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Discours à l’ouverture des 8E UACO

jeudi 8 décembre 2011

Discours du Premier ministre Luc Adolphe TIAO à l’ouverture des 8e Universités Africaines de la Communication de Ouagadougou (UACO)

Ouagadougou, le 7 décembre 2011

Madame la Présidente du Conseil Supérieur de la Communication, Présidente du comité d’orientation des Universités africaines de la communication de Ouagadougou ;

Monsieur le Président de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes du Burkina, Parrain des 8e Universités africaines de la communication de Ouagadougou ;
Mesdames et Messieurs les Présidents des instances africaines de régulation de la communication ;

Mesdames et Messieurs les Présidents des instances africaines de régulation des communications électroniques ;

Mesdames, Messieurs les Présidents d’Institutions ;
Mesdames et Messieurs les représentants du corps diplomatique et des organisations internationales ;

Messieurs les Ministres en charge de la communication de l’espace UEMOA ;

Mesdames et Messieurs les membres du gouvernement ;
Monsieur le Représentant de l’Organisation internationale de la francophonie ;
Monsieur le Président de l’Alliance francophone ;

Monsieur le Secrétaire permanent du Conseil international des radios et télévisions francophones (CIRTEF) ;

Mesdames, Messieurs les Gouverneurs ; Monsieur le Maire de la commune de OUAGADOUGOU ;
Eminentes personnalités, professionnels et universitaires venus d’Afrique et d’Europe ;

Chers confrères de la presse internationale ;

Distingués invités ; chers participants.

Je ne peux éluder, à l’entame de mon propos, le vif souvenir que je garde de la genèse des Universités Africaines de la Communication de Ouagadougou (UACO).

J’aperçois en effet dans la salle, des figures emblématiques qui ont porté les UACO sur les fronts baptismaux, alors que j’avais moi-même en charge le Conseil Supérieur de la Communication. J’ai nommé les ministres Mahamoudou OUEDRAOGO, Joseph KAHOUN, avec la contribution avisée de Monsieur Jean R. GUION, Président de l’Alliance Francophone, grand ami du Burkina Faso.

Nous avions à l’époque, tous ensemble, conçu un projet et nourri un rêve : celui de créer un cadre périodique d’échanges entre professionnels et universitaires sur les problématiques que pose l’évolution du secteur de la communication du fait des fulgurantes mutations dont nous percevions déjà les défis et enjeux pour le 21ème siècle. Je voudrais ici, solennellement, leur rendre un vibrant hommage.
Qu’il me soit permis d’associer à cet hommage mérité toutes les personnalités qui ont œuvré à la pérennisation des UACO : je citerais entre autres, Mme Béatrice DAMIBA, Présidente du Conseil supérieur de la communication, Présidente du comité d’Orientation de la 8ème édition, Monsieur Filippe SAVADOGO, ancien ministre de la Culture, du tourisme et de la Communication, Monsieur Alain Edouard TRAORE, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement. Chacun à sa manière, a apporté une importante contribution aux UACO.

Monsieur le Ministre, je saisis cette opportunité pour saluer solennellement, la nouvelle dimension que vous donnez aux UACO à partir de la présente édition. Il s’agit, ce faisant, d’assurer aux UACO toute leur envergure à la hauteur des énormes enjeux et défis de la société de l’information.

Je voudrais également vous demander une minute de silence, pour la mémoire de nos illustres confrères et aînés, tombés les armes à la main, sur le front du combat éternel pour l’approfondissement de la démocratie, de la liberté de presse et d’expression. Je voudrais associer à cet hommage notre ami Alcinou Da Costa qui nous a toujours accompagnés dans nos initiatives au Burkina.

Avec le recul, nous pouvons affirmer que l’évolution des UACO est positive. Elle l’est d’autant plus que, outre la tenue régulière des éditions, elles sont pratiquement devenues le seul cadre international d’échanges périodiques entre Universitaires et professionnels des médias d’Afrique et de l’ensemble de la communauté francophone.

