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Session extraordinaire du Conseil national de prospective et de planification stratégique : Discours de d’ouverture de Son excellence Monsieur le Premier ministre, chef du Gouvernement, Président du Conseil national

lundi 24 mai 2010

DISCOURS D’OUVERTURE DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT, PRESIDENT DU CONSEIL NATIONAL
DE PROSPECTIVE ET DE PLANIFICATION STRATEGIQUE

A LA SESSION EXTRAORDINAIRE DU CONSEIL NATIONAL DE PROSPECTIVE
ET DE PLANIFICATION STRATEGIQUE

DES 24 ET 25 MAI 2010

CONSACREE A LA VALIDATION DES ETUDES PROSPECTIVES
SUR LE COTON, L’ENERGIE ET LE VIH/SIDA

Ouagadougou, le 24 mai 2010

Mesdames et Messieurs les Présidents d’institution ;

Mesdames et Messieurs les membres du conseil national de la prospective et de la planification stratégique ;

Distingués invités ;

Mesdames et Messieurs ;

Je voudrais avant toute chose, souhaiter la bienvenue à vous tous et à vous toutes qui honorez de votre présence effective, la cérémonie d’ouverture de la présente session du conseil national de la prospective et de la planification stratégique (CNPPS), consacrée à l’examen des conclusions des études prospectives sectorielles sur le coton, l’énergie et le VIH/SIDA. Comme vous pouvez vous en apercevoir cette approche sectorielle a porté sur des domaines stratégiques de notre économie.

Le coton tout récemment encore, constituait la première source de devises pour notre pays et faisait vivre par voie de conséquence près de deux millions de burkinabé. La montée du Président du Faso en 2004, sur la scène internationale pour plaider pour un commerce plus équitable en faveur des pays producteurs notamment africains met bien en évidence, l’intérêt vital de cette spéculation.

La crise énergétique de ces dernières années est venue montrer la forte dépendance de notre économie de ce produit stratégique mais aussi l’inexistence d’alternatives immédiates.

La pandémie du VIH/SIDA frappe la tranche jeune et celle la plus active de notre population. L’inversion de la tendance observée au cours de la décennie écoulée ne nous autorise nullement de baisser la garde.

Sénèque, ce philosophe grec comme j’aime le rappeler en des circonstances comme celle-ci disait, je cite : « Le vent n’est favorable qu’à celui qui connait la direction du port » fin de citation. Mais surtout à celui qui se donne les moyens de voir loin. C’est du reste le sens étymologique du mot latin « Prospicere » aujourd’hui communément appelé prospective. C’est bien la finalité de l’exercice que vous avez mené une année durant. Il s’est agi, je m’en doute, d’un exercice intellectuel sans relâche mais exaltant.

Mesdames et Messieurs les experts, vous constituez une raison suffisante de fierté qui confirme mes propos lorsque j’affirmais dans le discours sur la situation de la Nation prononcé devant la Représentation nationale le 25 mars dernier, je cite : « Notre pays dispose d’une expertise excellente dans tous les domaines de politique publique et nous devrions abandonner le mauvais reflexe qui consiste à aller toujours chercher la lumière à l’autre bout du monde, alors qu’elle se trouve ici même à nos portes ! Nous n’avons pas à sous – estimer la valeur de nos cadres ! » fin de citation. Je voudrais ici, vous adresser mes vives félicitations pour les résultats auxquels vous êtes parvenus. Il s’agit d’une base importante de travail que vous mettez à la disposition du conseil.

Mesdames et Messieurs les membres du conseil national de la prospective et de la planification stratégique ;

La réflexion prospective, dont les principaux résultats vous sont soumis pour examen, replace la gestion des secteurs du coton, de l’énergie et du SIDA dans une perspective de long terme, et ce dans un contexte international souvent défavorable et permanemment incertain, du fait du jeu des acteurs de la gouvernance politique et économique mondiale, même s’il faut reconnaitre que les rênes de cette gouvernance peuvent leur échapper. La crise financière devenue rapidement économique l’atteste à suffisance ; mais plus encore, du fait des canaux rapides de transmission des effets pervers de la globalisation. Ne perdons pas de vue les lourds tributs liés aux changements climatiques. Oh, combien ils sont redoutés.

Les ambitions de croissance de notre fragile économie ont été comme vous en convenez, soumises à l’épreuve de l’iniquité du commerce international malgré la souscription de la communauté mondiale aux objectifs du millénaire pour le développement, pour un partenariat dynamique, une rémunération des produits commerciaux profitables à tous les pays. Cette épreuve a été rendue encore plus rude avec les sévères crises alimentaire, énergétique et économique sans oublier les catastrophes du 1er septembre 2009.

