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Atelier national sur : « La coopération judiciaire et policière dans la lutte contre la grande criminalité »

mardi 28 avril 2009

Discours d’ouverture de Son Excellence Monsieur le Premier ministre, chef du gouvernement A l’atelier national sur : « La coopération judiciaire et policière dans la lutte contre la grande criminalité »

Mardi 28 avril 2009

Mesdames et Messieurs les Séminaristes ;

Honorables invités ;

Mesdames et Messieurs ;

L’importance et l’actualité du thème justifient nul doute votre grande mobilisation ce matin, à la présente cérémonie. Je voudrais vous en féliciter.

En effet, depuis quelques années, la question de la sécurité des personnes et des biens prend une dimension particulière dans notre pays. Le phénomène de la grande criminalité sévissant dans certains pays voisins, est devenu transfrontalier. Le Burkina Faso connaît aujourd’hui et assez fréquemment des cas d’attaques à mains armées, souvent accompagnées de pertes en vies humaines. Les auteurs de ces faits criminels n’hésitant plus à faire usage de leurs armes à feu, même en dehors de toute menace contre eux.

Cette forme de criminalité, si elle n’est pas rapidement éradiquée, sapera à coup sûr tous nos efforts de développement, en même temps qu’elle portera un coup sévère à la stabilité intérieure dont jouit notre pays.

Pour ce faire, il importe que nous mettions en place une politique pénale sûre et efficace, à même d’assurer tant la prévention des phénomènes criminogènes, que la poursuite et la répression des faits et actes criminels. Mais, et vous en conviendrez très certainement avec moi, il est illusoire de penser et appliquer une politique pénale efficace, sans une bonne collaboration entre tous les acteurs de la chaine pénale, notamment entre les agents et officiers de police judiciaire et les animateurs de la justice stricto sensu que sont les magistrats.

A propos de cette nécessaire complémentarité, le philosophe Blaise PASCAL n’écrivait-il pas, je cite : « La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique » Fin de citation.

Or, le tableau qui s’offre à nous sur le terrain est loin d’être reluisant. Au quotidien, nous constatons surtout entre les principaux acteurs de la méfiance, sinon, une défiance réciproque. Non seulement les actions se mènent parfois sans aucune concertation, mais aussi les communications sont réduites aux seuls aspects formels, et j’en passe.

Il s’agit là de constats qui profitent surtout aux délinquants, qui exploitent la mésintelligence entre structures pour perfectionner leurs méthodes, et opérer en toute impunité, au grand dam de nos valeureuses populations qui, chaque jour se demandent si l’état est encore en mesure de leur assurer sécurité et protection.

Mesdames et Messieurs les Magistrats et Officiers de Police judiciaire ;

La sécurité et la protection civile font partie intégrante du corpus des droits humains indispensable à l’épanouissement de l’homme et sa contribution efficace au processus de développement. Il s’agit là d’une aspiration légitime des populations. J’en veux pour preuve les récents fora organisés à Ouagadougou par l’UA/CEDEAO et la CENSAD sur les conflits frontaliers et les questions sécuritaires.

Vous comprendrez donc la grande satisfaction que je ressens aujourd’hui de voir réunis plus de cinq cents (500) acteurs de la justice et de la police judiciaire, pour échanger, débattre et proposer en professionnels avertis, mais aussi et surtout en collaborateurs soucieux de la nécessaire complémentarité entre les différents maillons de la chaine pénale.

Cet important atelier dont j’ai fortement soutenu l’initiative et l’organisation, vous offre l’incomparable opportunité de vous rencontrer et de dialoguer, de corriger les disfonctionnements et de dégager ensemble les pistes d’une nécessaire convergence de vue dans la lutte contre la criminalité, pour une justice pénale plus efficace et répondant aux attentes de nos concitoyens.

