La région du Sahel composée des provinces du Séno, de l’Oudalan, du Soum et du Yagha connaît, en raison des pesanteurs socioculturelles, le taux d’alphabétisation le plus bas au Burkina. En 2007, ce taux était de 43,63% contre 66,5% au plan national. C’est tout naturellement dans l’enthousiasme que les autorités régionales ont accueilli la réalisation de cette école dont l’inscription figure dans le programme quinquennal du Président du Faso.
Pour relever ce défi de l’alphabétisation, le gouverneur Eloi Bambara et le maire de Dori Hama Arba Diallo ont chacun, interpellé les parents à inscrire massivement leurs enfants et à les maintenir à l’école. Le gouverneur, qui a indiqué que la construction de l’ENEP constituait un défi pour la région, a néanmoins souligné l’évolution notable ces dernières années de l’offre éducative au Sahel.
En prononçant le discours de lancement, le ministre de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation s’est également réjouit de l’aboutissement heureux du financement de la construction de cette école, qui découle de l’engagement personnel du Chef de l’Etat et qui confirme le dynamisme de la coopération entre le Burkina et le Japon. Odile Bonkoungou a relevé la participation qualitative des ENEP au développement de l’éducation de base. Celle de Dori dont les travaux vont s’achever en mai 2011, aura une capacité d’accueil de 600 enseignants à former par an. Elle permettra au ministère de rehausser le quota annuel d’enseignants formés dans les autres ENEP (3000 actuellement) à Loumbila, Bobo-Dioulasso, Fada N’gourma, Ouahigouya et Gaoua.
Pour l’ambassadeur du Japon Son Excellence Sugiura Tsutomu, ce soutien s’explique par le fait que son pays et le Burkina partagent les mêmes préoccupations dans le domaine de l’éducation de base. Félicitant le gouvernement pour les efforts fournis en matière d’alphabétisation, le diplomate a indiqué que le Japon accordera la priorité de son aide à l’éducation tout en poursuivant la coopération économique.
Dans le prolongement de la pose de la première pierre de l’ENEP de Dori, le Premier ministre a visité des locaux nouvellement construits d’un centre de formation professionnelle non formelle situé à quelques kilomètres de la ville. Ce centre entre dans le cadre du projet EFORD (Education, Formation pour un Développement endogène) qui vise à rendre l’apprenant apte à créer et gérer une entreprise économiquement viable, financièrement rentable et écologiquement positive dans les domaines de l’agriculture, l’agroforesterie, l’élevage, la médecine traditionnelle, l’artisanat, le tourisme, le matériel roulant et les matériaux de construction. Le centre est composé de salles de classes, de dortoirs, d’un bloc administratif et d’espaces de travail. Il est financé par la Coopération autrichienne, l’ambassade du Danemark et la Coopération suisse et entend travailler en partenariat avec le ministère de l’Enseignement de base et de l’Alphabétisation.
Avant de regagner Ouagadougou, le Chef du gouvernement s’est rendu sur le chantier de construction de la route Dori-Seytenga-frontière du Niger dont il avait lancé les travaux le 22 janvier 2009. L’état d’avancement des travaux prévus pour durer quinze mois, n’a pas été jugé satisfaisant. Selon les techniciens présents sur les lieux, le retard pris par le projet dans sa phase administrative explique cette situation. Face au Premier ministre, ils se sont néanmoins engagés à livrer une infrastructure de qualité au plus tard en fin 2010.
