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Discours d’ouverture de la 9e rencontre Gouvernement/secteur privé

lundi 28 septembre 2009

DISCOURS D’OUVERTURE DE SON EXCELLENCE MONSIEUR TERTIUS ZONGO, PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT A LA 9e RENCONTRE GOUVERNEMENT/SECTEUR PRIVE

Bobo-Dioulasso, le 28 septembre 2009

• Monsieur le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso ;

• Distingués représentants du secteur privé ;

• Chers invités ;

• Mesdames et Messieurs ;

En ce moment solennel d’ouverture de la neuvième rencontre Gouvernement-Secteur privé, je voudrais vous inviter à observer une minute de silence en la mémoire des personnes disparues suite à la catastrophe naturelle qui a frappé durement notre pays en ce début du mois de septembre et particulièrement la région du Centre.

C’est le lieu pour moi de renouveler au nom du Président du Faso et au nom du Gouvernement, toute notre compassion aux familles éplorées, et de réitérer notre disponibilité et notre soutien à tous les sinistrés. Nous apprécions l’intense mouvement de solidarité qu’a suscité l’appel lancé par Son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Faso, le 07 septembre dernier. A tous ces hommes et à toutes ces femmes au cœur bien sensible qui ont su magnifier sous différentes formes, les valeurs de solidarité et de partage qui caractérisent encore notre société, j’exprime notre sincère gratitude. Vis-à-vis des opérateurs économiques, nous ne saurons évaluer notre dette de reconnaissance. Puisse le Tout-Puissant vous le rendre davantage et perpétuer votre instinct de don et d’assistance.

• Mesdames et Messieurs les représentants du secteur privé ;

• Mesdames et Messieurs ;

C’est bien dans cette situation nationale difficile, doublée d’un environnement économique international encore à la recherche d’une stratégie de sortie de crise que le secteur privé devra jouer son plein rôle de moteur de la croissance économique et de pourvoyeur d’emplois et de revenus. Si les crises successives, qui ont ébranlé le monde ces dernières années, ont perturbé notablement les plans d’évolution des entreprises nationales, force est de reconnaître qu’elles ont indéniablement constitué pour ces dernières, une réelle école d’apprentissage, de réaffirmation de leur capacité d’adaptation et d’anticipation, et de mise à l’épreuve de leur pouvoir de créativité et d’innovation pour une relance véritable. L’histoire des faits économiques nous a toujours enseigné que les changements majeurs intervenus dans la gestion du développement et de la cité ont été suscités par des crises profondes. Les entreprises et les firmes qui, à l’occasion, ont fait preuve de perspicacité ont survécu tout en renforçant leur compétitivité et leur influence. Les crises ne constituent pas que des menaces, elles offrent aussi des opportunités à saisir utilement. C’est pourquoi je trouve fort à propos le thème de cette neuvième rencontre « quelle stratégie de promotion du secteur privé dans le contexte actuel de crise économique ? ». Je le trouve aussi suffisamment évocateur de deux impératifs :

-  le devoir pour l’Etat de poursuivre les réformes d’ordre institutionnel et réglementaire pour créer un environnement sain et incitatif aux affaires ;

-  le devoir pour le secteur privé de s’approprier réellement cet environnement sain et d’être plus entreprenant à travers des initiatives structurantes et génératrices d’emplois et de revenus dans les secteurs porteurs.

Je reste persuadé qu’au cours de cette rencontre, nous saurons encore puiser dans le cadre enchanteur de la cité de Sya, toute l’inspiration nécessaire pour déterminer les facteurs clés et décisifs à la dynamisation de notre secteur privé.

En conséquence, Mesdames et Messieurs, qu’il vous plaise que j’exprime en votre nom à tous, toute ma reconnaissance aux autorités administratives et politiques de la région des Hauts-Bassins et de la ville de Bobo-Dioulasso pour leur constante disponibilité et pour les efforts remarquables qu’elles consentent chaque année, pour nous assurer un accueil chaleureux et pour créer des conditions propices à la réussite de notre rencontre de concertation.

J’apprécie les engagements personnels de El Hadj Oumarou KANAZOE, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso et de El Hadj Dianguinaba BARRO, Vice-Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie et Président de la section territoriale de l’Ouest, vecteurs essentiels de la parfaite organisation de notre rencontre.