Fort heureusement chaque épreuve a renforcé notre solidarité et notre détermination. A l’occasion nous avons été souvent clairvoyants et encore plus imaginatifs. C’est pourquoi notre ambition désormais en matière de développement des filières agricoles, devrait être la satisfaction de nos besoins domestiques et la protection de nos producteurs contre les vicissitudes des marchés internationaux des matières premières ou des produits de base, par la transformation intégrale de nos matières premières et l’accroissement des valeurs ajoutées à l’exportation. S’agissant particulièrement du coton, des mesures s’imposent pour viabiliser cette filière pourvoyeuse d’emplois et de revenus pour les populations et qui demeure une contribution certaine pour le développement durable du pays.

L’augmentation insoutenable du cours des énergies fossiles crée d’énormes difficultés à notre économie nationale mais constitue aussi une opportunité à saisir pour la mise en valeur de nos ressources énergétiques endogènes. La dépendance énergétique du Burkina Faso et les difficultés à répondre à la demande, malgré les interconnexions avec la Côte d’Ivoire et le Ghana invitent à la réflexion pour un accès universel et sécurisé des populations et des opérateurs économiques à l’énergie.

Le Burkina Faso a souscrit aux objectifs du millénaire pour le développement (OMD) et a ratifié plusieurs conventions internationales notamment la déclaration de l’Assemblée Générale des Nations Unies sur le Sida en 2001, qui stipule que « la réalisation pleine et universelle des droits de l’homme et des libertés fondamentales est un élément essentiel de l’action mondiale contre l’épidémie de VIH/SIDA ; elle préserve de l’opprobre et de la discrimination qui en résultent à l’encontre des personnes vivant avec le VIH ou des personnes risquant de l’être ».

Le leadership assuré par le Président du Faso, la mobilisation sociale qui s’en est suivi et la disponibilité des partenaires techniques et financiers, ont permis de faire reculé la pandémie du VIH/SIDA. En effet, le taux de séroprévalence qui était de 7,2% en 1997 a été ramené à 1,8% ou 2% selon les sources. Nous sommes aujourd’hui dans une phase de stabilisation de l’évolution de la maladie. Le Président du Faso en décidant en décembre 2009 de la gratuité des ARV au Burkina Faso, a traduit la ferme volonté du Gouvernement d’intensifier la lutte contre cette maladie avilissante. Mais, force est de constater qu’il y a comme un essoufflement dans la mobilisation des ressources alors même que des prédictions crédibles, annoncent, à condition que les efforts se poursuivent, un taux de séroprévalence autour de l’unité en 2015, inscrivant ainsi notre pays sur la voie de l’éradication.

Ces différentes situations nous conduisent à plusieurs scénarios possibles. Quels sont les probables ? Quel comportement devons nous en avoir en terme de vision et de stratégie pour contrer les plus redoutés et favoriser l’avènement de ceux qui sont conformes à nos aspirations ?

Mesdames et Messieurs les membres du conseil national de la prospective et de la planification ;

Autant de questions justifiées bien sûr. Mais en la matière, je relève que les travaux des experts sont suffisamment exhaustifs. Ils donnent des réponses ou des ébauches. Il vous revient d’en juger la pertinence ou de proposer des alternatives.

Le parterre de compétences que vous constituez et la riche diversité de vos sensibilités ne m’autorisent pas à douter de la qualité des conclusions de travaux de la présente session. Je souhaite que vos échanges soient riches et sincères. Ce qui importe ne l’oubliez jamais, c’est que les différents choix participent de la réalisation d’une part, de la vision « le Burkina Faso, une Nation solidaire, de progrès et de justice respectée sur le plan international » telle que définie dans l’étude prospective « BURKINA 2025 » et d’autre part, du pari chaque fois renouvelé du Président du Faso son Excellence Blaise COMPAORE, de faire du Burkina, un pays émergent.

Comme vous tous en doutez, le Gouvernement accordera la plus grande attention aux conclusions de vos travaux qui devront alimenter le processus de formulation de la stratégie de croissance accélérée et de développement durable (SCADD) mais aussi et de manière spécifique l’élaboration du cadre stratégique de lutte contre le VIH SIDA et les IST pour la période 2011 – 2015.

La SCADD, dois-je encore insister est le bras d’opérationnalisation du document d’orientation stratégique (DOS) élaboré suite à « Burkina 2025 ». Tout en mettant au centre de ses préoccupations, la réduction de la pauvreté monétaire et humaine, en clair la satisfaction des besoins de base, le SCADD, je m’en doute privilégiera l’approche « pôle de croissance et de compétitivité » à même de créer les conditions réelles d’un développement durable et équitable. Le coton et l’énergie en constituent assurément des centres d’intérêts.

Je demeure convaincu que votre examen critique et objectif de ces rapports soumis à votre attention, parachèvera le travail des experts et offrira au Gouvernement un cadre prospectif d’orientation de sa politique dans ces trois secteurs au cours du prochain quart de siècle.

Tout en souhaitant plein succès à vos travaux, je déclare ouverte la Session extraordinaire du Conseil national de prospective et de planification stratégique, consacrée à la validation des études prospectives sur le Coton, l’Energie et le SIDA au Burkina Faso.

Je vous remercie.

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