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Discours de Son Excellence Monsieur le Premier ministre, chef du Gouvernement à l’occasion de la commémoration de l’appel à la Solidarité Nationale et Internationale suite aux inondations du 1er septembre 2009

mardi 7 septembre 2010

Ouagadougou, le 7 septembre 2010.

• Mesdames et Messieurs les Présidents d’Institution ;

• Mesdames et Messieurs les Chefs de mission diplomatique ;

• Mesdames et Messieurs les Représentants des agences de coopération internationale et inter-africaine ;

• Notabilités coutumières et religieuses ;

• Vaillante population du Burkina Faso ;

Je voudrais au nom du Président du Faso, Son Excellence Blaise COMPAORE, saluer votre présence effective à la présente cérémonie de commémoration de l’appel à la solidarité nationale et internationale suite aux inondations du 1er septembre 2009. J’y vois votre attachement constant aux valeurs de solidarité et d’entraide mutuelle.

En cet instant solennel, je tiens au nom du Président du Faso, à rendre hommage au peuple burkinabé qui plus que convaincu que la douleur n’est qu’une dimension de l’expérience humaine, et que chaque épreuve porte en elle les germes d’un changement pour le meilleur a, malgré les adversités diverses, continué à assumer son destin. Il a toujours manifesté constamment le goût de l’effort et l’engagement vers l’excellence qui sont les marques les plus évidentes de l’identité burkinabé. C’est bien aussi pour magnifier cette identité que nous avons retenu de commémorer le cinquantenaire de notre indépendance sous le thème de « souvenir et espérance ».

Les pluies diluviennes qui se sont abattues sur Ouagadougou et dans d’autres agglomérations, resteront à jamais gravées dans les consciences individuelle et collective, comme la pire des inondations jamais survenue au Burkina Faso.

Les conséquences qui en ont résulté sont énormes : pertes en vies humaines, 32 260 maisons effondrées, 150 000 personnes sinistrées et d’importants dégâts matériels. L’angoisse, la désolation et le désespoir se lisaient sur les visages de milliers de citoyens qui ont perdu en quelques heures, tout ce qu’ils ont acquis au prix de nombreuses années de dur labeur. Selon les résultats d’une évaluation des dommages, pertes et besoin de cette catastrophe dans les différents secteurs, réalisée par une mission tripartite (gouvernement, PNUD, Banque Mondiale), l’impact de cette catastrophe est estimé à plus de 60 milliards dont environ 45 milliards de dommages et 15 milliards de pertes. Les besoins pour la reconstruction /relèvement sont estimés à 120 milliards de FCFA environ.

Devant pareil drame jamais égalé, le Président du Faso lançait le 7 septembre 2009, un appel pressant à toute personne physique ou morale de bonne volonté, à chaque Burkinabè de l’intérieur comme de l’extérieur, de toutes catégories sociale ou professionnelle, aux amis du Burkina Faso à se mobiliser pour apporter une aide financière ou matérielle exclusivement destinée à secourir les dizaines de milliers de sinistrés tant dans la région du centre que dans les autres régions du pays. Il a invité par la même occasion, toutes les personnes nanties d’une autorité sociale ou morale, à relayer le message afin que cet appel soit entendu dans les profondeurs de notre pays et au sein de la communauté internationale et a instruit le gouvernement à prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer une transparence maximale dans la gestion de cette aide.

Mesdames et Messieurs,

Suite à cet appel, le gouvernement s’est attelé avec diligence à mettre en place un dispositif de gestion des secours d’urgence composé ainsi qu’il suit : le Conseil d’Orientation des Secours d’Urgence, le Conseil de Gestion des Secours d’Urgence, l’Unité de Gestion et les Unités Opérationnelles.

-  le Conseil d’Orientation des Secours d’Urgence, présidé par le Chef du Gouvernement a été chargé entre autres, de définir les grandes orientations, d’adopter les programmes d’intervention et de prendre toutes les initiatives nécessaires à la gestion de la crise.

-  le Conseil de Gestion des Secours d’Urgence, composé de représentants de l’administration publique, d’autorités coutumières et religieuses, de la société civile, de partenaires techniques et financiers et de représentants des sinistrés, a eu entre autres missions, de superviser la mise en œuvre des orientations et des programmes d’intervention en matière de secours aux sinistrés, d’autoriser l’exécution des dépenses et de faire des propositions sur des actions et activités à mener. Cette structure constitue une innovation en matière de transparence et de gestion participative des actions de secours d’urgence en Afrique et même dans le reste du monde.