• Mesdames et Messieurs les représentants du secteur privé,

Comme je l’évoquais déjà, la neuvième rencontre Gouvernement/ Secteur privé se tient dans un contexte de crise économique mondiale à forte propension récessionniste. Les engagements pris par les pays avancés et émergents en matière de régulation financière internationale n’avancent pas aussi rapidement qu’il serait nécessaire pour s’attaquer profondément aux graves problèmes soulevés par la crise.

Malgré tout, des institutions crédibles telles que le Fonds Monétaire International (FMI) annoncent une lente reprise de l’économie mondiale en 2009. Bien évidemment, l’intensité de cette reprise ne sera pas suffisante pour booster la croissance dans les économies en transition comme la nôtre. Du reste, certaines projections tablent, pour l’Afrique, sur une baisse de 40 % des exportations et un taux de croissance en dessous de 2 % en 2009 contre 5,5 % en 2008.

Au Burkina Faso, les anticipations de croissance s’établissent en 2009 à 3 % en termes réels contre une réalisation de 5 % en 2008.

Les risques de forte dégradation du compte extérieur sont bien réels du fait de la faiblesse des recettes d’exportation consécutive à l’effondrement des cours internationaux du coton, au repli des transferts des migrants burkinabè et à la contraction inévitable de l’aide publique au développement.

Pour conjurer une telle tendance et améliorer de manière tangible les conditions d’existence des populations, le gouvernement a pris une série de mesures parmi lesquelles l’on peut noter :

-  la mise en place d’un dispositif de veille, d’alerte et de suivi. Ce dispositif a pour mission de suivre l’évolution de la conjoncture économique et financière tant nationale qu’internationale en vue d’anticiper sur les mesures à prendre afin de conforter la dynamique de la croissance et du développement ;

-  la relance de la production agricole et animale en vue d’améliorer les systèmes de production et d’accroître les rendements pour parvenir à la sécurité alimentaire et nutritionnelle et satisfaire par conséquent, de façon durable, les besoins des populations, surtout les plus vulnérables. Dans ce sens plusieurs appuis ont été apportés au monde rural ;

-  la restructuration de certaines entreprises en situation difficile. Dans cette optique, l’Etat envisage la mise en place d’un programme de restructuration soutenu par la création d’un fonds national de restructuration des entreprises en difficulté afin de rétablir la viabilité à long terme de ces dernières ;

-  la poursuite des réformes entreprises pour rendre l’environnement des affaires plus attractif. Du reste en la matière, la communauté financière internationale reconnaît les mérites du Burkina Faso qui selon le rapport « Doing Business » 2009 de la Société financière Internationale, a progressé de 8 points dans son rang mondial et est classé parmi les meilleurs réformateurs en Afrique de l’Ouest et dans l’espace OHADA ;

-  la conduite et le renforcement du programme de protection sociale par la mise en œuvre de programmes de filets sociaux et de mécanismes innovants d’allègement des charges des ménages vulnérables de même que des programmes d’emploi des jeunes.

En tout état de cause, le Gouvernement demeure persuadé qu’il faut donner du temps au temps afin de rechercher ensemble, des réponses adéquates aux points de préoccupation qui subsistent encore.

• Mesdames et Messieurs les représentants du secteur privé,

La nature actuelle de notre économie de transition impose au Gouvernement et au Secteur privé un partenariat dynamique et effectif, bâti autour d’une trilogie : la culture de la confiance mutuelle dans une approche axée sur les résultats, la recherche de la synergie dans l’action et la volonté commune de créer de la richesse et des emplois.

En choisissant de réfléchir ensemble au cours de la présente rencontre, sur la meilleure stratégie possible de promotion du secteur privé dans le contexte de crise, le Gouvernement et le Secteur privé réaffirment leur vision commune d’édifier une économie ouverte, compétitive et concurrentielle.

A cet effet, je voudrais féliciter les personnes ressources mises à contribution pour la qualité de leur rapport devant servir de base aux échanges sur la problématique du développement du secteur privé.

