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Discours à l’ouverture de la 10e rencontre Gouvernement/Secteur privé

lundi 19 juillet 2010

DISCOURS D’OUVERTURE DE SON EXCELLENCE
MONSIEUR TERTIUS ZONGO,
PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT

A

L’OCCASION DE LA 10ème RENCONTRE GOUVERNEMENT/SECTEUR PRIVE

Bobo-Dioulasso 19 juillet 2010

• Monsieur le Gouverneur de la Région des Hauts Bassins ;

• Monsieur le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso ;

• Mesdames et Messieurs de la communauté des affaires ;

• Mesdames et Messieurs ;

Je voudrais avant tout propos, exprimer au nom de tous les participants à cette dixième rencontre Gouvernement/Secteur Privé, toute ma reconnaissance aux autorités administratives, politiques, coutumières et religieuses de la ville de Sya, pour leur disponibilité renouvelée et leur accueil bien fraternel. Nous sommes heureux de constater les grandes mutations qui s’opèrent dans cette belle cité cosmopolite de Bobo-Dioulasso, dans la perspective de la célébration du cinquantenaire de l’indépendance de notre pays. Il s’agit d’un évènement historique majeur qui interpelle tous les Burkinabè à une profonde introspection en vue de jeter les bases d’un nouvel élan collectif, pour le développement durable du Burkina Faso. Je ne m’autorise aucun doute sur les capacités de cette ville à prêter un cadre propice et fécond à la réflexion tout au long des festivités marquant ce cinquantenaire.

C’est aussi dans le cadre de cette réflexion prospective que je voudrais inscrire cette dixième rencontre qui a choisi d’organiser ses travaux autour d’une préoccupation majeure à savoir : « Etat des lieux de l’investissement privé au Burkina Faso, quelles stratégies de relance ? » Vous vous souviendrez du reste que le Président du Faso, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, l’avait déjà exprimée à juste titre dans son discours inaugural du port sec de Bobo-Dioulasso, le 22 janvier 2010, je cite : « … Le défi à relever consiste à préparer les acteurs du secteur privé pour la formulation et la conduite de projets à même d’accroître les performances du monde des affaires… C’est pourquoi, j’invite le Gouvernement à œuvrer résolument pour une meilleure adaptation du cadre juridique et institutionnel aux mutations de l’environnement économique international, à offrir au secteur privé et à la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso, les appuis indispensables à la promotion de leurs activités » fin de citation.
Le Président du Faso, croit en la force du secteur privé comme centre d’impulsion de la croissance et du développement mais plus encore, aux pôles de croissance et de compétitivité, comme Bobo-Dioulasso, pour leurs effets d’entrainement et de propagation du progrès.

Mesdames et Messieurs,
Honorables invités,

Le dernier semestre de l’année 2010 est chargé d’évènements et de nombreuses sollicitations. Aussi, voudrais-je saluer la tenue effective de cette grande rencontre qui se veut le couronnement d’un processus marqué par des rencontres sectorielles et thématiques.

A cet effet, je tiens à adresser mes félicitations à Messieurs El Hadj Oumarou KANAZOE et El Hadj Dianguinaba BARRO, pour leur engagement personnel à l’organisation de la présente rencontre. J’y associe bien sûr, les membres du comité d’organisation et toutes les personnes ressources qui ont accepté de mettre à contribution leurs efforts physiques et intellectuels.

Les innovations apportées cette année telles que la tenue des Journées de l’Entreprenariat Burkinabè qui, à travers les business fora, la Bourse de projets et la Nuit du Mérite, ont contribué à donner une autre dimension et un cachet particulier à notre dixième rencontre.

Mesdames et Messieurs,
Honorables invités,

Notre réunion de dialogue politique se tient, contrairement à celle de l’année précédente, sous de meilleurs auspices. L’environnement international se caractérise d’une part, par une reprise de l’activité économique et d’autre part, par une remontée des cours mondiaux des produits de base. Selon les projections du Fonds Monétaire International (FMI), la croissance mondiale s’établirait à 4,2 % à fin 2010 après une contraction de 0,6% en 2009. Toutefois, la zone Euro connaitrait une croissance de l’ordre de 1%. Le Produit Intérieur Brut de la zone UEMOA s’améliorerait de 0,9% pour se situer a à 3,7%. L’économie burkinabé bénéficie de cette embellie. La croissance attendue est de l’ordre de 5,2 % contre 3,2 % en 2009 soit un gain de 2 points.