-  l’Unité de Gestion, placée sous la supervision du Conseil de Gestion et composée de techniciens de l’administration et de Partenaires Techniques et Financiers (PTF) s’est chargée de collecter et de centraliser les fonds et les dons en nature, d’exécuter les dépenses, de produire les rapports d’exécution financière et de gestion des stocks. Elle a régulièrement communiqué la situation de sa gestion par les moyens appropriés ;

-  Les Unités Opérationnelles, composées de représentants de l’administration centrale et déconcentrée, sont chargées entre autres, d’établir leurs besoins et d’élaborer les projets de budgets y relatifs à l’attention du Conseil de gestion, de transmettre les pièces justificatives à l’Unité de Gestion, de produire les rapports d’activités.

Dans les gouvernorats, les ambassades et consulats du Burkina Faso, des dispositions ont été prises pour la collecte et la transmission des aides à l’Unité de Gestion. Un manuel de procédure a été adopté, des fiches de souscription et d’accusés de réception ont été établies afin de permettre à chaque souscripteur d’avoir son accusé de réception ; des comptes ont été ouverts dans chacun des établissements financiers de la place, tout ceci en vue d’assurer une gestion transparente et efficace des différentes aides.

Distinguées personnalités, Mesdames et Messieurs,

Un an après l’appel à la solidarité nationale et internationale, le moins que l’on puisse dire, est qu’il a été favorablement accueilli. En effet, il a suscité un élan de solidarité sans précédent dans l’histoire de notre peuple, en témoigne la forte mobilisation des burkinabè de l’intérieur comme de l’extérieur, des communautés étrangères vivant au Burkina, des partenaires techniques et financiers, des pays amis du Burkina et de la communauté internationale dans son ensemble.

Ainsi, les responsables politiques toutes tendances confondues, de même que toutes les couches sociales et catégories socioprofessionnelles des quatre coins du Burkina, les agents et responsables des administrations de l’Etat et des collectivités territoriales, les autorités coutumières et religieuses, les acteurs du secteur privé, les partenaires du Burkina Faso, les associations de la société civile, les syndicats, les organisations non gouvernementales et internationales et tous ceux qui n’ont pu être cités ont fait montre d’une mobilisation et d’un engagement exemplaires suite à cette catastrophe. Chacun a donné volontairement et selon ses possibilités en signe de solidarité avec les victimes et la nation Burkinabé.

Toutes sortes de dons traduisant la richesse et la diversité culturelle de notre pays ont été reçues par l’Unité de Gestion des Secours d’Urgence. Il s’agit principalement de dons financiers, de dons en nature composés de 293 articles divers dont des effets d’habillement, du matériel de survie, des ustensiles de cuisine, des fournitures scolaires, des médicaments, des condiments, des animaux, et même une tortue du sahel ont été reçus.

D’autres aides incorporelles telles que les visites des personnalités, les soutiens affectifs et psychologiques aux victimes, les sensibilisations sur divers thèmes, les poèmes, les chants et danses, les formations techniques, ont été réalisées.

Cette forte mobilisation a permis à l’Unité de Gestion d’enregistrer à la date du 1er septembre 2010, 2615 contributions volontaires d’un montant de 5 570 667 221 francs CFA dont 4 651 668 305 francs CFA de contribution financières et 918 998 916 francs CFA de dons en nature.

La subvention du Budget de l’Etat, exercice 2009/2010 se chiffre à la même date à 13 210 411 848 francs CFA.

Certains donateurs sont allés remettre leurs contributions au niveau de l’Hôtel de Ville de Ouagadougou et dans les 5 arrondissements. A ce niveau, le montant total des contributions s’élève à 617 226 689 FCFA.

D’autres acteurs, au regard de leurs propres dispositions, sont allés intervenir directement sur le terrain. Il est important de souligner l’importante contribution des agences du système des Nations Unies, des ONG et des organismes internationaux.

Tous ces faits et gestes qui traduisent la vitalité de notre solidarité et l’expression d’appartenance à une même nation, ont permis une meilleure prise en charge des sinistrés.

Distinguées personnalités, Mesdames et Messieurs,

En effet, les nombreuses contributions et précieuses aides, ont permis entre autres, les réalisations suivantes :

Dans le domaine de l’assistance et du secours :

-  la prise en charge holistique et gratuite (alimentation, hébergement, soins sanitaires, scolarisation, hygiène, sécurité, divers dons…) des sinistrés depuis les premières heures de la catastrophe jusqu’à leur installation dans les sites définitifs de YAGMA et de Bassinko en passant par leur regroupement dans les sites alternatifs, soit une période de 6 mois ;

-  l’acquisition de matériel, de consommables médicaux, de tentes…

Dans le domaine de la réhabilitation /reconstruction/ relèvement :

-  l’aménagement et la viabilisation des sites primaires et alternatifs pour l’accueil et l’hébergement temporaire des sinistrés ;
-  l’aménagement de 30 012 parcelles sur les sites de Yagma et de Bassinko et l’ouverture de voies pour un coût de 1 559 726 849 francs CFA ainsi que la réalisation de 25 forages ;

