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Pluies diluviennes : Le chef du gouvernement fait le point avec le Corps diplomatique

vendredi 4 septembre 2009

Le Premier ministre Tertius Zongo a rencontré le corps diplomatique ce matin pour faire le point de la situation suite aux pluies diluviennes qui se sont abattues sur Ouagadougou et sur plusieurs régions du pays, causant des pertes en vies humaines (8 en tout ce vendredi à midi) et de nombreux dégâts.
L’intégralité de son intervention où le chef du gouvernement en appelle à la solidarité nationale et internationale.


- Excellences,
- Mesdames et Messieurs,

Dans la nuit du 31 août au 1er septembre 2009, une pluie diluvienne s’est abattue sur la région du centre, particulièrement dans la ville de Ouagadougou et sur plusieurs autres régions du pays, occasionnant des dégâts importants dus aux inondations. Cette pluie d’une rare intensité a fait tomber sur Ouagadougou 263 mm d’eau en dix heures de temps environ. Outre Ouagadougou, elle s’est étendue dans une moindre mesure, non seulement aux autres communes de la région du Centre, mais également aux régions ci-après : le Plateau central, le Centre sud, le Centre nord, le Centre Est, l’Est, le Sahel, la Boucle du Mouhoun.

Comme vous pouvez le constater par vous-mêmes, le Burkina Faso vient de faire face à une pluie que je pourrais qualifier d’atypique. En effet, de toute l’histoire de notre pays, pareille pluie n’a jamais été enregistrée, à telle enseigne que de l’avis des spécialistes, on pourrait parler de pluie déca-millénaire c’est-à-dire une pluie qui n’interviendrait que sur dix mille ans.

Face à une telle situation qui dépasse les capacités de prévision en termes de gestion des catastrophes par notre pays, le Gouvernement en rapport avec les structures communales a pris les mesures d’urgence à travers la mise en place en son sein d’une cellule de crise qui s’est attelée à dresser le bilan exhaustif de la catastrophe en vue de la prise des mesures à la hauteur de l’évènement. Les premières estimations donnent le bilan ci-après aux plans humanitaire, et matériel.

AU PLAN HUMANITAIRE

La mobilisation rapide des services opérationnels comme la Brigade Nationale des Sapeurs Pompiers (BNSP), appuyée par les forces de défense et de sécurité d’une part et la solidarité spontanée des habitants dans les différents secteurs d’autre part, ont permis de circonscrire les risques de noyade.

Malgré tous ces efforts, il faut tout de même déplorer des pertes en vie humaine. Ainsi on a enregistré à Ouagadougou cinq décès du fait des eaux de pluie et un décès par suite de l’effondrement d’un immeuble en chantier ; dans la province du Sourou, un décès. Soit au total six pertes en vue humaine.

Je me dois d’admettre que, naturellement, chacune de ces situations met à nu les insuffisances de notre dispositif de secours d’urgence et déjà nous nous attelons à en tirer les leçons en vue du renforcement de ces structures.

Pour ce qui est de la situation des sinistrés dont les habitations ont été submergées ou sont tombées par manque de solidité, à ce jour, le recensement effectué de concert avec les structures municipales donnent la situation suivante :

• Cent trente mille (130 000) personnes environ ont été regroupées dans des sites d’accueil ;

• vingt mille (20 000) personnes environ, sans habitation, ont été secourues par des familles voisines, de parents ou d’amis.

Soit au total cent cinquante mille (150 000) sinistrés rien qu’à Ouagadougou et dans les communes rurales de la région du Centre.

Dans les autres régions, la situation est de moindre ampleur. Toutefois environ 180 logements se sont écroulés occasionnant environ 500 sinistrés.

AU PLAN DES DEGATS MATERIELS

La furie des eaux a endommagé aussi bien des ouvrages que des édifices publics.

En termes d’ouvrages :

• deux barrages ont cédé dans les communes de Saâba et Koubri dans la région du centre et un barrage à Tongomayel dans la province du Soum, région du Sahel ;

• douze ponts ont été affectés à Ouagadougou dont quatre sont provisoirement hors d’usage et les autres en situation assez difficile entraînant une restriction du trafic de la circulation.

En terme d’édifices publics, de matériel et d’habitations privées, le centre hospitalier universitaire Yalgado OUEDRAOGO a été submergé et rendu momentanément non opérationnel.

De nombreux bâtiments publics ont été inondés avec souvent destruction de clôtures.

Des équipements logistiques notamment des véhicules et des mobiliers ont été détruits.

Des archives et du matériel informatique ont été endommagés. Les structures les plus touchées dans ce sens sont les ministères situés dans l’immeuble de Baonghin, la Direction générale des transports terrestres et maritimes (DGTTM), le Bureau National des Sols (BUNASOLS), la cinémathèque du FESPACO, le centre national des semences forestières (CNSF), deux hôtels de finances et l’imprimerie des forces armées.

En ce qui concerne les biens privés, plusieurs milliers d’habitations ont été détruites dans les secteurs et villages de la commune de Ouagadougou, dans les communes rurales du Kadiogo et dans les autres régions.