L’ambition du Président du Faso, telle que reflétée dans son programme politique : « Le progrès continu pour une société d’espérance », est de faire du Burkina Faso un pays émergent et compétitif.

Aussi, sommes-nous enclins à nous interroger constamment sur les origines de la croissance de notre économie. Il ne souffre d’aucun doute que les croissances durables sont engendrées par la capacité endogène d’investissement mais aussi et surtout par le degré d’attractivité de l’environnement des affaires pour les nouveaux investissements, notamment étrangers.

C’est vrai qu’en matière d’amélioration du cadre des affaires, le Gouvernement a consenti d’importants efforts pour promouvoir l’investissement en l’occurrence, privé, comme l’illustre la dernière classification du Burkina Faso selon le rapport « Doing Business » 2010, de la Société Financière Internationale : premier réformateur dans la zone UEMOA et OHADA et 22ème en Afrique au sud du Sahara. Par ailleurs, la stabilité politique, la paix et la cohésion sociale dont jouit le pays, constituent en elles-mêmes une force d’appel et de sécurisation des investissements privés.

D’une manière générale, il y a bien des motifs de satisfaction quand on sait qu’à la faveur de l’ensemble de ces mesures, la tendance d’évolution des taux d’investissement s’est nettement inversée ces cinq (05) dernières années, au profit du privé. A contrario, elles n’ont pas été accompagnées d’importants flux d’investissements directs étrangers. Entre 2004 et 2008, le Burkina Faso a reçu un flux global d’investissements étrangers de 259,4 Milliards FCFA soit 52 Milliards FCFA par an et correspondant en moyenne à 1,6 % du PIB nominal. Quoiqu’on dise, cette allure est aussi conforme à celle de la zone UEMOA. Dans tous les cas, ces investissements sont essentiellement concentrés dans les télécommunications (74,1 %), les industries extractives et les services au détriment des industries de transformation, sources de création d’une valeur ajoutée substantielle et susceptible de soutenir durablement la croissance.

Il est donc grand temps que nous nous posons les bonnes questions et que nous sortons résolument des sentiers battus pour imaginer et déterminer les mesures et stratégies qui conviennent afin d’impulser davantage l’investissement privé au Burkina Faso.

J’apprécie la qualité du rapport de base de cette rencontre et la force et la pertinence des propositions qui y sont faites par le consultant mis à contribution. Je voudrais ici relever sa perspicacité et son professionnalisme.

Toutefois, à ce stade de mon intervention, je voudrais faire quelques observations :

-  La première a trait à la faiblesse du dynamisme interne du secteur privé, sans nul doute lié à sa structuration. Par ailleurs, la culture du partenariat n’est guère la chose la mieux partagée alors que pour faire face à la compétition qui s’exacerbe, les entreprises sont de plus en plus enclines à une communion de ressources financières, matérielles et immatérielles et à développer un réseau de partenariat avec l’extérieur. Il est aujourd’hui impératif pour le secteur privé burkinabé, de se doter d’une vision et d’une stratégie opérationnelle pour préserver et consolider sa place ;

-  La deuxième observation est relative au fait que le Gouvernement a une claire conscience que le système fiscal actuel ne peut donner réelle satisfaction quant à ses objectifs principaux qui sont :

1- Assurer un niveau de recettes fiscales nécessaires au bon fonctionnement de l’Etat, la pression fiscale actuelle malgré des efforts, reste encore en deçà de la norme communautaire ;

2- Promouvoir les infrastructures de soutien à l’investissement et à la production ;

3- Contribuer au maintien d’un cadre macroéconomique sain et au renforcement de la crédibilité financière de l’Etat.

