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Discours d’ouverture de la Conférence internationale pour le financement de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable

vendredi 10 février 2012

Discours d’ouverture de Son Excellence Monsieur Beyon Luc Adolphe TIAO, Premier Ministre, Chef du Gouvernement du Burkina Faso

A l’occasion de la Conférence internationale pour le financement de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable
(SCADD 2011-2015)

Paris, 1er février 2012

• Excellences Mesdames et Messieurs les Représentants Chefs de Délégation des Pays Amis ;

• Mesdames et Messieurs les Représentants des Institutions de Financement du Développement ;

• Monsieur le Directeur des opérations pour le Burkina Faso de la Banque Mondiale ;

• Honorables invités ;

• Mesdames et Messieurs ;

Je voudrais, avant tout propos, témoigner la gratitude du Gouvernement burkinabè aux autorités et au peuple Français pour l’hospitalité et l’accueil chaleureux qui m’ont été réservés ainsi qu’à l’ensemble de ma délégation. Je voudrais saisir l’occasion pour leur transmettre les salutations chaleureuses de Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Faso.

Je voudrais ensuite souhaiter à tous les participants à la conférence, la bienvenue dans cette salle que la Banque Mondiale, parrain de la rencontre, a bien voulu mettre à notre disposition pour la tenue de nos travaux. Il me plaît de vous adresser mes sincères remerciements, pour l’honneur et l’amitié que vous témoignez à mon pays, en acceptant notre invitation à participer à la présente conférence internationale portant sur le financement de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD).

Votre forte mobilisation traduit certes la vitalité de la coopération et de la solidarité internationale, mais aussi l’engagement renouvelé de l’ensemble des partenaires du Burkina Faso à accompagner le Gouvernement dans ses actions de développement.

• Mesdames et Messieurs les Partenaires techniques et financiers ;

Cette conférence se tient dans un contexte mondial particulièrement difficile, marqué des crises économiques, financières et sociopolitiques récurrentes aux conséquences dommageables pour toutes les économies du monde et en particulier pour les plus vulnérables.

Elle se tient également dans un contexte national de sortie d’une crise sociopolitique intervenue au cours du premier semestre de l’année 2011. Cette crise traduisait avant tout les aspirations légitimes de l’ensemble des populations burkinabè à un mieux être face aux conditions de vie de plus en plus difficiles nonobstant les efforts réalisés par le gouvernement durant la décennie passée. Cette crise exprimait aussi des attentes liées à l’approfondissement du processus démocratique.

Face à cette situation, le Président Blaise COMPAORE a privilégié le dialogue avec toutes les couches sociales de la population . Une approche dynamique et pragmatique qui aura permis rapidement de résoudre la crise sociale et de remettre rapidement le pays en marche. Aujourd’hui, la paix sociale est retrouvée, et les burkinabè connus pour leur ardeur au travail, sont de nouveau engagés sur le front du développement. Par ailleurs, le Chef de l’Etat a su faire converger les énergies nationales au sein d’un Comité Consultatif sur les Réformes Politiques (CCRP) pour faire des propositions de renforcement de la vie démocratique en cours. Ce processus marqué par une forte participation de toutes les parties prenantes, a abouti à un consensus national autour de certaines propositions de réformes politiques et institutionnelles pertinentes que le Gouvernement s’est engagé à mettre immédiatement en œuvre. Ce dialogue entamé va se poursuivre dans la perspective de créer les conditions propices à la consolidation de la paix et à l’essor économique.

• Mesdames et Messieurs les Partenaires techniques et financiers ;

Malgré le contexte international et sous-régional difficile, l’économie burkinabè s’est inscrite depuis une décennie dans une perspective de croissance régulière avec un taux de croissance annuel moyen de l’ordre de 5,2%, en dépit de sa forte vulnérabilité face aux chocs exogènes et aux aléas climatiques.

Votre précieux appui a été en effet déterminant dans la mise en œuvre du Cadre Stratégique de Lutte Contre la Pauvreté durant la décennie 2000-2009. Fort de ce soutien, notre pays a engagé de nombreuses réformes qui ont permis des améliorations sensibles en matière de gouvernance et des avancées notables dans plusieurs secteurs notamment l’éducation, la santé, l’eau et l’assainissement. Nous devons par conséquent nous féliciter des résultats appréciables atteints grâce à cet appui constant.

Ces progrès qui donnent de réels motifs de satisfaction, restent cependant en deçà des résultats attendus en termes de réduction de la pauvreté qui touche encore environ 43% de la population et dont les tendances observées dans la mise en œuvre des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD), interpellent sur l’urgence à fournir davantage d’efforts, mieux ciblés et mieux coordonnés, pour atteindre pleinement ces objectifs.

Ainsi, tirant les enseignements d’une décennie de mise en œuvre du Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté (CSLP) et tenant compte des nombreux défis à relever, le Burkina Faso a élaboré un nouveau référentiel en matière de développement : la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) 2011-2015, bâtie sur la voie de l’émergence économique facilitée par le renforcement des piliers porteurs d’une croissance plus significative.

