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Discours à l’ouverture des 2e Etats généraux de la santé

vendredi 19 février 2010

DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR TERTIUS ZONGO,
PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT

A L’OCCASION DES DEUXIEMES ETATS GENERAUX DE LA SANTE

Ouagadougou, le 18 février 2010

Avant tout propos, je souhaite la bienvenue à tous ceux qui ont effectué le déplacement de Ouagadougou pour participer aux deuxièmes Etats généraux de la santé, qui constituent un événement important dans le cadre de la politique de concertation permanente prônée par le gouvernement.

C’est l’occasion pour moi de réitérer mes remerciements à nos partenaires techniques et financiers pour leur présence à nos côtés et leur accompagnement dans la mise en œuvre des politiques publiques. Cette présence, ce matin, montre tout l’intérêt accordé à la valorisation du capital humain, premier axe du programme quinquennal du Président, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, « le progrès continu pour une société d’espérance ».

 Mesdames et Messieurs,

Le processus participatif et inclusif sur les questions de portée nationale est une tradition au Burkina Faso. C’est pourquoi en juin 1999, les premiers Etats généraux de la santé avaient été organisés autour du thème central : « tous pour un système de santé performant » en prélude à l’élaboration de la politique sanitaire nationale et du Plan national de développement sanitaire 2001-2010.

La santé est un facteur sans lequel aucun développement durable n’est possible. Elle n’a pas de prix a-t-on coutume de dire, elle a un coût. C’est une richesse que tout être humain aspire à posséder. Cela nécessite d’énormes sacrifices de la part des professionnels de la santé, des gouvernements, des partenaires au développement, du secteur privé, de la société civile et des populations.

Pour que les actions en matière de santé impliquent tous les acteurs et profitent à tous, il est nécessaire d’une part, d’évaluer périodiquement les politiques publiques mises en œuvre, et d’autre part, d’organiser des foras de concertation dans le but d’assurer un consensus autour des principales orientations et des stratégies à dégager pour l’avenir.

L’organisation de ces deuxièmes Etats généraux de la santé s’inscrit dans le cadre de la révision de la politique sanitaire nationale et de l’élaboration du plan national de développement sanitaire 2011-2020. En outre, ces Etats généraux de la santé se tiennent au moment où s’élabore la stratégie de croissance accélérée et de développement durable 2011-2015, mais aussi dans un contexte post inondations suite à la pluie diluvienne du 1er septembre 2009 qui s’est abattue sur certaines régions du Burkina Faso et particulièrement sur la ville de Ouagadougou et ses environs. Ces inondations, faut-il le rappeler, par leur ampleur ont occasionné des dégâts importants. Dans le secteur de la santé, elles ont mis à rude épreuve le système de santé et révélé la fragilité de l’organisation de l’offre de soins en milieu urbain dans les situations d’urgence et l’impérieuse nécessité de réorganiser le système de santé dans les villes de Bobo Dioulasso et de Ouagadougou pour une meilleure prise en charge des patients.

C’est l’occasion pour moi, une fois de plus, de traduire la reconnaissance du gouvernement et du peuple tout entier à tous ceux qui ont répondu à l’appel lancé par le Président du Faso en manifestant leur solidarité par des contributions multiformes pour aider les familles sinistrées.

 Mesdames et Messieurs,

Les présents Etats généraux de la santé se fixent comme objectifs :

-  Premièrement, de mettre tous les acteurs de la santé au même niveau d’information sur la situation récente du secteur de la santé ;

-  Deuxièmement, d’identifier les problèmes prioritaires susceptibles d’entraver les performances du secteur de la santé ;

-  Troisièmement, de dégager des stratégies efficaces pour accélérer la mise en œuvre des Objectifs du millénaire pour le développement liés à la santé notamment dans le domaine de la réduction de la mortalité maternelle et infanto-juvénile.

 Mesdames et Messieurs,

Dix ans après les premiers Etats généraux de la santé, quel bilan peut-on faire ? Des résultats positifs ont été enregistrés dans le secteur de la santé grâce aux efforts consentis par le gouvernement avec l’appui de ses partenaires. Les quelques réalisations sont révélatrices de ces efforts.

Dans le domaine de l’accroissement de la couverture sanitaire nationale, la construction et l’équipement des infrastructures sanitaires de base ont permis d’augmenter la capacité d’offre de soins de qualité et d’améliorer l’accessibilité géographique des populations aux services de santé. Le rayon moyen d’action théorique est passé de 9,37 km en 2000 à 7,52 km en 2008. A terme, il s’agira de ramener ce rayon moyen d’action à 5 km.

C’est ainsi que sur la période, ont été construits :

-  cinq cent soixante dix huit (578) centres de santé et de promotion sociale ;

-  douze (12) centres médicaux avec antenne chirurgicale ;

-  les centres hospitaliers régionaux de Kaya et de Banfora sur de nouveaux sites ;

-  le centre hospitalier universitaire pédiatrique de Ouagadougou.