Vous êtes les mieux placés pour savoir que la justice pénale est à l’image d’un homme dont les deux jambes seraient la police judiciaire et l’appareil judiciaire composé des cours et tribunaux. Il est évident qu’il lui faut ses deux jambes valides pour qu’il tienne debout et se meuve convenablement. La justice sans la police judiciaire serait impuissante et inefficace, de même que la police judiciaire sans l’appareil judiciaire serait inconcevable car c’est lui qui est gardien de la légalité qui doit inspirer et fonder ses interventions. Il importe par conséquent que l’esprit de complémentarité dont j’ai fait état tantôt, soit cultivé entre les deux entités, pour qu’elles se renforcent mutuellement sans tomber dans la connivence.

Si le code de procédure pénale doit rester le cadre légal afin d’éviter les abus, vos actions doivent être guidées par le réalisme et la recherche de l’efficacité.

Mesdames et Messieurs,

L’œuvre de justice est une œuvre commune et doit être soutenue par une saine collaboration entre les différents acteurs, dans la limite de leurs compétences. La justice n’étant pas une science exacte, dire le droit doit conduire à beaucoup d’humilité, dans la mesure où les décisions rendues ne sont pas des vérités universelles puisqu’elles peuvent être frappées d’appel, de pourvoi, où être révisées.

Dans un tel contexte, rendre la justice ou contribuer à la rendre doit être vécu comme un véritable sacerdoce ; les acteurs doivent en être conscients tant dans leur comportement à l’égard du justiciable, que dans leurs rapports respectifs.

Le respect mutuel, le sens de l’accueil et la claire conscience des obligations déontologiques doivent être des leitmotiv dans vos actions quotidiennes.

La sécurité humaine, et plus particulièrement la sécurité des biens et des personnes sont du domaine régalien de l’Etat, qui l’assure à travers notamment la justice et les forces de défense et de sécurité. En la matière, Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Faso est sans équivoque tel qu’il le manifeste dans son programme politique « Le progrès continu pour une société d’espérance ». Je cite : « La sécurité, la paix et la prospérité sont indivisibles et ne peuvent être maintenues que par un Etat fort, bien entendu par ses lois, sa police et sa justice. Ainsi, …, les manifestations multiformes de l’insécurité accentuées par le développement de la criminalité et du grand banditisme devenus de plus en plus violents, plongent les populations dans un désarroi et compromettent l’exécution des politiques de développement. Nos populations ont besoin de paix et de sécurité pour exercer leurs libertés. J’ai bien noté cette aspiration à l’occasion de certaines consultations populaires ». Fin de citation.

Fort d’une telle clairvoyance mais aussi d’un tel engagement, le Gouvernement, face à la recrudescence du banditisme et de l’insécurité dans notre pays, a pris les dispositions nécessaires pour restaurer la quiétude et la paix dans toutes les régions du pays. Des initiatives comme la mise en place de la police de proximité et les patrouilles sur les principaux axes routiers en sont une illustration.

La soumission à l’Assemblée nationale au cours de sa présente session d’un projet de loi sur le grand banditisme, a pour but de concrétiser davantage notre ferme volonté d’assurer à nos concitoyens un environnement paisible, propice au travail et au développement. Toute chose qui procède de la volonté continue du Gouvernement d’améliorer l’environnement des affaires pour le rendre plus propice à l’investissement direct étranger et aux échanges.

J’attends donc de cet atelier, l’instauration d’une synergie d’actions entre tous les acteurs de la chaine pénale pour des résultats encore plus probants dans la lutte contre la criminalité dans notre pays.

Convaincu de la pertinence de ce type de rencontre, j’ai donné des instructions aux Ministres en charge des départements dont vous relevez, afin d’organiser annuellement une rencontre de convergence entre justice et police judiciaire. C’est à ce prix que s’instaurera et se raffermira la confiance entre magistrats et officiers de police judiciaire indispensable à la collaboration saine au profit des populations.

Aussi, tout en souhaitant plein succès à vos travaux dont j’attends avec sérénité les conclusions, je déclare ouvert « l’atelier national sur la coopération judiciaire et policière dans la lutte contre la criminalité au Burkina Faso ».

Je vous remercie.

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