Cette stratégie adoptée en décembre 2010, à l’issue d’un vaste processus de large consultation vise l’accélération d’une croissance axée résolument sur la réduction de la pauvreté et la promotion du développement durable. C’est la raison pour laquelle, moi-même et un nombre important de mon gouvernement, nous sommes face à vous pour vous entretenir de notre vision et de notre souhait de vous voir nous accompagner dans l’atteinte des objectifs de la SCADD.

Mesdames et Messieurs les Partenaires techniques et financiers ;

La présente conférence vise principalement les objectifs ci-après :
-  Premièrement : offrir au Gouvernement burkinabè une plateforme internationale pour présenter sa vision et sa stratégie afin d’atteindre les objectifs de croissance et de développement du pays ;

-  Deuxièmement : renforcer l’adhésion de l’ensemble des partenaires aux objectifs de la SCADD et réaffirmer l’appropriation de sa mise en œuvre par le Gouvernement ;

-  Troisièmement : obtenir l’engagement des partenaires techniques et financiers extérieurs par la mise à disposition des ressources extérieures en complément aux ressources propres de l’Etat ;
-  Quatrièmement : renforcer l’harmonisation, la cohérence et la prévisibilité des partenariats entre le Gouvernement, les bailleurs bilatéraux et multilatéraux et les investisseurs privés.

Je voudrais à cette étape de mon propos, réitérer à l’ensemble de la communauté des donateurs qui a toujours été à nos côtés pour appuyer nos efforts, la gratitude de mon pays. L’aide publique internationale reçue qui, depuis l’année 2000, a progressé en moyenne annuelle de 14%, a contribué à financer une part importante des investissements publics en complément des ressources propres de l’Etat également en croissance régulière. En 2010, l’aide publique au développement a représenté 16% du PIB. Aussi, l’efficacité et la capacité d’absorption de cette aide se sont progressivement améliorées grâce à l’engagement de tous.

• Mesdames et Messieurs les Partenaires techniques et financiers ;

La mise en œuvre de la SCADD, requiert la disponibilité de ressources stables. C’est ce qui justifie l’élaboration par le Gouvernement d’une stratégie globale de mobilisation des ressources reposant sur une approche multi partenariale. Cette approche, bâtie sur une mobilisation plus accrue des ressources internes, constitue l’innovation majeure de cette stratégie.

Le coût global de l’enveloppe de la Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) est de 7 496,20 milliards de francs CFA, soit environ 1,483 milliard d’Euros sur les cinq ans. Le financement de la stratégie sera assuré à 63,3% sur les ressources propres du budget de l’Etat et à 34,5%, sur les ressources extérieures.

Le Gouvernement compte mobiliser ce financement auprès de l’ensemble de ses partenaires bilatéraux et multilatéraux traditionnels, des ONG, mais aussi auprès de partenaires « non-traditionnels ». La consolidation d’un partenariat équilibré prenant en compte les objectifs prioritaires fixés par le Gouvernement, en conformité avec les principes d’efficacité de l’aide constitue le fondement de cette démarche. Je salue la présence à nos côtés de nouveaux partenaires qui viendront, je l’espère vivement, accroître le cercle des partenaires du Burkina.
Conscient également que l’Etat burkinabè et ses partenaires techniques et financiers ne peuvent à seuls relever les défis de la SCADD, nous y accordons une place de choix au secteur privé. J’ai la conviction aujourd’hui plus que jamais que l’avenir du développement de notre pays se trouve dans le secteur privé. C’est pourquoi nous réservons la deuxième journée de notre forum à ce secteur.

• Excellences Mesdames et Messieurs les Représentants Chefs de Délégations des Pays Amis ;

Avant le début de nos travaux prévus pour durer deux jours, je voudrais vous indiquer toute l’importance que le peuple burkinabè tout entier et en tête le Président du Faso accorde à cette rencontre et les attendes fortes vis-à-vis des conclusions qui en découleront.

Dans ce sens, nous serons appelés à passer un contrat qui impliquera dialogue et engagements mutuels. Un contrat reposant sur des principes et des résultats. La complexité des défis à relever exige, de nous tous, une mobilisation forte et bien programmée. Par conséquent, l’un des défis à relever consiste à travailler à alléger les procédures afin qu’elles soient au service de l’efficacité recherchée en matière de développement.

Terminant mon propos, je voudrais vous renouveler les remerciements du Gouvernement burkinabè. Malgré les multiples contraintes auxquelles vous êtes confrontés, vous êtes restés fidèles à votre engagement. Vous avez accepté partager notre destin et avez montré votre disponibilité à nous accompagner pour la réalisation d’un Burkina Faso émergent.

Je formule le vœu ardent que cette concertation soit une fois de plus l’occasion de conjuguer nos efforts pour mobiliser les ressources nécessaires à la réalisation de nos ambitions communément partagées afin d’assurer du bien-être des vaillantes populations burkinabè.

Vive la solidarité internationale.

Je vous remercie de votre aimable attention.

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