Gouvernement du Burkina Faso

Tournée de suivi de la campagne : Le Premier Ministre visite le Centre polyvalent de Formation de Nacombogo

vendredi 21 août 2009.

 

Dans le cadre de la tournée de suivi de la campagne 2009-2010 qu’il a débuté le 18 Août dans la région du Centre Sud, le Premier ministre Tertius Zongo était le 20 Août dans la commune de Ypelse. Il avait au programme, la visite du Centre polyvalent de Formation « Beoog-Yinga » de Nacombogo, un village situé à 35 kilomètres de Ouagadougou. Ce centre qui s’inscrit dans le cadre de l’innovation éducative développée par l’ONG Fondation pour le Développement/Burkina Faso, a été créé en 2003 avec entre autres objectifs de donner au maximum d’enfants non pris en compte dans le système formel, une opportunité d’éducation de base, de promouvoir l’éducation des filles, de former des enfants capables de s’intégrer harmonieusement dans leur milieu. Le chef du gouvernement est allé apporter ses encouragements aux promoteurs de ce centre dont les expériences réussies peuvent servir de modèle et d’exemple à d’autres régions.

Ce centre n’est pas une réalisation du gouvernement, mais émane de la volonté de particuliers qui en ont fait un creuset pouvant servir d’exemple à d’autres. En optant de le visiter, le Premier Ministre Tertius zongo a traduit comme il l’a lui-même souligné, l’importance que le gouvernement accorde à l’apport des partenaires privés et autres dans l’accompagnement des efforts de développement du pays. Il a souhaité à travers cette visite, voir comment ces partenaires accompagnent le gouvernement parce que selon lui, c’est dans la synergie que nous pouvons réussir.

Le Chef du gouvernement qui était accompagné de son épouse, Madame Priscille Zongo, avait à ses côtés le Ministre de l’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques, Laurent Sédégo, le Ministre de l’environnement, Salifou Sawadogo, le gouverneur de la Région du Centre Sud, Raymond Edouard Ouédraogo et de nombreux conseillers et techniciens.
Tertius Zongo et sa délégation qui ont été accueillis au Centre par la Directrice exécutive de la Fondation pour le développement/ Burkina Faso, Madame Maria Kéré et ses collaborateurs, ont eu droit à une visite guidée de différents sites de production agropastorale, de sites d’expérimentation réservés à la pratique et à la mise en œuvre des connaissances des élèves.

La Fondation pour le Développement communautaire/ Burkina Faso (FDC/BF), créée en 1997, est une association nationale, philanthropique, non gouvernementale, à but non lucratif qui est très active dans le développement communautaire à la base. Sa mission est de contribuer à l’amélioration des conditions de vie des groupes défavorisés avec leur pleine participation. C’est une organisation de développement non urgentiste mais dont l’approche est basée sur des interventions directes intégrées à la base.
Le centre polyvalent de Formation de Nacombogo, d’une superficie de 10 hectares, forme les jeunes issus des écoles communautaires en fin de cycle dans différentes filières que sont : le maraîchage, l’élevage de poules locales et de race, les aulacodes, la pisciculture, les bovins, les ovins, les caprins, la soudure, la fabrication de grillage, etc.

A l’issue de la visite de terrain qui a permis à la délégation de se rendre compte des gros efforts d’organisation du centre, de ses capacités techniques et des importants résultats auxquels il est parvenu, le Premier Ministre a eu des échanges avec les responsables et leur équipe. Il leur a exprimé ses encouragements pour le travail abattu dans la formation et l’encadrement des jeunes. « Nous sommes venus pour mettre en lumière ce qui est fait ici et saluer vos efforts », a-t-il souligné avant d’exhorter les uns et les autres à une synergie d’actions.

Madame Kéré Maria avait auparavant livré une présentation générale du Centre polyvalent de Formation, à travers ses objectifs, ses acquis et ses réalisations. Elle a décrit le centre comme étant un maillon des activités en éducation de la Fondation pour le Développement communautaire qui commence par l’Ecole communautaire. Il s’agit d’un système qui offre aux jeunes de 9 à 15 ans n’ayant pas eu la chance d’aller à l’école ou ayant été précocement déscolarisés et qui étaient des laissés pour compte du système éducatif formel, l’accès à une éducation de base fonctionnelle, en langue nationale et en Français en quatre saisons sèches, à même de les conduire vers une intégration socioéconomique et culturelle réussie.

A l’issue du cursus à l’Ecole communautaire, plusieurs options sont offertes aux jeunes. Les plus âgés ayant 16 ans et plus, peuvent s’orienter pour une formation professionnelle en vue de leur auto emploi dans le milieu communautaire, soit dans le Centre polyvalent de Formation, soit auprès des artisans locaux pour un apprentissage spécifique. Les plus jeunes ont la possibilité de bénéficier d’une opportunité de passerelle dans le système formel. En outre, il est offert aux jeunes une possibilité d’insertion directe dans les fonctions sociales au niveau communautaire.

