Gouvernement du Burkina Faso

Suivi de la campagne agricole 2009-2010 : Le Premier Ministre boucle sa tournée dans la région du Sahel

lundi 31 août 2009.

 

Le premier Ministre Tertius Zongo était le 27 Août dans la Région du Sahel, dernière étape de la tournée de suivi de la campagne agricole 2009-2010 entreprise depuis le 18 Août et qui l’a conduit successivement dans les Régions du Centre Sud, du Plateau Central, du Centre Est et de l’Est. La tournée du Premier ministre dans la région du Sahel s’est essentiellement focalisée dans la province du Séno où son programme de visite l’a conduit sur 4 sites, à savoir une unité d’élevage d’azawak, un périmètre semencier, un bas fond rizicole, un site de récupération de terres dégradées.

C’est à Bouna à 18 kilomètres de Bani que le chef du gouvernement et la délégation qui l’accompagnaient ont fait leur première escale dans la province du Séno pour la visite d’une unité d’élevage d’Azawak, appartenant à un groupement d’éleveurs dénommé « Lobi Bodeji de Bani ». L’Azawak est une race bovine sahélienne, originaire du Niger et bien adaptée à son environnement. Le Burkina, à travers le Ministère des Ressources animales, l’a identifié comme digne d’intérêt pour l’augmentation de sa production laitière. Créée en 2003, sous l’impulsion du projet de soutien à la diffusion du zébu Azawak, l’unité d’élevage de Bani a pour objectifs :
- La multiplication, la sélection et la diffusion de l’Azawak ;
- L’amélioration de la production laitière ;
- L’échange de matériel génétique ;
- Le renforcement des capacités des membres ;
- La facilitation des approvisionnements en intrants et en animaux de race Azawak.
L’unité d’élevage réalise la multiplication des bovins de race Azawak à travers deux voies : l’élevage de l’azawak en race pure et le croisement d’absorption du zébu local par l’Azawak. Le groupement qui compte 19 membres dont 5 femmes est depuis 2006, membre de l’Union nationale des Eleveurs d’Azawak du Burkina (UNEA), une association faîtière nationale qui a pour missions entre autres la représentation et la défense des intérêts des groupements membres et qui joue le rôle d’interface entre ces groupements et les partenaires au développement.
Le Groupement compte un effectif troupeau de 225 têtes avec 42 zébus azawak placés dont 20 mâles et 22 femelles. Il reste cependant confronté à des problèmes de disponibilité de l’alimentation et une baisse constante du fonds de roulement.

La seconde étape de la tournée était le périmètre semencier de Bani. Créé en 1985, ce périmètre d’une superficie de 12 hectares, exploite 4 spéculations : les semences de mil sur 3 hectares ; les semences de niébé sur 4,5 hectares ; les semences de sésame sur 3 hectares ; les semences de sorgho sur 1,5 hectare. Les exploitants de ce périmètre, au nombre de 24 dont 6 femmes, espèrent au terme de la campagne réaliser un bénéfice net de 4 973 250 FCFA.
Le périmètre semencier présente une bonne physionomie, mais a besoin d’investissements complémentaires afin de le protéger contre les animaux qui peuvent y accéder facilement faute de grille de protection. Les producteurs l’ont d’ailleurs souligné et ont souhaité bénéficier entre autres d’un soutien pour la construction d’un magasin de stockage de leurs productions.

Le premier Ministre a salué les efforts de production des exploitants de ce périmètre semencier qui contribuent à mettre à la disposition des producteurs de la région des semences de qualité. Tout en les encourageant à produire des variétés adaptées à la région, Tertius Zongo a toutefois relevé que le manque de protection du périmètre constitue en soi un risque qui expose les champs à une détérioration ou à des pertes des cultures. L’importance des investissements réalisés sur ce périmètre, a-t-il souligné, devrait conséquemment entraîner des dispositions appropriées pour une meilleure sécurisation des cultures. Aussi, a-t-il exhorté le président du groupement et les producteurs à investir davantage dans leur exploitation afin d’accroître les possibilités de rentabilisation de leurs investissements.

Un exemple de bas fond rizicole en zone sahélienne

Après Bani, la délégation était attendue dans la commune de Sampelga pour une visite du bas fond rizicole de Woulmassoutou, un village situé à 50 kilomètres de Dori. Ce périmètre a une superficie totale aménageable de 80 hectares, avec seulement 40 hectares d’aménagées dont 35 hectares réellement exploitées pour le riz pluvial. Les exploitants, au nombre de 273 dont 115 femmes qui ont souligné avoir reçu un soutien assez conséquent du gouvernement en semences et en intrants, espèrent réaliser au terme de la campagne agricole un résultat net bénéficiaire de 7 117 500 FCFA.

Au cours de l’entretien que les producteurs ont eu avec le Chef du gouvernement à l’issue de la visite des investissements, ils ont exprimé leur souhait de bénéficier d’une assistance technique afin que l’eau du périmètre reste plus longtemps. Ils ont exprimé le désir de pouvoir s’orienter vers d’autres cultures, en dehors du riz pluvial. Ils ont en outre relevé deux autres préoccupations qui leur tiennent à cœur, à savoir l’extension du nombre de parcelles, par un aménagement complémentaire du périmètre, la construction d’un barrage.

