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Déclaration liminaire du Premier ministre à la conférence de presse du 19 janvier 2011 sur le nouveau Gouvernement

mercredi 19 janvier 2011

Chers amis de la presse,
Mesdames et Messieurs,

Après la prestation de serment de Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Faso, Président du Conseil des Ministres, et conformément aux coutumes et usages démocratiques et républicains, j’ai estimé courtois et nécessaire de lui présenter ma démission et celle de l’équipe gouvernementale que j’ai eu l’honneur de coordonner et d’animer depuis juin 2007.

Le Chef de l’Etat a pris acte de ma démission, mais a demandé que je procède à des consultations en vue de la formation d’un gouvernement dont la responsabilité sera la mise en œuvre de son programme “Bâtir, ensemble, un Burkina Emergent”, programme sur lequel l’écrasante majorité des citoyens Burkinabè lui ont renouvelé leur confiance à l’issue des élections présidentielles du 21 novembre 2010. C’est la philosophie qui a soutendue la structuration de cette équipe renforcée et remotivée de même que les objectifs qui lui sont assignés que je voudrais expliciter au cours de la présente rencontre au travers de vos questions et interrogations.

Toutefois, permettez-moi d’abord d’exprimer ici ma gratitude au Président du Faso pour la confiance renouvelée et pour l’honneur qu’il m’accorde de servir la Nation. Parlant au nom de toute l’équipe gouvernementale, je voudrais l’assurer de sa disponibilité, de son dévouement et de son acharnement à la réalisation de la nouvelle feuille de route qu’il a établie pour notre action.

Je voudrais également remercier les membres du gouvernement sortant pour leur franche collaboration et leur engagement citoyen. Chacun d’entre eux aura apporté sa contribution à la construction d’un édifice qui nous dépasse tous, puisqu’il est le projet national auquel des générations entières de compatriotes ont consacré leur vie, ceci depuis la nuit des temps. Notre ambition est d’inscrire notre action dans la lignée de cette vieille et noble tradition de service public.

Je voudrais aussi dire ma gratitude aux parlementaires, aux représentants du secteur privé, aux animateurs d’organisations de la société civile, à la presse et aux partenaires techniques et financiers dont la participation et le soutien parfois critique à l’action du gouvernement, constituent des ingrédients essentiels à notre marche commune vers un avenir radieux.

Je voudrais enfin saluer l’action parfois silencieuse et même invisible des citoyens Burkinabè de toutes conditions sociales dont les efforts et sacrifices nous ont permis d’avancer vers un horizon collectif tissé de lumière et d’espérance. En effet, l’action du gouvernement ne saurait se résumer à celle, certes importante des ministres, secrétaires généraux et directeurs de départements que l’on voit très souvent à la télévision et dans les journaux. L’Etat fonctionne surtout, grâce au concours et à l’engagement permanent des milliers de fonctionnaires, contractuels et autres agents qui, dans l’anonymat du quotidien et des conditions de travail souvent difficiles, s’acquittent héroïquement des tâches et des responsabilités souvent ingrates qui leur incombent.

Vous conviendrez par exemple avec moi qu’aucun service public ne serait opérationnel si chaque jour des enseignants du primaire, secondaire et supérieur ne laissaient de côté leurs revendications de tout ordre parfois justifiées, pour éduquer et former la force de travail qualifiée dont notre économie a urgemment besoin ; si des infirmiers et autres membres du personnel de santé ne dépassaient leurs frustrations pour s’activer à sauver des vies, malgré la modicité des moyens à leur disposition ; si des agents des services de sécurité et des forces de défense ne mettaient constamment en jeu leur propre vie pour assurer la paix sociale et l’intégrité physique de chaque citoyen Burkinabè ; si des paysans ne bravaient d’éprouvantes conditions climatiques pour exploiter un sol aride et créer la richesse qui permet à l’Etat de remplir ses fonctions régaliennes.

D’ailleurs si vous me permettez en cet instant solennel une petite confidence d’ordre personnel, je vous dirai que l’ardeur au travail, le refus du découragement et l’éthique du courage et du sacrifice de mes compatriotes des couches les plus démunies constituent, avec ma foi en Dieu, mon plus puissant viatique ; c’est l’ingrédient secret qui me motive chaque matin et me permet d’affronter chaque journée avec un enthousiasme constant et un optimisme raisonné et justifié.

