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DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT A L’OCCASION DE LA RENCONTRE ANNUELLE GOUVERNEMENT/SYNDICATS

jeudi 6 janvier 2011

• Messieurs les Secrétaires Généraux des Centrales Syndicales et des Syndicats Autonomes ;
• Distingués invités ;
• Mesdames et Messieurs ;
En cet instant solennel d’ouverture de la cinquième rencontre annuelle de concertation Gouvernement / Syndicats de travailleurs, je voudrais souhaiter la bienvenue à tous et saisir cette heureuse occasion pour adresser à vous et à vos familles respectives, mes sincères vœux de santé, de prospérité, de paix et de bonheur. Que le Dieu Tout-puissant vous protège et éclaire toutes vos actions pour le bien-être des travailleurs que vous représentez.

Je voudrais me réjouir de la tenue régulière depuis 2007, de cette rencontre de concertation. Cette régularité montre à dessein combien les deux parties sont attachées à ce cadre de dialogue en tant qu’instrument privilégié de gouvernance sociale. C’est aussi, le lieu pour moi de réitérer toute ma satisfaction pour la franchise et le sens élevé de la responsabilité et du compromis qui ont toujours caractérisé nos échanges à chaque rencontre. Une telle attitude exprime un sentiment partagé que la recherche de la paix et de la cohésion sociale, condition indispensable au développement harmonieux de notre pays, n’est pas le seul fait des gouvernants mais aussi celui des organisations syndicales.

C’est pourquoi, Messieurs les Secrétaires généraux, il est de notre devoir de pérenniser cet acquis social. Je voudrais donc inviter les centrales syndicales et les syndicats autonomes à circonscrire le champ de leurs revendications aux préoccupations sociales des travailleurs, conformément à l’esprit et à la philosophie qui ont prévalu à l’institutionnalisation de ce dialogue, d’autant plus que d’autres canaux de concertation mieux adaptés existent pour satisfaire les préoccupations non sociales. Cette démarche aura l’avantage de focaliser nos énergies sur les revendications sociales pour des solutions plus affinées.

• Messieurs les Secrétaires généraux ;

• Honorables invités ;

La présente rencontre se tient au lendemain des festivités qui ont marqué le cinquantième anniversaire de l’accession de notre pays à la souveraineté internationale, sous le thème : 50 ans de construction d’une Nation : souvenir et espérance. Un regard rétrospectif sur les mouvements de libération des pays africains en général et de l’émancipation politique de notre pays, le Burkina Faso, met en évidence le rôle déterminant des luttes syndicales. En effet, les organisations syndicales ont toujours été, pendant la période coloniale et après les indépendances, à l’avant-garde des différentes luttes pour la promotion d’une culture de solidarité, l’exploitation judicieuse des richesses nationales, la justice sociale et pour la défense des droits de l’homme et des intérêts matériels et moraux des travailleurs. Je voudrais vous en savoir solennellement gré.

Elle se tient aussi après le scrutin présidentiel du 21 novembre 2010 qui a consacré la réélection du Président Blaise COMPAORE, sur la base de ses acquis politique, économique et social pour un nouveau mandat de cinq ans. Son programme politique au cours des cinq années à venir est une invite à tous les burkinabé sans exclusion à bâtir, ensemble, un Burkina émergent. Cette perspective nouvelle augure un renforcement du partenariat entre le Gouvernement et les organisations syndicales pour faire de cette juste ambition, une réalité.

C’est bien dans cette logique que j’inscris l’adoption prochaine des textes sur la représentativité syndicale élaborés en collaboration avec les organisations syndicales et le Bureau International du Travail. Ils constituent une avancée significative dans la gouvernance du travail en ce sens qu’ils permettront de désigner dans des conditions démocratiques, les organisations les plus représentatives pour porter les aspirations des travailleurs auprès du Gouvernement et des instances internationales du travail.

En tout état de cause, l’amélioration des conditions de vie et de travail des forces vives, et la lutte contre le chômage notamment des jeunes, sont demeurés des préoccupations constantes du Gouvernement. L’adoption de la politique nationale de l’emploi en 2008 et les importantes mesures prises au cours de ces dernières années, pour favoriser l’investissement privé en l’occurrence, attestent bien cette volonté. L’impact de la mise en œuvre de ces politiques se fait progressivement sentir dans divers domaines et de manière plus visibles, dans le secteur minier où l’entrée en production de six industries extractives a généré de milliers d’emplois permanents et occasionnels et a induit d’autres activités qui procurent bien des revenus à des hommes et à des femmes.