-  la distribution gratuite de parcelles et d’une aide de 50 000 francs CFA à 19 871 ménages et locataires ;

-  la distribution de 28 020 tonnes de ciment et 361 180 feuilles de tôles respectivement à 18.680 et 18059 sinistrés. Le coût des matériaux de construction s’élève à 4 892 401 740 francs FCA ;

-  la réparation des ouvrages de franchissement tels les ponts et les digues de barrage pour 1 557 595 271 francs ;

-  la réfection ou la construction/reconstruction des établissements d’enseignement et des structures sanitaires, telles que l’école de Yagma, l’hôpital du district du secteur 30, le centre des aides familiales, le mur de l’Hopital Yalagdo OUERAOGO ;

-  le renforcement des capacités des services de l’Etat par l’acquisition de la logistique, de matériel et de fournitures de bureau, endommagés suite aux inondations du 1er septembre 2009 ;

-  une aide matérielle et financière a également été accordée aux sinistrés autres que ceux de Ouagadougou.

A la date du 1er septembre 2010, les dépenses déjà effectuées et celles en instance de paiement au niveau de l’Unité Gestion sur autorisation du Conseil de gestion se chiffrent à 14 037 366 173 francs CFA.

D’autres réalisations telles la construction d’un magasin et d’un centre d’accueil pour les femmes âgées du centre Delwendé de Tanghin sont toujours en cours ;

Un film documentaire et un répertoire de l’ensemble des aides reçues seront réalisés en vue de rendre plus visible la gestion des différents dons.

Des audits techniques et financiers sur la gestion et la réalisation des infrastructures ont été commandités par le Conseil de Gestion des Secours d’Urgence, et les résultats seront partagés avec les différents acteurs.

Comme vous pouvez le constater, le gouvernement a pris les mesures nécessaires pour assurer une gestion efficace et transparente des dons. Les résultats sont appréciables. L’angoisse et la peur ont fait place à l’espoir pour ces milliers de sinistrés même si quelques difficultés demeurent.

En ce jour commémoratif du premier anniversaire de l’appel à la solidarité nationale et internationale du 7 septembre 2009, je voudrais au nom du Président du Faso exprimer ma sincère gratitude aux burkinabé de l’intérieur comme de l’extérieur, aux communautés étrangères vivant au Burkina Faso, aux pays amis du Burkina, aux partenaires techniques et financiers, à la communauté internationale, en un mot à tous les donateurs pour cette marque de confiance, de générosité et de solidarité.

Je tiens également à adresser mes félicitations à tous les acteurs qui on œuvré avec diligence, professionnalisme, efficacité et intégrité à la gestion de cette crise.

Mesdames et Messieurs,

Les réalités des changements climatiques et du réchauffement de la planète, nous imposent des comportements nouveaux et une veille constante. La présente saison hivernale a aussi occasionné des catastrophes naturelles. En effet, à la date du 31 juillet 2010, des catastrophes naturelles dues aux inondations ont encore été enregistrées dans les régions du Sahel, du Centre-Nord, de l’Est, du Plateau Central et des Hauts Bassins occasionnant 16 pertes en vie humaine, 105 481 personnes sinistrées et d’importants dégâts matériels. L’ensemble des besoins évalué pour cette période est estimé à plus de 4,5 milliards de francs CFA et l’estimation globale des besoins d’assistance et de relèvement-reconstruction du plan de réponse d’urgence aux inondations au cours de cette période hivernale 2010 est estimée à 9,3 milliards de francs.

Au regard de la récurrence et de la gravité des catastrophes, le gouvernement a pris toutes les mesures et moyens nécessaires pour assurer la prévention et la gestion efficace des catastrophes au Burkina Faso. C’est le lieu pour moi d’inviter encore une fois, les populations à respecter les instructions du gouvernement et à s’abstenir de construire ou d’habiter dans les zones à hauts risques.

En cette cérémonie solennelle de solidarité et de gratitude, je voudrais exprimer aux familles endeuillées ma profonde compassion.

Terminant mon propos, je voudrais vous rassurer de la disponibilité constante du gouvernement et remercier les partenaires et les amis du Burkina qui ont commencé à se mobiliser pour nous apporter encore leur soutien en réponse à ces nouvelles inondations. Mes remerciements vont également à l’ensemble des acteurs et à toutes les populations des zones urbaines et rurales qui se sont mobilisés au cours de ces évènements pour donner tout son sens à la fraternité et à la solidarité.

Merci à toutes et à tous.

Que Dieu Bénisse chacun de vous pour vos bonnes œuvres et qu’il bénisse le Burkina Faso.

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