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Discours du Premier ministre à la rencontre avec les les 3000 instituteurs adjoints

jeudi 10 septembre 2009

Rencontre d’échange et de concertation du
MEBA avec les 3000 instituteurs adjoints
certifiés, nouvellement recrutés, session 2009.

Ouagadougou, le 10 septembre 2009

-  Madame le Ministre de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation ;

-  Chers éducatrices et éducateurs ;

Je salue l’heureuse initiative des Ministres en charge de l’Enseignement de Base et de l’Alphabétisation, d’avoir institué cette rencontre de prise de contact avec les instituteurs adjoints nouvellement recrutés avant leur prise de fonction.

Cette rencontre, élargie aux directeurs régionaux et à l’ensemble des directeurs provinciaux provinciaux de l’enseignement de base et de l’alphabétisation ainsi qu’aux représentants des organisations socioprofessionnelles et aux parents d’élèves, s’impose aujourd’hui comme un important cadre de communication sociale.

C’est bien le lieu pour :

-  s’informer mutuellement ;

-  reconnaître des mérites ;

-  féliciter et prendre des engagements pour réussir la rentrée scolaire 2009-2010.

Ma présence à cette quatrième rencontre s’explique par les éléments essentiels suivants :

-  la valorisation du capital humain, condition indispensable au développement durable du Burkina Faso, constitue l’axe prioritaire du programme politique du Président du Faso, le « Progrès continu pour une société d’espérance ». L’année 2010 devrait être perçue comme celle de la consolidation des acquis dudit programme ;

-  le Gouvernement burkinabé entretient la ferme ambition d’inscrire le pays dans de très bonnes perspectives de réalisation des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD), s’agissant particulièrement de la scolarisation universelle en termes quantitatif et qualitatif.
Chers éducateurs, au-delà de ces enjeux, votre rôle dans la socialisation des enfants dans une société en prise aujourd’hui à des mutations sans précédent, est très crucial. Vous permettez que je m’y attarde.

Un grand spécialiste de la sociologie de l’éducation, le professeur Emile DURKHEIM, auquel nombre de vos encadreurs vous ont certainement déjà référés, écrivait, s’agissant de la fonction de l’éducation, je cite : « …la principale fonction de l’éducation consiste en une socialisation méthodique de la jeune génération…celle-ci devrait correspondre au besoin pour toute société de s’assurer les bases de ses « conditions d’existence » et de sa pérennité. Elle s’opère bien sûr dès la naissance, au sein de la famille, certes, mais c’est à l’école qu’elle est systématisée, de sorte que l’école devient le lieu de la continuité sociale lorsqu’il s’agit de la transmission des valeurs, des normes et des savoirs (savoir, savoir faire et savoir être) » fin de citation.

Cette continuité sociale est soumise aux forces des mutations techno-culturelles sans précédent. C’est dans un tel contexte que s’apprécie la contribution de l’éducateur ou de l’enseignant dans la transmission des valeurs, des normes et des savoirs. Deux fonctions majeures se distinguent : la transmission des valeurs et des normes et la transmission des savoirs.

 La transmission des valeurs et des normes

Cette fonction consiste à :

1) Impulser chez l’enfant le sens de la vie collective tout en le mettant en situation de personne créative d’où l’urgence de corréler le nécessaire contrôle des pulsions et des désirs égoïstes et asociaux chez l’enfant avec l’enseignement de groupe ;

2) Donner à l’enfant le sens de la discipline, c’est-à-dire le goût de la régularité et de l’allégeance aux règles. La discipline est utile non pas seulement dans l’intérêt de la société, et comme moyen indispensable sans lequel il ne saurait y avoir de coopération régulière, mais dans l’intérêt même de l’individu ;

3) Cultiver l’autonomie de la volonté, c’est-à-dire amener l’enfant, futur citoyen, à ressentir en lui-même la nécessité de son allégeance aux valeurs ultimes qui fondent le social.

 La transmission des savoirs

Ces savoirs sont constitués des savoirs scolaires (disciplines enseignées), du savoir faire (enseignement technique et pratique) et du savoir être (en relation avec les valeurs et normes).

 Les conditions de succès de l’enseignant

L’éducation en tant que système est un construit social qui est à la croisée des forces de permanence et des forces de changement. Les forces de permanence sont impulsées par la dynamique intrinsèque au système (efficacité interne). Quant aux forces de changement, elles proviennent des besoins émergents d’innovation auxquels aspire la société mais aussi voulues par les évolutions de son environnement.

Devant de telles turbulences quelles sont les chances de succès de l’enseignant ?

C’est à partir des attitudes de l’enseignant dans sa relation avec les élèves que se joue en vérité le sort du processus d’instruction et d’éducation. La fonction principale de transmission des valeurs, normes et savoirs de l’enseignant implique qu’il sache « Faire respecter l’autorité autour de lui » et donc une haute idée de sa mission de manière à susciter une sorte de respect spécifique de la part des élèves. Cette position confortable de l’enseignant est déterminante comme le reconnaît Emile DURKHEIM in Education morale, je cite : « c’est par le canal de la parole, du geste que les grandes idées morales de son temps et de son pays dont il est l’interprète, peuvent passer de sa conscience dans celle de l’enfant. En conséquence, cette parole et ce geste doivent être conçus par le maître en fonction de cette fin même » fin de citation.

Cette position doit aussi façonner le comportement de l’enseignant dans son environnement immédiat. Quel respect l’enseignant n’avait-il pas jadis dans nos sociétés ?

Chers éducateurs et éducatrices,

Je voudrais saisir cette heureuse occasion pour vous assurer que le Gouvernement ne ménagera aucun effort pour améliorer vos conditions de vie et de travail. Dans ce sens et tout en me référant au processus de mise en œuvre de la réforme du système éducatif en cours, toutes les dispositions seront prises pour :

1) Mettre définitivement fin au retard de payement des premiers salaires ; (votre ministre me rassure que le processus de traitement de vos dossiers d’engagement dans la fonction publique est bien enclenché) ;

2) Mettre fin aux lenteurs dans le traitement de vos dossiers de carrière et cela avec votre collaboration et celle des partenaires sociaux ;

3) Améliorer le circuit d’information afin de vous mettre à l’abri des comportements à risque pour votre carrière ; les bons agents seront récompensés et les agents fautifs seront sanctionnés ; tout à l’heure, vous recevrez des documents importants qui vous donnent toutes les informations sur votre statut d’agent de la fonction publique ;

4) Poursuivre et améliorer le recrutement annuel des enseignants du primaire ;

Chers éducateurs et éducatrices,

Ayez constamment à l’esprit que vous constituez cette élite sur laquelle la Nation burkinabé fonde des attentes légitimes car la réussite de votre mission détermine la qualité de ses bâtisseurs de demain. Votre mission n’est pas aisée j’en conviens. Elle requiert de vous compétence, disponibilité, patience et tolérance. En somme un véritable don de soi. Je vous félicite d’avoir choisi d’exercer ce noble métier d’éducateur. Je reste aussi persuadé que vous l’assumerez avec fierté et responsabilité, et avec les exigences y attachées.

Allez-y dans l’enthousiasme qui vous habite et convaincus que la Nation toute entière vous en saura gré.

Bonne rentrée scolaire à toutes et à tous ;

Bonne suite de carême aux musulmans et musulmanes ;

A chacune et à chacun de vous, courage et plein succès dans votre carrière.

Je vous remercie.

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