• Messieurs les Secrétaires Généraux ;

• Mesdames, messieurs ;

Lors de notre précédente rencontre, le Gouvernement avait pris les engagements suivants :

1. la conduite d’une étude actuarielle de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) sur la revalorisation des pensions et la possibilité de prorogation de 5 ans de la période transitoire fixée par l’article 4 du décret N° 2005-024/PM/MTEJ/MFB portant fixation de l’âge de la retraite pour permettre aux travailleurs victimes de licenciement de bénéficier de leur pension ;

2. l’institution d’une indemnité de stage pour soutenir les agents en position de stage pour compter de la rentrée 2010 ;

3. la baisse du prix à la pompe des produits pétroliers le 1er janvier 2010 ;

4. l’examen en 2010 des recommandations issues du rapport du comité paritaire Gouvernement/Syndicats sur les dossiers sociaux ;

5. la poursuite des efforts déjà engagés pour doter les chefs lieux de région de notre pays de bourses du travail de même que la réfection et l’extension des bourses du travail de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso ;

6. la mise à disposition auprès des structures syndicales de permanents syndicaux dont les modalités seront déterminées en 2010 en concertation avec les organisations syndicales ;

7. la poursuite des études pour la mise en place d’une nouvelle taxe spécifique qui viendra en remplacement de la taxe sur les opérations bancaires ;

8. la prise des textes nécessaires à la mise en œuvre du Check Off dans notre pays.

Sur l’ensemble des huit engagements, le Comité technique bipartite de suivi des résultats des rencontres Gouvernement/Syndicats de travailleurs qui s’est réuni le 07 octobre 2010 a relevé que deux sont déjà tenus à bonne date à savoir l’institution de l’indemnité de stage par décret n° 2010-669/PRES/PM/ MEF/MFPRE du 22 octobre 2010 et la maîtrise du coût des hydrocarbures.
Quatre engagements sont en cours de réalisation.
En ce qui concerne l’étude actuarielle sur la revalorisation des pensions, la Caisse nationale de sécurité sociale a lancé par voie de presse un avis de recrutement d’un consultant. A ce jour, la sélection du consultant est à un stade avancé et les propositions d’adjudications en examen à la Direction générale des marchés publics. Les résultats de l’étude devraient être disponibles au cours de cette année.
Concernant le suivi des recommandations sur les dossiers sociaux, j’ai présidé le 29 septembre 2010, un conseil de cabinet sur la question et des instructions ont été données aux ministres impliqués pour finaliser ces dossiers en vue d’une suite définitive.

Je vous rassure également de la poursuite de notre accompagnement pour doter les régions de bourses du travail. Dans ce cadre, au titre de l’année 2011, le Gouvernement a inscrit au budget de l’Etat 100 millions de F CFA afin d’effectuer les études architecturales pour la rénovation des 2 bourses du travail de Ouagadougou et de Bobo-Dioulasso. Pour les autres régions, 144 millions ont été inscrits pour les études architecturales de construction de bourses du travail. C’est l’occasion de remercier les maires des chefs-lieux de région pour la mise à disposition de ces parcelles, toute chose qui participe au renforcement du dialogue social.
Quant aux études pour une nouvelle taxe sur les opérations bancaires, il convient d’adopter une posture de prudence. En effet, l’étude préliminaire faite par les services fiscaux et les représentants du secteur bancaire, a révélé un impact négatif sur l’économie nationale. Il a été décidé d’approfondir l’approche pour cerner toutes les implications avant de prendre une décision.
S’agissant des deux derniers engagements, à savoir la mise à disposition de permanents syndicaux et la mise en œuvre du check off, ils appellent les observations suivantes :

-  Sur le premier point, le Gouvernement attend les propositions des organisations syndicales pour une avancée rapide de ce dossier.

-  Concernant le check off, il me semble indiqué que nous puissions à nouveau échanger sur le sujet en adéquation avec la liberté syndicale, valeur cardinale des relations professionnelles.

• Messieurs les Secrétaires Généraux des centrales syndicales et des syndicats autonomes ;

• Mesdames et Messieurs ;

Les présentes négociations qui s’ouvrent, vont se consacrer à la plate-forme minimale du 1er mai 2010. Les points de revendication y inscrits sont d’une extrême importance, aussi bien pour le raffermissement de la liberté syndicale que pour l’amélioration du bien être de la population en général, et des travailleurs en particulier. Je reste persuadé que vos échanges autour de ces points, seront sous-tendus par le réalisme et la franchise dont vous avez toujours fait montre ainsi que par votre sens élevé du compromis. Pour ma part, je voudrais ici vous assurer de la disponibilité du Gouvernement à accorder la plus grande attention aux résolutions qui en sortiront et à y donner suite dans la limite des possibilités budgétaires qui sont intimement liées à l’évolution de l’environnement régional et international.

Tout en vous renouvelant mes vœux de santé et de prospérité, je déclare ouverte la rencontre annuelle Gouvernement / Syndicats de l’année 2010.

Je vous remercie !

Ouagadougou 06 janvier 2010

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