En outre, sont actuellement en cours de construction :

-  trente (30) centres de santé et de promotion sociale ;

-  un (01) centre médical avec antenne chirurgicale ;

-  la clinique d’excellence de Bobo Dioulasso ;

-  les centres hospitaliers de Ouahigouya et de Tenkodogo sur de nouveaux sites ;

-  le centre hospitalier universitaire moderne de 600 lits de Tengandogo.

Dans le domaine de l’utilisation des services de santé, le nombre de contact par habitant et par an est passé de 0,20 en 2000 à 0,49 en 2008.

Sur le plan du renforcement de la lutte contre les maladies transmissibles et non transmissibles, la couverture vaccinale de tous les antigènes chez les enfants de moins d’un an s’est améliorée. Ainsi, la couverture en BCG est passée de 79% en 2000 à 112,44% en 2008. Pour la rougeole, le taux de couverture est passé de 65% en 2001 à 100,74% en 2008.

Depuis 2006, les vaccins contre l’hépatite B et l’hémophilus influenzae ont été introduits dans la vaccination de routine. Le taux de couverture du penta3 est de 106,92% en 2008.

Le taux d’accouchements assistés par du personnel qualifié est passé de 36,09% en 2000 à 65,19% en 2008.

La prévalence contraceptive est passée de 12,60% en 2001 à 27,92% en 2008.

En matière de lutte contre le VIH/SIDA, le nombre de personnes sous traitement antirétroviral est passé de 1 514 en 2003 à 25 113 au 30 septembre 2009. Le taux de prévalence est passé de 7,17% en 1999 à 1,6% en 2008.

En ce qui concerne les ressources humaines en santé, les effectifs sont passés de plus de neuf mille agents toutes catégories confondues en 2001 à plus de dix neuf mille en 2009.

S’agissant de l’accessibilité financière des populations aux services de santé, le gouvernement, conscient du rôle du capital humain dans le développement durable, a pris des mesures de lutte contre la pauvreté ces dernières années parmi lesquelles :

-  la subvention des accouchements et des soins obstétricaux et néonataux d’urgence ;

-  la prise en charge gratuite des cas de paludisme grave chez les enfants de moins de cinq ans et les femmes enceintes dans les formations sanitaires publiques et la distribution gratuite des moustiquaires imprégnées de longue durée d’action à leur profit ;

-  la subvention des produits contraceptifs ;

-  la gratuité des soins préventifs (vaccination, consultations prénatales) ;

-  la baisse progressive du prix des ARV et la gratuité du traitement pour compter du 1er janvier 2010, suite à la décision du président du Faso, à l’occasion des vœux du nouvel an à la nation, le 31 décembre 2009 ;

-  la prise en charge gratuite des cas de tuberculose et de lèpre ;

-  la prise en charge gratuite des cas en situation d’épidémie.

Au regard de ces résultats, la plupart des différents indicateurs traceurs de suivi de la mise en œuvre du Plan national de développement sanitaire ont été atteints, voire dépassés avant l’échéance de 2010.

Malgré les performances enregistrées, force est de reconnaître que notre système national de santé présente des insuffisances parmi lesquelles :

-  la faible qualité des soins ;

-  l’insuffisance en quantité et en qualité des ressources humaines et leur mauvaise répartition ;

-  la disponibilité insuffisante des spécialistes au niveau des hôpitaux pour la prise en charge des urgences laissant les stagiaires internés gérer les malades en détresse ;

-  la persistance de disparités intra régionales et intra districts en termes d’accessibilité géographique des formations sanitaires publiques, contribuant ainsi à créer des inégalités en matière de couverture sanitaire ;

-  le faible développement du sous secteur sanitaire privé ;

-  l’existence de districts sanitaires sans infrastructures administrative et sanitaire de référence ;

-  le faible développement de la recherche pour la santé ;

-  l’absence d’un système national d’assurance maladie et le faible développement des autres mécanismes de partage de risques maladie, tels que les mutuelles de santé ;

-  le faible lien entre le niveau d’allocation des ressources et les performances réalisés ou attendus ;

-  le coût élevé des dépenses de santé supportées par les ménages ;

-  l’insuffisance d’organisation de l’offre de soins au niveau urbain et des hôpitaux ;

-  l’insuffisance de collaboration intersectorielle pour la résolution des problèmes de santé à caractère transversal.

D’autres défis importants sont à relever dans l’immédiat tels que :

-  la reconstruction du centre hospitalier universitaire Yalgado OUEDRAOGO, suite aux inondations du 1er septembre 2009 ;

-  la réorganisation du système de santé dans les villes de Bobo Dioulasso et de Ouagadougou avec le redécoupage des communes de ces localités en arrondissements afin de relever les plateaux techniques des formations sanitaires ;

-  le financement de la santé ;

-  le renforcement de la gouvernance sectorielle ;

-  la revue sectorielle pour renforcer le dialogue de politique et aussi l’efficacité de la dépense publique ;

 Mesdames et Messieurs,

En 2000, la communauté internationale, en vue d’accélérer le développement humain durable a adopté les objectifs du millénaire pour le développement dont ceux liés à la santé, et fixé l’échéance à 2015. Deux de ces objectifs sont en rapport avec le thème central des présentes assises. Ce sont :

-  Premièrement, réduire de 2/3 la mortalité infantile ;

-  Deuxièmement, réduire de ¾ la mortalité maternelle.