Au demeurant, il importe d’avoir constamment à l’esprit qu’en 1991 lorsque l’option fut prise de recentrer les missions de l’Etat essentiellement sur les fonctions régaliennes, l’on marquait une rupture d’avec l’ère du « Tout Etat » pour privilégier le rôle du Secteur privé dans la sphère de production et de prestation de services. La crise actuelle suffit-elle pour remettre en cause fondamentalement une telle orientation ? Non, selon ma lecture, elle interpelle plutôt les Etats sur l’obligation qui est la leur, à ne plus faillir dans leur rôle essentiel de veille et de régulation pour l’intérêt général et collectif, le marché n’étant pas une institution parfaite de régulation. Après deux décennies de réformes économiques et structurelles sans interruption pour faire du secteur privé le moteur de la croissance, notre discours sur la promotion de ce secteur doit-il demeurer invariant ? Non, bien sûr dans l’intérêt d’un partenariat plus dynamique avec ce secteur. Aussi, voudrais-je me permettre les observations ci-après sur des préoccupations récurrentes :

1) L’amélioration de l’environnement des affaires : le Burkina Faso a fait d’importantes avancées en matière d’assainissement du climat des affaires dans bien de domaines (flexibilité de la réglementation du travail, facilités de création d’entreprises, allègement des procédures dans le domaine foncier, etc.). Ces efforts ont valu à notre pays d’être considéré parmi les premiers pays réformateurs en Afrique par la communauté internationale. Par ailleurs, l’évolution du taux d’investissement privé, ces cinq dernières années, atteste une corrélation bien positive entre l’approfondissement des mesures de réforme du cadre des affaires et ce taux. En effet, en 2005, le taux d’investissement global s’établissait à 15 % en termes de PIB dont 7,4 % pour le privé. En 2008, ces grandeurs étaient respectivement de 23,8% et 16,5% pour le privé. Nul doute que le Secteur privé ne saisit pas encore assez toutes les opportunités qu’offre le nouveau cadre des affaires.

2) Le caractère dissuasif de la politique fiscale : des huit pays membres de l’UEMOA, le Burkina Faso a le plus faible taux de pression fiscale, à peine 13% en même temps que cette pression est considérée lourde et dissuasive. Le Gouvernement est bien conscient de ce paradoxe et a entrepris depuis quelques années d’approfondir les réformes sur deux fronts :

 au niveau de la fiscalité d’entreprise, un document cadre de stratégie de réforme fiscale a été adopté en fin 2008. Il matérialise la volonté du Gouvernement de simplifier la fiscalité d’entreprise, de rationnaliser les incitations fiscales et d’améliorer la gestion de l’impôt ;

 au niveau de la douane, d’importantes mesures sont prises pour en améliorer sensiblement la gestion tant sur le plan administratif (informatisation et profilage) qu’en matière de respect des barrières douanières. Bien entendu, ceci appelle la mise en œuvre plus stricte et plus complète du système SYDONIA.

En tout état de cause, il importe de relever qu’au fil de nos rencontres de concertation, des mesures d’allègement ont été prises par le Gouvernement sur les bénéfices industriels et commerciaux et les bénéfices non commerciaux ainsi que sur les revenus des valeurs mobilières.

Toutefois, nous devons tous reconnaître la nécessité de renforcer le civisme fiscal. Aujourd’hui, les services des impôts et les services des douanes sont plus ouverts à un partenariat fructueux. Le Gouvernement poursuivra ses efforts pour davantage simplifier et rendre plus transparentes les procédures et la politique fiscale pour en accroître l’efficacité et minimiser les risques de corruption et d’incivisme. D’ores et déjà la réforme fiscale en cours de finalisation s’inscrit dans ce sens.

3) Le syndrome d’une mauvaise justice : le Gouvernement bien conscient que la justice fait partie des domaines sensibles de l’environnement des affaires, a initié d’importantes réformes dans ce domaine. Les lourdeurs et les faiblesses y constatées portent de réels préjudices à l’attractivité du cadre des affaires. Force néanmoins est de relever que les réformes à entreprendre sont bien complexes. Le Ministère de la Justice a été récemment restructuré pour en tenir compte. En outre, avec l’appui des partenaires techniques et financiers, le Gouvernement mettra en œuvre des actions urgentes de renforcement de l’efficacité de la justice au cours des deux prochaines années. C’est en même temps le lieu de se réjouir de la mise en place du centre d’arbitrage de médiation et de conciliation de Ouagadougou qui fait déjà œuvre utile et la création des tribunaux de commerce.