C’est pourquoi, il a adopté un document cadre de réforme fiscale en fin 2008 et soumis à l’Assemblée Nationale un projet de loi y relatif qui a été adoptée en Janvier 2010. Ce document est l’expression d’une volonté claire de simplifier la fiscalité d’entreprise, de rationaliser les incitations fiscales et d’améliorer la gestion de l’impôt ;

-  La troisième est relative à l’urgence de procéder à la relecture du code des investissements afin de renforcer la base légale de la politique d’ouverture aux investissements étrangers directs ;

-  La quatrième porte sur le rôle de la justice. Un centre d’arbitrage, de médiation et de conciliation (CAMCO) a été créé en 2007 auprès de la Chambre de Commerce et d’Industrie à Ouagadougou, dans le but d’améliorer et d’accélérer les procédures de règlement commerciaux. Des tribunaux de commerce ont également été créés en 2009, à Ouagadougou et à Bobo-Dioulasso. La mise en place de l’ensemble de ce dispositif devrait être complétée par le renforcement des compétences des juges en matière commerciale. Dans le domaine de la lutte contre la corruption, les efforts seront poursuivis et une réflexion est engagée pour la relecture de la politique nationale de lutte contre la corruption et son programme d’actions ;

-  La cinquième observation concerne les aspects institutionnels de coordination et de promotion de l’investissement. La plus récente structure, le Conseil présidentiel pour l’investissement, a été crée en décembre 2007. Sa mission est d’organiser la réflexion et de formuler des recommandations sur les questions se rapportant à la promotion et au développement des investissements privés, publics, nationaux et étrangers. Chemin faisant, il s’avère nécessaire de rechercher plus de synergie et de cohérence par la création d’une Agence Nationale de Promotion des Investissements (ANPI) devant être l’élément central et fédérateur des efforts de promotion, d’attraction et de suivi des investissements nationaux et étrangers directs ;

-  La sixième observation concerne les initiatives déjà développées par le Gouvernement pour mettre à exécution l’approche partenariat public privé (PPP). Certes, il s’agit d’un processus complexe qui a des exigences au nombre desquelles : l’existence d’un cadre stratégique précis, d’un système juridique qui garantit l’effectivité et le caractère exécutoire des contrats, d’un plan d’investissement à long terme, et d’un cadre opérationnel au sein de l’administration en vue d’assurer la gestion efficace du processus. Toutefois, l’approche comporte un double avantage, celui d’assurer un partage des coûts et celui d’offrir plusieurs opportunités de financement aux projets et programmes.

-  Enfin, la septième observation est relative à l’optimisation de la mise à profit des gains liés à l’intégration régionale. Cadre d’émulation des entreprises nationales, l’espace communautaire est aussi un lieu pour tisser des relations de partenariat, pour élaborer des projets communs qui emportent l’adhésion des partenaires financiers. Du reste, la tendance actuelle de mobilisation des ressources est orientée vers les projets communautaires publics et privés. En outre, l’UEMOA dispose d’instruments financiers insuffisamment explorés par les entreprises burkinabè. La position du Burkina Faso au centre de la zone UEMOA est un avantage certain et un argument de poids à mettre à profit pour la promotion de notre pays comme destination pour les investisseurs étrangers.

Mesdames et Messieurs les représentants du secteur privé,

En choisissant de réfléchir ensemble au cours de la présente rencontre sur ce thème, à l’heure où les turbulences économiques n’épargnent aucune région du monde, le Gouvernement et le Secteur Privé convergent vers une vision commune, celle d’édifier une économie ouverte, compétitive et concurrentielle.

Le Gouvernement, dans son rôle de régulation, continuera à œuvrer au renforcement du cadre des affaires et à développer des initiatives destinées à donner davantage d’opportunités au secteur privé.
J’ai foi en la qualité des discussions que nous entamerons et en la pertinence des résolutions et recommandations qui en sortiront. J’ai également la conviction qu’à l’instar des précédentes, la présente rencontre sera empreinte de franchise et de courtoisie dans les échanges mais surtout de réalisme dans les propositions.

En tout état de cause, nous devons garder à l’esprit que la rencontre Gouvernement/Secteur Privé est un espace de dialogue et de concertation, un creuset de réflexion et de fédération de nos énergies pour le développement économique de notre pays.

Je ne saurai terminer sans réitérer encore une fois, ma satisfaction et toute ma reconnaissance aux Autorités administratives et politiques de la Région des Hauts Bassins et aux populations de la ville de Bobo-Dioulasso pour leur constante disponibilité et pour les efforts remarquables qu’elles consentent chaque année, pour nous assurer un accueil chaleureux et pour créer des conditions propices à la réussite de notre concertation.

En vous souhaitant un séjour agréable dans cette belle ville de Sya, chargée d’histoire et en formant des vœux pour le succès de nos travaux, je déclare ouverte la dixième rencontre Gouvernement/Secteur Privé.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

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