C’est pourquoi, je voudrais remercier toutes les personnalités venues d’Afrique, d’Europe et du Canada pour nous accompagner dans notre élan, et nous aider à approfondir les thématiques inscrites à l’ordre du jour de cette édition et consolider les UACO, nos UACO !

Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,

Le thème retenu pour cette édition des UACO porte sur : « les nouveaux enjeux médiatiques en Afrique face aux mutations internationales : mondialisation, transition numérique, presse en ligne, éthique et déontologie ».

Désormais, la convergence numérique induite par l’internet a fédéré les canaux de transport de l’image et du son. Les flux d’informations et d’images empruntent de plus en plus des supports diversifiés, par des procédés technologiques encore inimaginables il y a seulement une vingtaine d’années. La mondialisation de l’information est donc désormais un fait qui s’impose à tous et rythme l’évolution de tous les secteurs d’activités.
De toute évidence, une mutation technologique de cette ampleur entraîne nécessairement des conséquences aux plans politique, économique, socioculturel, et professionnel.

La dimension politique et économique de cette mutation technologique interpelle au premier chef les dirigeants de chaque pays. Il pèse en effet sur eux, la responsabilité de prendre les mesures nécessaires, notamment par la construction des infrastructures, pour permettre aux populations de tirer le meilleur profit des opportunités qu’offre la société de l’information.

Au plan professionnel, il ya le nécessaire réajustement des profils à opérer dans tous les métiers de la communication. Un triple défi donc que doivent relever nos structures de formation en terme d’adaptation urgente : des curricula, des mutations académiques et des exigences technologiques.

Au niveau socioculturel, l’invasion de nos espaces médiatiques par des images de toutes sortes, pour lesquelles les possibilités de filtrage sont de plus en plus minces voire inexistantes, ne sont pas sans poser des problèmes dans l’articulation des relations sociales, la gestion de la gouvernance politique, et dans le dialogue entre les cultures et les civilisations.

Il est en effet à regretter, que la mondialisation de l’information, au lieu de favoriser la coexistence pacifique entre les peuples, contribue parfois à exacerber plutôt les perturbations sociopolitiques et les conflits d’ordre culturel. Ils avaient donc raison les visionnaires qui avaient prédit que le 21ème siècle serait marqué par de grandes oppositions culturelles entre les peuples, du fait de la mondialisation qu’ils entrevoyaient déjà !

La brulante question qui se pose à nous, aux politiques, aux professionnels comme aux experts et universitaires est : comment concilier la révolution technologique et la paix sociale, gage de stabilité et de développement de nos sociétés. Comment faire de nos différences, un riche patrimoine commun et non autant de sources divergences et de conflits fratricides ?

Il s’agit là d’un défi majeur pour les dirigeants du monde entier, qui pose avec beaucoup plus d’acuité la problématique de la protection des exceptions culturelles. Si, en filigrane, toutes ces questions seront abordées au cours de vos travaux, les thèmes majeurs soumis à vos réflexions portent davantage sur des questions techniques et professionnelles dont, entre autres, la transition numérique, la presse en ligne, l’éthique et la déontologie dans le contexte d’un monde tumultueux, secoués par de profondes mutations multidimensionnelles.

Distingués invités,
Mesdames et Messieurs,

La transition numérique se révèle être aujourd’hui, actualité oblige, une grande préoccupation pour tous les pays du monde. Certaines nations sont à un stade très avancé tant dis que d’autres sont encore à des phases préparatoires. Un peu partout en Afrique, les cadres techniques et institutionnels de la transition numérique se mettent en place, avec parfois des synergies heureuses dans le cadre de nos organismes communs de coopération. Aussi, je me félicite que les télévisons et les structures de formation de l’espace UEMOA se rencontrent à la faveur de nos travaux, pour prospecter une possibilité de partenariat. Dans cette dynamique, j’ai bon espoir que l’Afrique sera cette fois-ci, au rendez-vous de l’histoire.