La formation des élèves âgés de 16 ans et plus porte essentiellement sur les filières agro-sylvo-pastorales, avec des formations additionnelles dans les domaines de la teinture, du tissage, de la confection de grillage, de la soudure et de la fabrication de savon. Les élèves en fin de formation sont aptes à concevoir individuellement un projet dans la perspective de leur installation et la mise en pratique des connaissances acquises au cours de la formation.
Selon la Directrice exécutive, des appuis à l’installation sont accordés sous forme de prêts remboursables. Ces appuis viennent en complément à l’apport personnel de chaque promoteur et peuvent souvent atteindre 40% du coût du projet. Mais au-delà de ces appuis financiers, le Centre veille au suivi des nouveaux installés afin de les accompagner à surmonter les difficultés inhérentes à l’installation de tout nouveau promoteur.

La Fondation qui bénéficie du soutien de plusieurs partenaires tant nationaux qu’internationaux a construit entre 1995 et 2008, 64 classes d’écoles communautaires dans 56 villages avec plus de 5000 enfants formés dont 50% de filles. Elle a permis à plus de 2000 enfants de rattraper leur scolarité dans le système formel par la passerelle. Selon Madame Kéré, ceux de la première cohorte sont en classe de terminale.
Le centre qui est aujourd’hui à sa 5ème promotion, a permis la formation et l’installation de 185 jeunes entrepreneurs agropasteurs. Actuellement 118 jeunes sont en formation et en apprentissage auprès de 80 maîtres artisans formés et 15 sont à leur propre compte.

Tout en remerciant le gouvernement et les services techniques de l’Etat tant au niveau local que central, pour leur soutien et l’accompagnement à la Fondation dans la réalisation de ses objectifs, elle a exprimé le souhait de voir se renforcer ce partenariat exemplaire par la prise en compte du Centre polyvalent et de l’association des sortants dans les programmes nationaux de développement du monde rural. Aussi, a-t-elle souhaité que cela se fasse à travers l’accès aux équipements, la possibilité d’accès aux zones aménagées du pays pour les jeunes formés qui le désirent.

Elle a exprimé la disponibilité de son institution à accompagner l’Etat, à travers toutes les structures qui le désirent pour la duplication du modèle dans d’autres régions du pays.
A l’issue de la visite, le Premier Ministre, répondant aux questions de la presse, s’est dit agréablement surpris de ce qu’il a vu et a saisi encore une fois l’occasion pour saluer les efforts qui ont été faits avant d’inviter les services de l’Etat à entretenir une collaboration avec ce centre. Tertius Zongo retient que les paysans et les producteurs ont plus que jamais compris que l’éducation et la formation servent à quelque chose et que cela est important pour atteindre de meilleurs résultats. Il les encourage d’ailleurs dans ce sens. Il retient en outre qu’il faut entretenir la synergie en toutes choses pour mieux réussir et que l’implication de toutes les forces aux côtés du gouvernement est nécessaire pour accompagner le développement du pays.

« Vous avez vu ce qui se passe ici. Ce sont des enfants déscolarisés qui sont formés ici, des enfants qui sont installés qui s’auto emploient. Je pense que c’est ce que nous devons faire de plus en plus. Il faut continuer à appuyer l’éducation formelle, mais il faut également montrer aux gens que l’école n’est pas une fin en soi. L’on peut réussir, même quand on n’est pas allé à l’école ou quand on a été exclu de l’école. Ce centre nous en donne le parfait exemple. Mon souhait est que ce qui se passe dans ce centre retienne encore plus l’attention des ministères et qu’il y ait une plus grande collaboration avec les services de l’Etat afin que l’on puisse l’appuyer et pourquoi pas en créer d’autres qui soient similaires », a souligné Tertius Zongo.

Après la commune de Ypelcé, le Premier Ministre et sa délégation ont rejoint Koubri, toujours dans la province du Bazèga, par Kombissiri, en traversant la commune de Doulgou, en vue d’apprécier la physionomie d’ensemble de la campagne dans les zones sur l’itinéraire parcouru. A Koubri, le Premier Ministre est allé visiter des réalisations d’exploitants privées comme Maître Harouna Sawadogo, le député Joseph Kaboré qui s’investissent dans l’élevage moderne de bovins de race améliorée dans la production de lait, etc.
Il a saisi également l’occasion pour visiter les unités agro-pastorales de Koubri (UPAK) de François Compaoré, à travers son élevage de cailles, de vaches laitières. Il a en outre visité sa pisciculture qui a pour vocations la production de poisson marchand et la pêche récréative.




Copyright 2003-2009 © Premier Ministère du Burkina Faso. Tous droits réservés - Contactez-nous
03 BP 7027 Ouagadougou 03 - Tel : (226) 50324889/90/91 - Fax : (226) 50330551