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Discours de son excellence monsieur Beyon Luc Adolphe Tiao, premier ministre, chef du gouvernement à la cérémonie officielle d’ouverture des états généraux sur la filière coton

vendredi 6 avril 2012

Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,
L’année dernière, au moment de la crise dite du coton, j’avais promis aux acteurs du secteur, une large concertation sur la filière. Il devenait impérieux en effet, face aux difficultés que traversaient les producteurs, que nous puissions repenser notre politique cotonnière et lui insuffler un dynamisme nouveau. Je salue donc cette grande rencontre et je souhaite la bienvenue à tous les participants.

Faut-il rappeler que nous devons au développement du coton, l’initiative et l’engagement personnel du Président du Faso, Son Excellence Blaise COMPAORE. Dans les années 90, il a sillonné lui-même tout le territoire national pour encourager la culture du coton, convaincu que la culture du coton procurera des ressources substantielles aux cotonculteurs. Quelques années plus tard, le Burkina Faso est devenu le premier producteur et exportateur du coton sur le continent africain. Nous avions été tous fiers de ce leadership bien assumé.

Je voudrais également, s’agissant du coton, rappeler aussi l’engagement indéfectible de Son Excellence Monsieur le Président du Faso, dans le plaidoyer en faveur des laborieux cotonculteurs africains, pour plus de justice et d’équité au niveau du système commercial multilatéral. Vous vous souvenez de son message au Comité de négociations commerciales de l’Organisation Mondiale du Commerce en juin 2003 dont je retiens ici un extrait.

Je cite : « Les pays producteurs de coton d’Afrique de l’Ouest et du Centre recommandent que pour eux, le caractère stratégique du coton pour le développement et la lutte contre la pauvreté soit pleinement reconnu. Ils proposent, lors de la Conférence Ministérielle de l’OMC prévue du 10 au 14 septembre 2003 à Cancun au Mexique, la mise en place d’un système de réduction du soutien à la production cotonnière en vue de son élimination totale. Ils préconisent enfin l’adoption d’un mécanisme d’indemnisation assurant aux pays producteurs de coton lésés une juste compensation pour le préjudice subi ». Fin de citation.

Le coton demeure encore de nos jours, la principale culture de rente de notre pays. Il me parait important de souligner que cette culture de rente, contrairement à une certaine opinion, contribue à assurer une sécurité alimentaire et à améliorer les conditions de vie en milieu rural. Les grandes zones de production du coton sont aussi les greniers céréaliers de notre pays.

Il est donc indéniable que la production et la commercialisation de ce qu’il est convenu d’appeler « l’Or Blanc » constituent un enjeu majeur pour l’avenir du Burkina Faso.

Mesdames, Messieurs,
Honorables invités,

Les efforts faits par le Burkina Faso tout comme par les autres pays africains en vue de rendre la filière cotonnière compétitive, se sont heurtés depuis quelques années à des phénomènes tels que la crise cotonnière qui a sévi de 2004 à 2010. Une situation aggravée par la crise financière mondiale, fortement ressentie par les filières cotonnières africaines, dans un contexte dominé par des pratiques de distorsion aux règles du commerce international, au nombre desquelles pratiques, figurent :

-  le renchérissement des prix des intrants ;

-  la fluctuation des cours mondiaux du coton et du Dollar ;

-  les subventions de certains pays développés à leurs producteurs de coton, dopant ainsi la production cotonnière mondiale et influençant négativement les cours mondiaux de la fibre.

Les négociations du cycle de Développement de Doha, à la faveur desquelles des réformes pour plus de justice et d’équité du système commercial multilatéral semblent s’éterniser sans qu’aucun espoir véritable ne pointe à l’horizon.

Malheureusement, les négociations menées au sein l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) offrent en ce moment peu de lueur d’espoir.

Mesdames, Messieurs,
Honorables invités,

Faut-il alors établir une corrélation entre cette situation au plan international et la crise que nous avons vécue en 2011 ? Il vous souviendra que la filière cotonnière burkinabè, de tout temps citée comme un modèle efficient d’organisation des acteurs du monde rural a été en proie à d’importants troubles en 2011. Des troubles sous tendus par des revendications de relèvement du prix d’achat du coton graine et de réduction du prix de cession des intrants ; prix qui sont fixés par l’Association Interprofessionnelle du Coton du Burkina (AICB), en application de ses outils internes de gestion de la filière et non le gouvernement.