Le Premier Ministre a salué l’esprit d’équipe et la symbiose au sein du groupement et a donné l’assurance que le gouvernement accompagnera les producteurs dans leur volonté d’aller vers la diversification des cultures. Il a souligné qu’un soutien leur sera apporté pour l’extension des aménagements. Tertius Zongo a salué la présence d’un nombre élevé de femmes parmi les exploitants du périmètre. Il a souhaité qu’il y ait encore plus de femmes au niveau des extensions complémentaires qui seront faites.
S’agissant du barrage, il a souligné qu’une étude préalable devra être faite par les techniciens du Ministère de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques. Tout en exprimant la disponibilité du gouvernement à les appuyer et à les accompagner dans leurs activités de production, Tertius Zongo n’a pas manqué de souligner, comme il l’a fait dans les autres régions, qu’ils doivent apprendre à se prendre en charge et à ne pas toujours tout attendre de l’Etat.

Un symbole de témérité face à l’adversité de la nature

Le site de fixation de dunes de Selbo, dernière étape de la visite du Premier Ministre dans le Sahel a révélé l’ingéniosité et la témérité des populations de la localité pour améliorer leur cadre de vie par la récupération des terres dégradées. Le site, réalisé en 2007-2008, avec une superficie de 62 hectares, s’inscrit dans le cadre de la sous composante Burkina Faso du Programme de Lutte contre l’Ensablement dans le Bassin du fleuve Niger (PLCE/BN).
Le programme a pour objectif global de contribuer à la lutte contre l’ensablement du fleuve Niger et d’appuyer la mise en oeuvre du schéma régional d’aménagement du territoire du Sahel, à travers la restauration et la préservation sur une base durable et participative du potentiel de production agro-sylvo-pastorale et des écosystèmes naturels du Sahel.

La fixation des dunes de sable se fait de manière mécanique et biologique. La fixation mécanique se fait à travers la réalisation de palissades par la collecte et la mise en place de tiges d’espèces appropriées dans l’objectif de stabiliser la dune et de l’enrichir en matière organique afin de favoriser la reprise de la végétation. Cette opération est aussi complétée par des semis d’herbes, de graines d’arbres, etc. La récupération des terres dégradées se fait par la technique du scarifiage, par les plantations et les semis.
Le Premier Ministre a admiré le travail qui a été fait au niveau de ce site et salué le professionnalisme des techniciens et des équipes d’encadrement qui ont réussi le transfert de connaissances aux populations qui se sont appropriées les techniques de fixation des dunes. Pour Tertius Zongo, les populations ont démontré leurs capacités et leurs possibilités de récupération des terres dégradées.

Il a souligné qu’il y a de « l’espoir pour les générations à venir », au regard de ce qu’il a vu et de ce qu’il a appris de cette zone qui était jadis totalement nue et qui reverdit aujourd’hui. Il a invité les populations à être des acteurs du projet, à s’y impliquer davantage pour un meilleur avenir des générations futures. Il a donné l’assurance que le gouvernement travaillera à l’accélération du processus d’amélioration des mares en vue de meilleures conditions de vie des populations.

Des échanges ouverts et directs

A l’issue de la visite de ces différents sites, le Premier Ministre a rencontré les directeurs provinciaux, régionaux de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques, des Ressources animales, de l’environnement au cours d’une réunion synthèse d’évaluation à laquelle les représentants des producteurs prenaient part. Il avait à ses côtés le ministre de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques, Laurent Sédego, le ministre des Ressources animales, Sékou Ba, le ministre délégué à l’Agriculture, Abdoulaye Combary qui l’accompagnaient dans sa tournée au Sahel.

Au cours de cette rencontre, Les directeurs régionaux de l’Agriculture du Sahel et du Centre Nord ont présenté la situation d’ensemble de la campagne agro-sylvo-pastorale 2009-2010 de leurs régions. Si il ressort quelques motifs de satisfaction pour le comportement de certaines spéculations, la physionomie d’ensemble laisse toutefois présager des déficits qu’il va falloir résoudre en commençant déjà à anticiper comme l’a souligné le Ministre de l’Agriculture, Laurent Sédego.

La situation de la campagne dans la région du Sahel laisse présager, selon les techniciens une situation alimentaire difficile pour le bétail au sortir de la saison.
Au nombre des préoccupations soulevées à cette rencontre, on peut noter : le curetage de la mare en vue d’accroître les capacités d’exploitation des populations, notamment les femmes qui s’y investissent en grand nombre ; la baisse du prix des sous produits agro-industriels (SPAI) ; L’élargissement de la vente des céréales à prix social, à d’autres producteurs ; la distribution à bonne date des semences ; etc. Les membres du gouvernement interpellés, ont dans leurs réponses, apporté des éclairages sur la nécessité pour les producteurs de maîtriser leurs comptes d’exploitation aussi bien au niveau de l’agriculture que de l’élevage, d’aller à la culture d’espèces fourragères, de développer davantage la culture du niébé.

Les encadreurs ont été interpellés sur les efforts à consentir davantage en matière d’encadrement. Le Ministre de l’Agriculture qui a attiré l’attention sur les prévisions de campagne déficitaire et les difficultés qui s’annoncent, a invité les différents responsables de son ministère à y réfléchir déjà, en vue de voir comment la saison sèche peut suppléer les manques et les insuffisances.

Le Premier Ministre a pour sa part insisté sur la nécessité des différents ministères techniques intervenant au niveau du monde rural d’avoir une approche concertée et à travailler en synergie pour de meilleurs résultats. « Il nous faut avoir un discours cohérent avant de convaincre les producteurs. Il faut pour cela une interpénétration des services étatiques », a-t-il dit. Pour Tertius Zongo, il devient urgent de comprendre que nous devions être plus efficace. Il a salué le changement de mentalité qu’il a constaté chez les encadreurs qui ont compris que leurs connaissances ne leur servent pas à seulement se faire valoir, mais surtout à réussir par le transfert des paquets technologiques, à faire des producteurs des agents compétents, capables de se prendre en charge.




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