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Allocution à session France du 7e Forum sur le développement durable

vendredi 20 novembre 2009

ALLOCUTION DE SON EXCELLENCE MONSIEUR TERTIUS ZONGO,
PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT DU BURKINA FASO

A

L’OCCASION DE LA SESSION FRANCE DU 7ème FORUM MONDIAL DU DEVELOPPEMENT DURABLE

Paris, le 19 novembre 2009

-  Distingués invités,
-  Mesdames et Messieurs,

Avant tout propos, je voudrais au nom de son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Faso qui n’a pu effectuer le déplacement de Paris en raison d’un calendrier particulièrement chargé, remercier très sincèrement Monsieur Emile MALET et toute son équipe qui nous ont fait l’honneur de nous inviter à cet important forum.

Tout en appréciant la pertinence du thème de la présente rencontre « la crise, l’impératif écologique et le climat », il me plait de relever sa parfaite complémentarité avec celui du récent forum international tenu à Ouagadougou en octobre dernier à savoir : « les changements climatiques, quelles opportunités pour un développement durable ». Du reste, il ne pouvait en être autrement, les deux fora s’inscrivant dans une même dynamique d’interaction et de recherche de convergence de vues sur la problématique de l’adaptation aux changements climatiques et sa prise en charge avant l’ultime et le très attendu sommet de Copenhague du mois de décembre 2009.

-  Mesdames et Messieurs,

L’humanité est plus que jamais confrontée à des défis multidimensionnels exacerbés par les graves crises successives de ces dernières années, mais plus encore par la perversité des effets de la variabilité et des changements climatiques qui constituent des menaces réelles à la stabilité du monde et à la sécurité alimentaire des populations les plus démunies.

Le sommet mondial de l’alimentation qui s’est ouvert, le 16 novembre courant, a choisi de se pencher sur la problématique de la sécurité alimentaire pour interpeler encore la conscience de la communauté internationale sur l’importance de l’enjeu. C’est le lieu pour moi de saluer les efforts de plaidoyer de l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et d’inviter particulièrement les pays les plus nantis à faire davantage preuve de solidarité. L’échéance de 2015 n’est plus qu’à six marches, la faim au lieu de reculer semble s’amplifier. Le continent africain, c’est sûr, en sera durement frappé. Pire de récentes études révèlent que l’Afrique payera le plus lourd tribut des effets liés à ces changements climatiques, dans la mesure où plus de 150 millions de personnes y seront, d’ici 2020, exposées à des problèmes de pénurie d’eau, de famine et autres catastrophes à cause du réchauffement de la planète alors même que ce continent ne contribue pour à peine 4% aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. La question des changements climatiques interpelle les peuples et les dirigeants du monde sur la nécessité d’une gestion saine de l’environnement et sur l’impératif de mobiliser les moyens et les ressources indispensables pour relever les défis auxquels notre planète est confrontée.

Les pays africains sont bien conscients de leurs rôle et responsabilité historiques dans la gestion de cette crise environnementale. Ils demeurent également convaincus qu’au nom d’une gouvernance mondiale plus juste, les pays qui ont le plus bénéficié et bénéficient encore de ce péril environnemental devront accepter d’en porter largement le coût. Aussi, lors du forum de Ouagadougou, les pays africains ont exprimé des préoccupations spécifiques, qu’il me plaît de rappeler ici. Elles concernent principalement :

1) le maintien des acquis de la Convention et du protocole de Kyoto ;

2) l’appui aux pays en développement pour l’adaptation, l’atténuation, l’accès à l’énergie propre, le transfert de technologies, le renforcement des capacités et les financements, à travers des projets et des actions concrètes sur le terrain ;

3) la nécessité d’une réévaluation stratégique du soutien à l’agriculture africaine avant l’échéance des objectifs du millénaire pour le développement ;

4) le renforcement de la production d’énergies solaire, hydroélectrique et éolienne pour couvrir les besoins énergétiques de l’Afrique d’ici à 2030 ;

5) la mise en place d’une agence internationale d’assurance sur le climat dotée d’un mécanisme de financement pour la gestion des effets des phénomènes climatiques ;

6) la tenue au cours de l’année 2010, d’assises financières africaines en vue de faire émerger les régulations économiques et les compensations indispensables à un développement durable du continent africain. Le transfert de technologies constitue un impératif pour la conduite de politiques hardies en matière de sauvegarde de l’environnement. Dans cette perspective, les pays en développement doivent investir dans la recherche et dans la formation, en vue d’une vulgarisation des énergies renouvelables.

-  Mesdames et Messieurs,

Dans le contexte actuel de crise environnementale, la résolution de la question énergétique devient un impératif tant il est admis que tout progrès dans le domaine de la maîtrise de l’énergie et la promotion des énergies renouvelables permet de diminuer le potentiel d’émissions de gaz effet de serre.

L’Afrique, quel paradoxe !, disposerait de quantités considérables d’énergie renouvelable. Il est prouvé qu’elle a la quantité moyenne de rayonnement solaire la plus élevée chaque année dans le monde : elle reçoit 95% de l’ensoleillement hivernal quotidien (supérieur à 6 KWH/M2) du monde. Ses ressources en énergie hydroélectrique, géothermique et éolienne sont insuffisamment exploitées ; à peine 7% de son potentiel d’énergie hydraulique et 0,6% de son énergie géothermique. Le continent a de grandes possibilités mais près de six cent (600) millions d’africains, soit trois (03) africains sur quatre (04) n’ont pas accès à l’électricité indispensable à l’amélioration de leurs conditions de vie, d’éducation et de santé.

Au regard de ce qui précède, les initiatives de promotion des différentes sources d’énergie électrique notamment devront être encouragées. Toute raison égale par ailleurs, l’hydroélectricité demeure encore la source la moins onéreuse. Dans ce secteur des projets à vocation continentale existent, le barrage d’Inga sur le fleuve Congo par exemple. Les énergies solaire et éolienne relèvent de technologies encore très coûteuses même si ces coûts devront baisser dans une décennie et demie. Elles demeurent néanmoins porteuses d’espoir car ce sont elles qui devront permettre d’électrifier les villages africains les plus reculés. C’est aussi la combinaison judicieuse de toutes ces sources qui devra permettre de répondre efficacement à la demande africaine d’énergie électrique dont les projections indiquent un triplement en 2035, selon le Conseil Mondial de l’Energie.

Au Burkina Faso, la production d’électricité est essentiellement à base thermique. Elle est par conséquent très onéreuse et une limite à l’expansion de l’activité économique. Pour rendre disponible l’électricité et réduire son coût, le Gouvernement à initié d’importants chantiers de construction de barrages hydroélectriques et d’interconnexion. La ligne de transport entre la Côte d’Ivoire et la ville de Bobo Dioulasso en service sera étendue à Ouagadougou en début 2010. Du reste en la matière, il a souscrit à tous les projets régionaux.

En 2008, le Gouvernement a approuvé un projet pilote de développement de l’énergie solaire et reste attentif à toute initiative d’envergure régionale et continentale de promotion de l’énergie propre.

Mesdames, Messieurs,

Terminant mon propos, je voudrais réitérer mes remerciements et mes félicitations à Monsieur Emile MALET et à ses collaborateurs de nous avoir associés et pour la parfaite organisation de ce forum d’échanges et de partage basé sur des sujets qui interpellent aujourd’hui la conscience et toute la communauté mondiale.

C’est bien ensemble que nous trouverons les solutions consensuelles au péril environnemental.

Je vous remercie.

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