Accueil thématique

Dossiers


Recherche personnalisée


Vidéos
PNDES : Ouagadougou veut convaincre pour financer son développement



Abonnez-vous!
La lettre d'information du Gouvernement


Sites Publics

 Présidence du Faso
 Assemblée nationale
 LegiBurkina
 Archives du site du Premier Ministère
Accueil > À la une > Discours du Premier Ministre > Mot introductif à la rencontre avec les gouverneurs et les Hauts-commissaires

Mot introductif à la rencontre avec les gouverneurs et les Hauts-commissaires

lundi 9 novembre 2009

MOT INTRODUCTIF DE SON EXCELLENCE
MONSIEUR TERTIUS ZONGO,
PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT

A l’occasion de la rencontre avec les Gouverneurs
de région et les Hauts-Commissaires de province sur

l’opération d’enregistrement gratuit et universel des naissances et la délivrance massive des cartes nationales d’identité burkinabè

Ouagadougou, 09 novembre 2009

 Mesdames, Messieurs les Gouverneurs ;

 Mesdames, Messieurs les Hauts-Commissaires ;

La présente rencontre d’échanges que j’ai souhaité tenir avec vous a pour objet principal d’une part, de faire le point sur le déroulement de l’opération d’enregistrement gratuit et universel des naissances, six mois après son lancement officiel et d’autre part, de vous instruire sur la stratégie qui sera adoptée pour boucler cette opération d’envergure. A côté du volet état civil qui vous implique directement, nous évoquerons celui ayant trait à la délivrance des cartes nationales d’identité qui est également l’objet d’opérations spéciales mises en œuvre par l’Office national d’identification. Et naturellement, je prêterai volontiers une oreille attentive aux préoccupations quotidiennes que vous rencontrez sur le terrain.
Mais avant que nous n’abordions les sujets qui justifient notre présence ici, je tiens à vous remercier pour votre constante disponibilité à œuvrer pour le succès de cette importante activité. Ces remerciements s’adressent également à tous les acteurs de terrain qui s’investissent au quotidien pour assurer un heureux aboutissement à ce gigantesque défi, nonobstant les difficultés de tous ordres rencontrées.

En effet, très vite après le lancement officiel qui a eu le lieu le 27 avril 2009 à Ouaga 2000, la réalité s’est imposée à vous dans la conduite de l’opération, hypothéquant ou compromettant par endroit sa conduite harmonieuse et sereine. À l’épreuve donc du terrain, les contraintes et les difficultés de toutes sortes ont eu un impact sur les résultats atteints. Je citerai entre autres :

• la mise à disposition tardive des registres et des imprimés de l’état civil ;

• les difficultés inhérentes à la logistique, au matériel et aux ressources financières ;

• la lenteur dans la procédure de paraphe et de cotation des registres de naissance ;

• la saison hivernale qui d’une part, a tempéré la mobilisation sociale autour de l’opération et d’autre part, a ralenti le déplacement des équipes mixtes ;

• le faible niveau d’instruction de certains membres des équipes mixtes ;

• l’indisponibilité de certains membres du tribunal départemental et l’inorganisation de certains services municipaux.

Mais en dépit de toutes ces difficultés évoquées, bon nombre d’entre vous ont donné de leur mieux pour atteindre des résultats appréciables sur lesquels nous reviendrons dans nos discussions.

 Mesdames et messieurs,

Sachant que toute action porteuse de progrès doit reposer sur une parfaite maîtrise de son contexte et sur un savoir faire, le Gouvernement a dégagé des moyens financiers et matériels assez conséquents afin de permettre à l’opération de se dérouler normalement. C’est ainsi que le montant de 1 570 784 364 FCFA a été débloqué des caisses de l’Etat pour le seul volet état civil en vue de rendre disponibles les imprimés, registres et fournitures, et soutenir le déploiement des équipes mixtes auprès des populations. De précieuses contributions de nos partenaires comme l’UNICEF, PLAN BURKINA, SAINT EGIDIO, sont venus renforcer le dispositif national.

 Mesdames, Messieurs les Gouverneurs ;

 Mesdames, Messieurs les Hauts-Commissaires ;

Les informations en notre possession nous ont révélé que dans de nombreux départements, les équipes mixtes commises à la tâche se sont engagées à fond pour toucher le maximum de la population concernée.
Malheureusement tel n’est pas le cas de tout le monde, car dans certaines provinces et dans certaines communes, l’indifférence, l’incompétence et les querelles de clocher ont encore eu droit de cité.

Pour ne prendre que cet exemple, le système de rapportage qui devait permettre un suivi efficient des résultats a été sérieusement grippé faute de mise à jour régulière des statistiques par certaines provinces. Cet état de fait est inadmissible quelqu’en soient les motifs évoqués.

 Mesdames et Messieurs,

L’opération de délivrance massive de pièces à la population décidée par le Gouvernement a une importance historique pour notre pays car elle va contribuer principalement au renforcement de la démocratie à la base, à la participation citoyenne à la gestion de la chose publique et à la consolidation de l’Etat de droit.

