans ces filières, dont un grand nombre est réalisable par le secteur privé, ce qui contribuera, à l’amorce de la transformation structurelle de l’économie burkinabè.
Mesdames et messieurs,
Le deuxième défi majeur que je voulais souligner a trait au contexte sécuritaire. En effet, la promotion de l’investissement privé suppose un environnement qui garantit la sécurité des biens et des personnes. Or, comme vous le savez, au cours de ces dernières années la sous-région du Sahel en général et mon pays en particulier fait face à la montée du terrorisme qui est un phénomène de type nouveau qui compromet la paix, la sécurité et la stabilité et partant, le développement de nos pays.
C’est pour faire face à cette situation que mon gouvernement a défini une politique qui, en plus de la réponse purement sécuritaire, repose sur une approche centrée sur la lutte contre la pauvreté. Il s’agit de couper les terroristes de leurs bases sociales en menant un combat acharné contre la pauvreté.
C’est dans cette perspective que mon Gouvernement a élaboré et entamé la mise en œuvre de deux programmes dédiés à la réduction des inégalités et de la fragilité des populations face au terrorisme. Le premier, le Programme d’urgence pour le sahel (PUS) a pour objectif central de contribuer à l’amélioration de la sécurisation des personnes et des biens ainsi qu’au développement économique et social dans la Région du Sahel. Ainsi la stratégie d’intervention à travers ce programme combine la mise en place de services sociaux de base avec le renforcement de la sécurité et l’amélioration de la gouvernance administrative et locale.
Quant au second, à savoir, le Programme d’Appui au développement des économies locales (PADEL), il a pour objectif de contribuer à l’amélioration des conditions socio-économiques des populations à la base à travers notamment le développement des filières porteuses d’emplois, des services énergétiques modernes et des infrastructures socioéconomiques de base ainsi que la protection sociale et l’octroi de financements adaptés pour soutenir l’économie locale.
Ainsi, afin de garantir dans la durée, les conditions sociales et sécuritaires de réalisation des activités économiques, je lance un appel aux partenaires institutionnels du Burkina Faso pour un soutien conséquent au financement de ces deux instruments de consolidation de la résilience des populations face aux risques de fragilité.

Excellences Mesdames et Messieurs,
Au terme de mon propos, je voudrais une fois de plus vous exprimer notre forte intention de renforcer le partenariat constructif que nous entretenons avec chacun de vos pays et de vos institutions respectifs. Mon gouvernement est déterminé à renforcer davantage cette coopération afin que les retombées puissent induire une amélioration significative de la vie de nos laborieuses populations et en particulier les nombreux jeunes et femmes.
Je nourris l’espoir que nos échanges de ces deux jours seront francs et constructifs comme cela a été lors de notre Rencontre de Paris et que vous manifesterez votre solidarité à l’égard du peuple burkinabè qui attend beaucoup des résultats de cette Conférence. Nous restons ouverts à toutes vos observations et suggestions qui contribueront à améliorer et à accélérer la mise en œuvre du PNDES.
Sur ce, je souhaite plein succès à nos travaux et je déclare ouverte la conférence internationale sur la mise en œuvre du PNDES : Accélérer la transformation agro-sylvo-pastorale au Burkina Faso

Vive le Burkina Faso
Vive la solidarité internationale.

Je vous remercie.




Copyright 2003-2009 © Premier Ministère du Burkina Faso. Tous droits réservés - Contactez-nous
03 BP 7027 Ouagadougou 03 - Tel : (226) 50324889/90/91 - Fax : (226) 50330551