Une autre question cruciale qui sera abordée au cours de vos travaux, c’est celle qui porte sur l’éthique et la déontologie dans le contexte des nouveaux médias.

En effet, grâce au numérique, le son, l’image fixe et animée et le texte se dissolvent dans un même moule en seul message du fait que le mariage de l’informatique et des télécommunications a considérablement révolutionné le traitement et le transport des données. L’accès à l’information devient instantané. On se passe de plus en plus du médiateur qu’est le journaliste, dont la mission traditionnelle est de collecter, traiter et diffuser l’information. L’abondance de l’information disponible sur la toile pose de façon cruciale la qualité du contenu. Faut-il en effet privilégier l’abondance à la qualité de l’offre informationnelle ?

Il en découle que le traitement de l’information repose désormais sur de nouveaux paradigmes. Outre le nécessaire réajustement des profils que j’évoquais tantôt, comment garantir désormais le respect des règles d’éthique et de déontologie dans le traitement de l’information dans ce nouveau contexte où les supports de diffusion se sont démultipliés, défiant toutes tutelles et frontières ?
L’évolution actuelle des médias engendrerait-elle alors, une crise de légitimité de l’Etat comme régulateur incontesté, en particulier dans le domaine de l’audiovisuel dont nous subissons une sorte de dictature ?

C’est à ces questionnements que vous devez répondre au cours vos travaux, pour nous frayer une lueur d’espoir en vu d’une approche cohérente des nouveaux défis et enjeux médiatiques à l’heure de la convergence numérique. Il ne faudra sans doute pas occulter les défis du professionnalisme, qui passe par la formation, mais aussi la question de l’éducation aux médias, pour permettre progressivement aux publics consommateurs de messages d’avoir une posture critique par rapport aux images et informations reçues.

Assurément, si le multimédia comporte beaucoup d’opportunités, il engendre des travers dans la qualité de l’offre informationnelle dont l’accès est malheureusement incontrôlé. Peut-on dès lors, parler encore de règles d’éthique et de déontologie si le contrôle des contenus se révèle de plus en plus complexe ? Comment, dans cette optique, réguler en effet ces flux d’images et de sons diffusés sur des supports diversifiés dont certains relèvent de l’usage privé comme le téléphone portable ou l’ordinateur ?

En examinant le programme de vos travaux, je note d’ailleurs qu’un des thèmes porte sur l’action des réseaux sociaux dans le règlement de la crise de 2011 au Burkina Faso. Mais un autre thème me taraude l’esprit : c’est le rôle des canaux traditionnels de communication dans la gouvernance en Afrique. Ces canaux traditionnels existent-ils sous l’angle d’un conflit ou de complémentarité avec les mutations technologiques actuelles ? Je reste convaincu que vous aborderez cette question au cours de vos débats, et vos conclusions donneront un éclairage certain à la conduite de l’action publique et au comportement des praticiens sur le terrain.

Distingués invités,
Mesdames et Messieurs

La 8ème édition des UACO se tient au Burkina Faso à un moment où le pays a retrouvé sa stabilité, après avoir été secoué par une crise sociale il ya quelques mois. Les plus hautes autorités de notre pays, avec en tête Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, qui a fait du dialogue social le socle de la gouvernance dans toutes ses dimensions, ont pu réconcilier les Burkinabè avec eux-mêmes. Les crises épisodiques parsèment du reste à toute vie démocratique, l’essentiel étant, pour les dirigeants de chaque pays, d’opérer les réformes nécessaires pour répondre aux nouvelles interpellations démocratiques qui s’expriment de façon cyclique.

Vous aurez, je le souhaite surtout pour nos invités de marque et les confrères de la presse internationale, le temps à travers la participation aux activités parallèles inscrites dans l’agenda des UACO, de découvrir un peuple dont l’hospitalité, nourrie pendant des siècles, est devenue pour lui, une façon d’être.

Sur ce, et en souhaitant plein succès à vos travaux, je déclare ouverte, la 8ème édition des Universités Africaines de la Communication de Ouagadougou (UACO).

Je vous remercie.

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