Dans notre pays en effet, la situation sur le plan politique et en matière de gouvernance est marquée par la maturité des institutions démocratiques et l’affirmation de plus en plus visible du rôle de la société civile dans la gestion des affaires publiques. Ce contexte socio politique a favorisé l’ancrage de nouvelles pratiques démocratiques comme la tenue régulière des élections, l’affirmation du pluralisme politique, l’élargissement des espaces d’expression et le renforcement du processus de mise en œuvre de la décentralisation.

Dans ce contexte, la problématique de l’accès aux documents de l’état civil relève d’une exigence première. Pour sortir de l’invisibilité et pouvoir jouir de son statut de citoyen pour exercer son droit de vote, l’individu devrait à terme disposer d’un document comportant une photo permettant de l’identifier. En effet, les dispositions du code électoral qui autorisent les citoyens à utiliser entre autres la carte de famille, l’extrait d’acte de naissance, le jugement supplétif d’acte de naissance, le livret de famille, le livret militaire et le livret de pension civile pour faire état de leur identité et participer aux élections pourraient devenir caduques pour compter des prochaines élections présidentielles de 2010.

Dans cette optique, tous les Burkinabè en âge de voter sur le territoire national devront se munir obligatoirement d’un des documents ci-après : une carte nationale d’identité burkinabè (CNIB), ou un passeport. Or, l’établissement de ces pièces repose sur l’acte de naissance.

Si cette démarche somme toute évolutive et moderniste vise à asseoir les conditions optimales propres à un Etat de droit et de démocratie, l’accès difficile aux pièces d’état civil par les populations dans les différents villages constitue par conséquent, une réelle entrave à l’exercice de la citoyenneté formelle, notamment au plein exercice du droit de vote. Il est en effet établi que l’offre proposée par « l’Etat moderne » en matière d’état civil est loin d’être connue et acceptée par la majorité des citoyens. En effet, la demande sociale, essentiellement marquée par la ruralité, n’est encore que très opportuniste. Les usagers utilisent les services de l’état civil de manière ponctuelle, en fonction d’un problème précis à résoudre et sans s’approprier le référentiel qui les fonde.

 Mesdames et messieurs,

Une enquête menée en avril 2004 au Burkina Faso montrait que sur 7 401 364 enfants âgés de 0 à 18 ans, seulement 2 467 121 sont enregistrés.
Cela représentait 67% des enfants non enregistrés à la naissance. Or, n’être pas enregistré veut dire légalement ne pas exister, être sans nom, sans identité et sans nationalité. Les enfants non enregistrés peuvent être plus facilement oubliés dans la planification des services sociaux comme la protection sociale, l’éducation, la santé et l’accès à l’eau potable.

L’enregistrement des naissances est un droit pour les enfants et une obligation qui s’impose aux gouvernements car tout être humain a le droit à un nom et à une nationalité.
C’est donc pour mettre un terme au « scandale de l’invisibilité », puisque tant de personnes dans notre pays sont mortes sans laisser une trace dans quelque enregistrement légal que ce soit ou dans les statistiques officielles que le Conseil des ministres, en sa séance du 1er octobre 2008, a déclaré l’année 2009 gratuit pour l’enregistrement des naissances qui se traduit aujourd’hui par cette campagne visant à enregistrer à l’état civil tous les burkinabè en âge de voter, mais également toute personne sans distinction d’âge et de sexe, non détentrice d’acte de naissance.

 Mesdames et Messieurs,

Concomitamment à la délivrance des actes de naissances, l’Office National en charge de l’établissement des Cartes nationales d’identité procède à l’identification des personnes remplissant les conditions requises pour entrer en possession de ce document. Afin qu’elle puisse conduire à bon port cette opération, cette institution a bénéficié de la part du Gouvernement d’un financement qui lui a permis d’améliorer sa capacité de production journalière. C’est ainsi que le centre de Ouagadougou confectionnera 15 000 cartes nationales d’identité par jour, tandis que celui qui sera ouvert à Bobo-Dioulasso en produira 10 000 par jour.

 Mesdames et Messieurs les Gouverneurs et Hauts-Commissaires ;

Au regard de ce qui précède, vous conviendrez avec moi que cette opération comporte d’énormes enjeux qui vous interpellent personnellement et collectivement en tant qu’administrateurs de proximité sur vos capacités à répondre avec rapidité et efficacité aux difficultés quotidiennes du terrain et à imprimer des changements qualitatifs qui s’imposent le cas échéant.

Dans cette perspective, vous devrez être des artisans irréprochables et engagés, des administrateurs patriotes fortement imbus des principes républicains et des vertus d’intégrité et de la bonne gouvernance, pour relever ce défi.

Ensemble, je suis convaincu que notre action collective contribuera à consolider notre culture citoyenne et à renforcer les acquis démocratiques de notre pays.

Je vous remercie pour votre aimable attention !

Version imprimable