Ces troubles qui ont été circonscrits à la zone cotonnière de la SOFITEX, se sont traduits par des destructions de biens de certains producteurs, de superficies emblavées en coton et par un écart de réalisation d’emblavures de l’ordre de 112 000 hectares de coton sur les prévisions escomptées dans les localités frondeuses.

Nous avons dû appliquer la loi dans toute sa rigueur pour rétablir l’ordre public et surtout, pour sauver la campagne fortement perturbée par ces évènements. Nous avons compris à l’époque le désarroi des producteurs ; c’est pourquoi moi-même j’ai rencontré deux fois les représentants de ce secteur à Bobo-Dioulasso et à Dédougou pour partager leurs inquiétudes et leur annoncer des ébauches de solutions. Les ministres en charge du commerce et de l’agriculture ont, de leur côté, eu à plusieurs reprises des concertations avec les différents acteurs de la chaine cotonnière.

Le gouvernement réitère sa compassion à l’endroit des producteurs atteints dans leur intégrité physique et renouvelle ses sincères condoléances à la famille éplorée.

Je salue l’ensemble des actions d’apaisement diligentées aux différents niveaux et qui ont permis le retour à la concertation, à la paix et à la sérénité entre les producteurs dans les zones qui ont connu ces troubles.

En ces moments solennels, il me parait important de rappeler la liberté d’entreprise dont jouit chaque burkinabè et en ce qui concerne le secteur agricole spécifiquement, la liberté qu’a chaque exploitant agricole, de produire les spéculations de son choix, au gré des opportunités du marché. J’en appelle donc à la responsabilité citoyenne, individuelle et collective, dans cette dynamique de contribution à un développement durable.

Mesdames, Messieurs,
Honorables invités,

Les défis qui se dressent face à notre filière cotonnière sont certes énormes, mais sans aucun doute, à la portée de notre détermination et de notre ambition à les relever.

J’interpelle le sens élevé de responsabilité de l’ensemble des acteurs de la filière à développer le réflexe du recours aux cadres de concertations et de dialogue existant dans la filière, pour débattre des préoccupations des familles professionnelles et de l’interprofession en vue d’adopter des décisions qui préservent les intérêts mutuels et catégoriels s’inscrivant dans la pérennité de l’activité cotonnière.

C’est précisément dans le souci de permettre à la filière coton de fonder son essor sur un socle bien assaini que le Gouvernement a décidé de la tenue des présents Etats Généraux, dont je salue la pertinence du thème central qui, faut-il le rappeler, pose à souhait, la problématique de « la relance durable de la production cotonnière pour l’amélioration de sa contribution à l’économie nationale ».

J’attends de vous, chers participants :

1) un diagnostic sans complaisance du secteur ;

2) des recommandations fortes, pertinentes et opérationnelles capables de donner un souffle nouveau à la filière cotonnière dans notre pays.

D’ores et déjà, je voudrais saluer ici tous les participants et vous exhorter à débattre sans réserve sur les différentes problématiques retenues.

Je vous invite à mettre en place un mécanisme de suivi et d’évaluation des conclusions du forum. Nous ne voulons plus de ces fora où la rhétorique prend le pas sur les résultats. Soyez donc pragmatiques et réalistes. Je demeure convaincu que toutes les compétences sont ici réunies et vous êtes capables de trouver des solutions consensuelles et des approches susceptibles de donner un nouvel élan au développement et à la pérennité de notre filière cotonnière.

Je voudrais vous transmettre les salutations et les encouragements de Son Excellence Monsieur le Président du Faso dont la disponibilité à accompagner le développement agricole et industriel du Burkina Faso est plus que jamais affirmée.

C’est sur cette forte note d’encouragement et d’espoir que je déclare ouverts, les travaux des Etats Généraux sur la filière coton.

Je vous remercie.

Mercredi 04 avril 2012 à 15 heures 30 mn au Centre International de Conférences de Ouaga 2000

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