Gouvernement du Burkina Faso

Atelier national sur le bilan des ateliers régionaux d’information et d’échanges sur les conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles : DISCOURS DE SON EXCELLENCE, MONSIEUR BEYON LUC ADOLPHE TIAO, PREMIER MINISTRE, CHEF DE GOUVERNEMENT

vendredi 28 juin 2013.

 

• Honorables invités,
• Mesdames et Messieurs,
L’atelier bilan sur les conflits relatifs à l’exploitation des ressources naturelles m’offre une opportunité de prendre la parole pour vous souhaiter à tous et à toutes, la bienvenue.

En ces temps de crise profonde au sein du tissu social de notre pays où l’incivisme et l’intolérance s’érigent en droit de fait, je mesure tout l’intérêt que vous accordez à la paix sociale au Burkina Faso. C’est pourquoi, avant tout propos, permettez-moi de remercier tous les acteurs ici présents pour le choix de ma personne pour présider la présente rencontre au cours de laquelle la recherche du dialogue, b.a.- ba d’une cohabitation pacifique dans le respect des règles de la société est à l’honneur.

• Mesdames, Messieurs,
• Honorables invités,
Au Burkina Faso l’élevage est pratiqué par plus de 80% de la population qui en tire tout ou une partie de leurs revenus. Contribuant pour plus de 18 % à la formation du Produit intérieur brut et près de 26 % des exportations en valeur, notre élevage est créateur d’emplois aussi bien en milieu rural qu’urbain et générateur de revenus permanents. C’est un véritable levier de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations. Notre système d’élevage, prédominé par le type extensif, est quasiment basé sur la mobilité des troupeaux et l’exploitation peu rationnelle des ressources naturelles, en l’occurrence les pâturages naturelles, et les points d’eau de surface. Cette pratique bien que traditionnelle assure 90% de la production de viande et 95% de celle de lait nonobstant les besoins nationaux élevés en produits animaux.
Cependant, force est de souligner que de nos jours, dues aux effets conjugués des changements climatiques, à la croissance démographique, à la progression très accélérée du front agricole, à l’accroissement des effectifs du cheptel, à l’urbanisation et à l’orpaillage galopants, le secteur de l’élevage est confronté à d’énormes difficultés liées au manque d’espace et de pistes d’accès aux ressources naturelles disponibles.
• Mesdames, Messieurs,
• Honorables invités,
Dans ce contexte de raréfaction des terres et des ressources naturelles dans notre pays, s’instaure et s’accentue une compétition conflictuelle entre acteurs du monde rural, notamment entre les éleveurs et les agriculteurs, se soldant malheureusement parfois par des destructions de biens (incendies de logements et de greniers, abattages d’animaux etc.), des pertes de vies humaines ainsi que le déplacement perpétuel des éleveurs et de leurs animaux, voire leur exil peu sécurisant vers d’autres pays dans le cadre de leur activité.

Je puis vous assurer que de 2005 à 2012, notre pays a enregistré environ 4700 conflits entre utilisateurs des ressources naturelles, ayant dégénérés et entrainé de nombreux blessés et une soixantaine de pertes en vie humaine. Ces conflits entre agriculteurs et éleveurs sont généralement liés à la question foncière pourtant régie par des textes très claires portant entre autres sur :
-  la loi portant réorganisation agraire et foncière (RAF) ;
-  la loi portant régime foncier rural ;
-  la loi d’orientation relative au pastoralisme ;
-  le code forestier et la loi d’orientation relative à la gestion de l’eau.
Comme l’on peut le constater, plusieurs textes de lois balisent la question de la gestion foncière dans notre pays. Ce n’est donc pas par manque de règlementation que naissent ces conflits.
Toutefois, nous ne devons pas baisser les bras, car ces conflits, mêmes éloignés de nos centres urbains portent préjudice à la cohésion sociale dans nos zones de production et entachent la productivité agro pastorale, entravant le bien-être de l’ensemble des populations du pays.

• Mesdames, Messieurs,
• Honorables invités,
Comme vous le savez, une des principales missions que m’avait assigné Son Excellence Monsieur le Président du Faso, en m’accordant sa confiance comme chef du Gouvernement en avril 2011, était de ramener la paix sociale. Et je puis vous assurer que ce point de mon mandat est toujours d’actualité et doit être une quête permanente de tous les jours.
Dans ce sens, je salue le Ministre des Ressources Animales et Halieutiques pour son initiative ayant conduit à la tenue des ateliers dans nos régions afin de pouvoir mieux prévenir, gérer et réduire considérablement ces crises, conformément aux objectifs déclinés par la lettre de missions à lui assignée.
Aux termes des treize (13) ateliers régionaux organisés par le département en charge de l’élevage, nous rendons un vibrant hommage à tous les chefs coutumiers pour leur engagement indéfectible à la recherche de la stabilité et de la paix sociale dans notre pays.

Ces ateliers ont permis aux différents acteurs de s’informer et d’échanger sur les textes législatifs et réglementaires régissant l’exploitation des ressources naturelles, les causes, les conséquences et les méthodes de prévention et de gestion des conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles ainsi que sur les mécanismes de promotion de la paix entre les usagers de ces ressources naturelles. Les participants ont en outre formulé des suggestions et des recommandations pour un développement paisible des activités du monde rural.
• Mesdames et messieurs,
• Chers participants,
Le présent atelier qui nous réunit doit permettre de faire le bilan des 13 ateliers régionaux pour en sortir un document consensuel assorti d’actions et de recommandations à soumettre au Gouvernement. Je peux vous affirmer que le premier magistrat de notre pays, Son Excellence Blaise COMPAORE, président du Faso et toute la nation burkinabè accordent une importance capitale à la recherche de la paix, condition sine qua non de tout développement. Mon gouvernement ne ménagera aucun effort pour accompagner toutes actions perceptibles en vue de redorer le blason d’un climat pacifique pour une transparence du dialogue et une cohabitation permanente de nos populations. C’est pourquoi je vous invite à :
-  enrichir les propositions, suggestions et recommandations faites au cours des ateliers régionaux et à en retenir les idées fortes ;
-  proposer un dispositif à mettre en place pour prendre en charge les conflits en termes d’information/sensibilisation, relecture ou propositions de textes nouveaux.
• Mesdames et messieurs,
• Chers participants,
Je ne saurai terminer mes propos sans témoigner toute ma gratitude et celle du Gouvernement à l’endroit tous nos partenaires techniques pour l’appui permanent et les efforts inlassables qu’ils nous apportent chaque fois que nous les avons sollicités pour nous accompagner dans la quête d’une paix sociale et d’une amélioration des conditions de vie de nos populations. Aux chefs coutumiers, aux productrices et producteurs et à tous les acteurs du monde rural, je dis merci pour leur participation enrichissante et inestimable à la recherche des solutions aux conflits dans les régions. Je les en appelle à nouveau, à s’approprier des travaux et à s’engager au respect des textes en vigueur répondant à nos attentes, car nul n’est au dessus de la loi.
Convaincu de la qualité des conclusions qui sortiront du présent cadre de concertation, je souhaite plein succès à vos travaux et déclare ouvert l’atelier national sur le bilan des ateliers régionaux d’information et d’échanges sur les conflits liés à l’exploitation des ressources naturelles.

Je vous remercie




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