Mesdames et Messieurs,

Le temps presse et nous devons passer à la vitesse supérieure. Chacun d’entre nous, où qu’il se trouve, doit accélérer son rythme de travail et de production. Les défis qui nous interpellent tous sont nombreux, consignés dans le Programme sur lequel le Président du Faso vient d’être massivement réélu. Il s’agit notamment :

• du rôle et du fonctionnement de l’Etat dans un pays libre ;

• de la viabilité et de la légitimité du système politique ;

• des droits et des devoirs des citoyens dans un pays de civilisations de vieilles souches ;

• de la question de l’accroissement des richesses et de la redistribution des fruits de la croissance ;

• de la place des femmes en politique et dans le processus de développement ;

• de la lutte contre la corruption et de la solidarité nationale ;

• de la question de la transition démographique et de la durabilité du développement ;

• du droit des jeunes à disposer d’un emploi lorsqu’ils ont accomplis les efforts d’éducation et de formation qu’exige le développement de la nation ;

• de l’intégration régionale et de la consolidation de la paix et de la stabilité à l’échelle régionale.

Au cours de la dernière décennie, des progrès importants ont été certes réalisés au plan politique, économique et social : une croissance régulière de l’économie avec un taux moyen annuel de plus de 5 pourcent sur la période 2000-2009 contre 3 pourcent au cours de la décennie 90, une progression du taux de scolarisation qui est passé de 46 pourcent en 2000-2001 à 74,8 pourcent en 2009-2010, une amélioration du taux de vaccination, de l’accès à l’eau potable et aux formations sanitaires, et un léger recul de la pauvreté.

Mais nous devons être francs avec nous-mêmes : ces progrès sont louables mais insuffisants pour que le pays avance au rythme de notre ambition commune qui est de bâtir une Nation solidaire, juste et prospère. Nous ne pouvons nous gargariser de slogans. Car comme l’a indiqué le Président du Faso, je cite : « la période quinquennale 2010-2015 doit apporter des réponses concrètes et porteuses d’avenir pour l’ensemble des préoccupations et défis auxquels notre pays fait face dans un environnement international difficile et imprévisible. »

Avec un taux de croissance démographique se situant à plus de 3 pourcent et un taux de croissance du produit intérieur brut par habitant de moins de 2 pourcent, il nous faudrait quelques 35 ans pour doubler nos revenus et sentir le recul de la pauvreté. C’est évidemment inacceptable.

C’est pourquoi le gouvernement se fixe comme objectif non seulement de mettre en œuvre agressivement la nouvelle Stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD), mais surtout de donner une réalité humaine aux statistiques macroéconomiques. Car nous ne devons jamais oublier que derrière chaque statistique de taux d’inflation, de déficit budgétaire ou de balance des paiements, de pauvreté, de malnutrition, de cas de maladie ou de chômage, il se trouve un visage. Le visage d’un citoyen qui attend que l’Etat joue pleinement son rôle, le visage d’une femme qui souffre, d’un parent, d’un enfant, d’un voisin, d’un compatriote, voire même d’un inconnu. Nous ne devons jamais oublier ceux qui nous ont mandaté d’agir en leur nom et de veiller au mieux à leurs intérêts.

J’ai donc instruit mes collaborateurs de se retrousser les manches pour prendre à bras-le-corps les difficultés qui se posent à notre pays. Nous devons nous montrer à la hauteur de nos propres exigences et honorer les attentes du peuple Burkinabè qui nous regarde. Nous devons relever les défis avec l’humilité qu’impose l’ampleur de la tâche mais aussi avec l’enthousiasme et l’énergie que confèrent l’engagement et la conviction.

Nous mesurerons constamment, bien sûr, les résultats de notre action. D’abord au travers d’indicateurs quantitatifs mais aussi et surtout à travers la qualité de l’évaluation et du « feedback » que nos compatriotes ne manqueront pas de nous faire parvenir. Car en fin de compte, la seule vraie mesure d’un homme -et d’un serviteur de l’Etat- est sa capacité à résoudre les problèmes que l’existence lui pose quotidiennement.

« L’homme se découvre quand il se mesure avec l’obstacle », a dit Antoine de Saint-Exupéry. Par-delà les difficultés, nous devons chacun prendre notre destin en mains et écrire l’histoire de notre avenir, celui que nous voulons construire pour nos enfants en gardant à l’esprit ce proverbe chinois, je cite : « on n’atteint pas le ciel par un simple saut, mais nous construisons ensemble, l’escalier pour l’atteindre ».

Je vous remercie.

Ouagadougou 19 janvier 2010

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