4) La lutte contre la corruption : la volonté du Gouvernement est bien manifeste avec la mise en service de l’Autorité Supérieure de Contrôle d’Etat (ASCE) le 09 juin 2008 et avec son engagement de renforcer les capacités de la Cour des Comptes afin qu’elle puisse exercer ses attributions en matière de contrôle juridictionnel. Cette même détermination est observée en matière de gestion des marchés publics, avec le déploiement du dispositif institutionnel consacrant la séparation des fonctions de contrôle et de régulation, l’institution des postes de Personnes Responsables des Marchés (PRM) et le début de la déconcentration de la Direction Générale des Marchés Publics (DGMP) dans les Ministères et les Régions. Les réformes engagées au niveau des marchés publics visent à accroître la transparence et l’efficacité du processus de la commande publique. Par ailleurs, l’intégrité du système de passation des marchés publics consacrée par la mise en place de l’Autorité de Régulation des Marchés Publics (ARMP) a été améliorée par l’institution de la commission de règlement amiable des litiges, indépendante, à composition tripartite.

Aujourd’hui, la problématique de la lutte contre la corruption dépasse le simple cadre institutionnel pour interpeller la conscience et le comportement de tous. Les opérateurs du Secteur privé ont un rôle crucial à jouer.

5) Le renforcement des capacités : la faible capacité des opérateurs du Secteur privé est un réel sujet de préoccupation. Toutefois, le Gouvernement avec l’appui des partenaires techniques et financiers, a consenti d’importants efforts avec la création de la Maison de l’Entreprise du Burkina Faso dont la mission première est d’encadrer et d’accompagner les opérateurs privés. La présidence du Conseil d’Administration de la Maison de l’Entreprise est assurée par un représentant du Secteur privé. Pour renforcer le dispositif institutionnel d’encadrement, deux Centres de Gestion Agrée (CGA), l’un à Ouagadougou et l’autre à Bobo-Dioulasso et qui ont été créés et rendus opérationnels au profit des PME/PMI. Il en est de même du Bureau de Restructuration et de Mise à Niveau (BRMN) d’entreprises industrielles dans l’espace UEMOA. Les opérateurs du Secteur privé disposent d’outils d’encadrement qu’il faut mettre à profit.

6) Le financement des initiatives privées : il s’agit là d’une question primordiale qui relève d’abord, de la stratégie des chefs d’entreprise et des porteurs de projets. Des possibilités existent. Toutefois, la réflexion tant au niveau national que régional pour leur élargissement et leur accessibilité mérite d’être poursuivie avec plus de pragmatisme. Les dernières décisions prises par la Banque Centrale pour desserrer les conditions monétaires relatives aux taux directeurs et aux coefficients de réserves obligatoires applicables aux établissements de crédit s’inscrivent dans cette tendance.

Il me semble clair qu’en matière de promotion de l’initiative privée, nous devons sortir véritablement des sentiers battus. Les Entreprises qui veulent aujourd’hui prospérer dans le contexte de la mondialisation, doivent avoir une vision et un plan stratégique de développement. Il n’existe aucune stratégie efficace de management d’entreprise qui n’intègre pas les dimensions formation et gestion des ressources humaines et une approche adéquate d’accès aux nouvelles technologies. La productivité du travail facteur essentiel d’accroissement de la compétitivité d’entreprise en dépend. L’attractivité du cadre des affaires est nécessaire mais elle n’est pas suffisante. Les promoteurs privés doivent être désormais plus proactifs et fortement habités par les éléments que je viens d’indiquer, en un mot professionnels. La perspicacité et la clairvoyance dans la gestion des entreprises favorisent l’adhésion de nouveaux partenaires financiers.

Le Gouvernement pour sa part continuera à jouer le rôle qui est le sien pour renforcer le cadre des affaires et mettre en œuvre toute autre initiative qui donne plus d’opportunités au Secteur privé. Le partenariat public privé est de plus en plus une option envisageable. En cela j’apprécie déjà les efforts qui sont faits pour rendre opérationnels les contrats d’objectifs.

• Mesdames et Messieurs les participants,

J’ai foi en la qualité des discussions que nous entamerons et en la pertinence des résolutions et recommandations qui en sortiront. J’ai également la conviction qu’à l’instar des précédentes, la présente rencontre sera empreinte de franchise et de courtoisie dans les échanges et de réalisme dans les propositions.

En tout état de cause, nous devons garder à l’esprit que la rencontre Gouvernement/Secteur privé est un espace de dialogue et de concertation, un creuset de réflexion et de fédération de nos énergies pour le développement économique de notre pays et nous devons travailler à ce qu’il en soit toujours ainsi.

Sur ce, je souhaite plein succès à nos travaux et déclare ouverte, la neuvième rencontre Gouvernement/ Secteur privé.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

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