Gouvernement du Burkina Faso

Industrie : Le Premier ministre sur les sites trois unités à Bobo-Dioulasso

vendredi 4 août 2017.

 

Dans le cadre de sa visite dans la région des Hauts-Bassins, le Premier ministre, Paul Kaba THIEBA, s’est rendu dans trois usines à savoir l’unité de transformation de la noix de cajou (ANATRANS), la société africaine de pneumatiques (SAP Olympic) et la société WINNER, le lundi 31 juillet 2017, à Bobo-Dioulasso. Cette immersion, selon Paul Kaba THIEBA, avait pour objectif d’une part, de féliciter et d’encourager tous ces braves travailleurs qui contribuent à accroitre l’économie nationale, et d’autre part à s’enquérir des maux qui minent ces usines dans la ville de Sya.

C’est à pas de course qu’a débuté la visite du Premier ministre, Paul Kaba THIEBA, dans les unités industrielles de la ville de Bobo-Dioulasso.
Son périple a débuté par l’unité de transformation des noix d’acajous (ANATRANS).
A l’issue de la visite, il a salué une telle initiative qui, selon lui, en plus de lutter contre le chômage, apporte une valeur ajoutée à l’économie nationale.
ANATRANS, a-t-il souligné, s’inscrit en droite ligne avec une des orientations du Plan national du développement économique et social (PNDES), à savoir, la promotion de la transformation des produits agricoles locaux.

Le Chef du Gouvernement a alors promis d’œuvrer à l’augmentation de la production et de la productivité de l’anacarde sur le plan national.
«  Non seulement les produits exportés rapportent des recettes d’exportation à l’Etat, mais également dans cette usine, j’ai été impressionné de voir toutes ces femmes qui y travaillent. Grâce aux salaires qu’elles gagnent, elles pourront ainsi soutenir leurs familles et cela va permettre de lutter contre la pauvreté. Et c’est une initiative que nous devrons soutenir », a-t-il laissé entendre.

Des échanges avec les responsables de la société ANATRANS, il ressort que le Burkina Faso produit environ 70 milles tonnes d’anacarde par an alors que le potentiel est là pour produire des valeurs considérables, d’où la nécessité de rechercher des mesures idoines pour augmenter le rendement et tirer donc plus profit de cette filière.
Après ANATRANS, le cap a été mis sur la Société africaine de pneumatiques (SAP Olympic).
Selon le son Directeur général, Hayouba NIAONE, cette société a été créée en 1972 et a effectivement démarré ses activités de production en février 1974.

A son avis, cette entreprise, comme la plupart des sociétés industrielles burkinabè a connu et continue de connaître d’énormes difficultés d’ordre existentiel notamment la pratique de la concurrence déloyale sur ses marchés à savoir les produits concurrents d’origine essentiellement asiatique, souvent de mauvaise qualité, vendus à vils prix, soit 60% moins chers que ceux de la SAP Olympic grâce à des pratiques frauduleuses de toutes sortes.
En outre, il a plaidé pour un meilleur assainissement du climat des affaires qui, à l’entendre, passera nécessairement par la lutte contre la fraude et la corruption, et aussi par une incitation à l’intégration industrielle.

Des stocks de produits invendus

Cela a pour conséquence la réduction de jour en jour des parts de marché de la SAP Olympic avec à la clé, des fréquentes périodes de méventes de ses produits comme c’est le cas actuellement où la société dispose de près d’un milliard quatre cent millions (1 400 000 000) de francs CFA de produits finis qui sont toujours dans les magasins, dans l’attente de potentiels acheteurs. 
« Cela oblige notre entreprise à fonctionner principalement en avec une seule équipe avec pour un effectif de deux cent quatre vingt (280) travailleurs au lieu des trois équipes possibles pour au moins cinq cents (500) travailleurs », a-t-il déploré
Le Chef de l’Exécutif a terminé sa visite par l’entreprise Winner Industrie. Le constat au niveau de Winner Industrie est alarmant en ce sens que les machines dans cette société ne tournent plus et les travailleurs se retrouvent au chômage technique et sans salaire depuis plus de 14 mois.

Une situation qui a dégoûté le Chef de l’Exécutif.
« C’est vraiment difficile de venir trouver cette usine fermée et de voir plus de 120 pères de famille sans travail, c’est une situation difficile et cela nous donne des pincements au cœur », a-t-il déploré.
« Tous les comptes de trésorerie sont vides, aucune créance à recouvrer, avec en sus un passif énorme dont près de 800 millions à l’Etat et des dettes fournisseurs de près de 600 millions », a martelé le délégué du personnel Rasmané SAVADOGO.
La Directrice générale de Winner Industrie, Fati TRAORE/OUEDRAOGO, a justifié cette descente aux enfers par la concurrence déloyale et la fraude.

A ses dires, une lueur d’espoir pointe à l’horizon car une entreprise malienne spécialisée également dans la fabrication et la commercialisation des piles électriques, OMNIUM MALI SA (OMA SA) aurait en projet de reprendre Winner Industrie.

A la lumière des constats effectués dans ces trois unités industrielles, le Premier ministre a noté que le problème auquel le Gouvernement doit s’attaquer « est transversal ».

« En tant que pays enclavé, si la fraude venait donc à envahir notre marché, nos unités industrielles seront asphyxiées. Cela va contraindre donc le Burkina Faso à être un pays désindustrialisé et nous condamnera à être les consommateurs des produits des autres pays. Ce qui n’est pas acceptable », a dit Paul Kaba THIEBA.

Néanmoins, il a affirmé que le Gouvernement a l’ambition de mettre en place une économie solide articulée autour des richesses nationales notamment l’élevage, l’agriculture mais également les industries de transformation agro-alimentaire.
« Le Gouvernement prendra donc toutes les mesures pour protéger le marché national contre la fraude et permettre aux unités industrielles de mener une compétition tout à fait loyale avec les exportateurs étrangers et protéger le marché intérieur », a-t-il déclaré.

DCI/PM




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