A six ans de la date butoir, quel est le niveau d’atteinte de ces objectifs ?

Le taux de mortalité infanto-juvénile est passé de 219 pour mille en 1993 à 187 pour mille en 2003 selon l’EDS et à 141 pour mille selon le Recensement général de la population et de l’habitation, 2006.

La mortalité infantile continue de baisser au niveau mondial. En 2008, selon l’Organisation mondiale de la santé, le nombre total de décès d’enfants dans le monde est de 8,8 millions ; ce qui correspondant à une diminution de 30% par rapport à l’estimation de 12,5 millions de décès en 1990. Le taux de mortalité des moins de cinq ans a été estimé à 65 pour mille naissances vivantes.

Au Burkina Faso, en 2008, la létalité palustre dans les formations sanitaires des enfants de moins de cinq ans est de 3,69%.

Le ratio de mortalité maternelle qui était de 566 décès pour 100 000 naissances vivantes en 1993 est passé à 484 en 2003 et à 307 en 2006 selon les mêmes sources. En 2008, le nombre de décès maternel dans le monde est estimé à environ 500 000 dont 99% pour les pays en développement. Au Burkina Faso, la mortalité maternelle intra-hospitalière enregistrée en 2008 dans les districts sanitaires est de 368 décès.

Au rythme actuel, de façon objective, pour être au rendez-vous de 2015 nous devons entreprendre des actions vigoureuses avec des mesures d’accompagnement appropriées.

Le thème de ces deuxièmes Etats généraux de la santé « comment relever le défi de la réduction de la mortalité maternelle et infanto-juvénile » est pertinent et d’actualité.

 Mesdames et Messieurs,

En choisissant ce thème, le gouvernement traduit sa volonté de mettre un accent particulier sur la santé de la mère et de l’enfant, en tant que groupe vulnérable.

Des femmes en voulant donner la vie et contribuer à perpétrer l’humanité la perdent dans des conditions déplorables. Cette situation inadmissible nous interpelle pour un sursaut individuel et collectif. C’est pourquoi, je salue les leaders politiques, coutumiers et religieux qui se sont engagés pour mobiliser leur communauté en faveur de la santé de la mère et du nouveau-né en réponse à l’appel de YAKO de Madame Chantal COMPAORE, épouse du Chef de l’Etat.

Pour sa part, le gouvernement, dans le souci de contribuer à réduire la mortalité maternelle et infantile, s’est engagé depuis 2006 à subventionner à 80 % les accouchements et les soins obstétricaux et néonataux d’urgence (SONU) dans les formations sanitaires publiques. La dotation au titre du budget de l’Etat est de plus de un milliard cinq cent millions (1 500 000 000) de F CFA par an.

En outre, pour atténuer les conséquences de la crise économique et financière sur les dépenses des ménages, le gouvernement a mis en place un programme de filets sociaux de sécurité.

Ainsi, pour renforcer la stratégie de subvention des accouchements et des SONU, une enveloppe supplémentaire de deux milliards de FCFA a été allouée en 2009 et plus de deux milliards sept cents en 2010.

Au plan technique, le gouvernement pour contribuer à la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement a élaborer un plan d’accélération pour la réduction de la mortalité maternelle, 2006-2015. Il a également défini des interventions à gain rapide tout en mettant en place une stratégie de mise en œuvre intégrée en la matière pour guider la planification annuelle dans le secteur. De plus, il a développé l’approche de contractualisation avec une plein participation de la société civile en vu d’accélérer l’atteinte des OMD.

 Mesdames et Messieurs,

Trois jours durant, vous échangerez sur :

-  les insuffisances et les performances du secteur de la santé, ces dix dernières années ;

-  la stratégie pour la réduction de la mortalité maternelle et infanto-juvénile ;

-  les réformes en cours dans le secteur de la santé ;

-  et bien d’autres sujets pouvant contribuer à l’amélioration de la performance du système national de santé.

Les fruits de vos échanges seront judicieusement exploités lors de l’écriture du Plan national de développement sanitaire 2011-2020.

Sans présager des résultats auxquels vous parviendrez, j’exhorte tous les participants à des échanges francs et constructifs en vue :

-  d’identifier les principaux goulots d’étranglement à notre système national de santé ;

-  de proposer des stratégies pertinentes ;

-  et de faire des recommandations réalistes et réalisables pour qu’ensemble nous progressions résolument vers la réalisation des objectifs du millénaire pour le développement liés à la santé à l’horizon 2015.

C’est sur cette note d’espoir que je déclare ouverts les deuxièmes Etats généraux de la santé.

Je vous remercie.

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