Pour ce qui concerne la commune de Ouagadougou, 24 489 maisons d’habitations se sont écroulées pour une valeur estimée à 13.224.060.000 FCFA. 67,08 % de ces logements se retrouvent dans en zones non loties et 32,92 % en zones loties.

S’AGISSANT DE LA GESTION DE LA CATASTROPHE

Le Gouvernement, dès les premières heures, a entrepris de faire face à la catastrophe avec l’appui des collectivités territoriales.

Ainsi, des sites d’accueil ont été ouverts dans des écoles, collèges, lycées et autres lieux. En cas de besoin, les disponibilités d’hébergement dans les stades seront mises à contribution. Au total, 110 sites d’accueil ont été ouverts à Ouagadougou dont 60 sites principaux regroupant plus de 200 personnes et 50 sites secondaires pour moins de 200 personnes.

La principale difficulté à ce niveau demeure le problème de la viabilisation de ces sites, notamment en matière d’assainissement : approvisionnement en eau potable, éclairage, latrines, suivi sanitaire, etc.

Par ailleurs, des repas froids ont été distribués dès les premiers moments par le comité national de secours d’urgence et de réhabilitation (CONASUR) et les mairies. Des dispositions ont ensuite été prises pour la préparation des repas sur les sites d’accueil ou en association avec les restaurateurs privés. Mais il se posera le problème de la disponibilité des vivres en quantité suffisante ainsi que du matériel de cuisine pour la durée du séjour estimée à un mois.

Comme je le soulignais plus haut, l’Etat prend des mesures pour parer au plus pressé. Cependant face à l’ampleur du sinistre, les moyens s’avèrent fort limités. Ainsi l’état des besoins à l’heure actuelle se présente comme suit :

• l’alimentation et l’approvisionnement en eau potable : 1 475 000 000 FCFA ;

• le matériel de survie composé de couvertures, sceaux, friperies, lampes tempêtes, moustiquaires et divers est évalué à 1.587.148.000 F CFA pour la durée du séjour ;

• les produits sanitaires y compris le renforcement des stocks de l’Hôpital pédiatrique Charles De Gaulle et le CMA du secteur 30 où ont été évacué les malades de l’Hôpital Yalgado OUEDRAOGO sont estimés à 110.000.000 de F CFA ;

• l’appui logistique s’élève à 150.000.000 de F CFA ;

• la viabilisation des sites principaux et secondaires nécessitera la mobilisation de moyens à hauteur de 1.000.000.000 de F CFA ;

Soit un total de plus de 4 milliards de FCFA.

Mais au-delà de la gestion d’urgence, la réhabilitation et la réinsertion des sinistrés nécessitent des mesures efficaces, ciblées et à effet durable en prenant en compte le type de construction de l’habitat, la qualité des matériaux et le déguerpissement des zones inondables des villes comme des villages.

Cependant, quel que soit le schéma que le gouvernement retiendra pour la réinsertion, celui-ci impliquera nécessairement un appui aux familles pour la reconstruction de leurs habitations et dont les modalités restent à déterminer.

En matière de réhabilitation des ouvrages, une première estimation pour leur mise en service d’urgence afin de fluidifier la circulation est estimée à 2.700.000.000 FCFA.

Pour ce qui est des retenues d’eau, des bâtiments et des équipements ayant subi des dégradations, les estimations sont en cours et seront portées à votre connaissance dans les prochains jours avec toutefois une urgence signalée pour la réhabilitation et la mise en service des équipements de l’Hôpital YALGADO OUEDRAOGO.

L’APPUI ATTENDU DES PARTENAIRES

Le gouvernement voudrait se réjouir déjà de l’enthousiasme spontanément manifesté par la quasi-totalité de nos partenaires bilatéraux et multilatéraux qui nous ont exprimé leur soutien moral et promis leurs appuis multiformes.

En effet, au vu de la gravité de la situation, le Gouvernement ne peut pas, tout seul, y faire face. C’est pourquoi, je voudrais en appeler à votre solidarité agissante. De façon provisoire, les besoins de financement des actions d’urgence se chiffrent à près de 7 milliards de francs CFA, destinés à couvrir les besoins humanitaires et la réhabilitation en urgence des infrastructures routières endommagées. Cette estimation ne prend pas en compte les aides à la reconstruction et à la réinsertion des sinistrés.

Outre les actions d’urgence, le gouvernement souhaite engager avec les partenaires, des négociations devant aboutir à des mesures préventives en vue :

• de réaliser des ouvrages plus performants d’assainissement et d’écoulement des eaux de la capitale ;

• de mettre en place un dispositif pérenne et efficace d’intervention en matière de gestion des catastrophes, en d’autres termes un plan général d’organisation des secours (plan ORSEC) avec tous les équipements subséquents.

Les différents ministres concernés seront instruits dans les jours à venir afin de préparer les dossiers y afférents en vue de ces négociations.

D’ores et déjà les estimations sommaires jointes en annexe dégagent un besoin global de 70.210 milliards de FCFA.

Je m’en voudrais de terminer sans vous réitérer ma profonde gratitude au regard de la spontanéité avec laquelle vous avez manifesté votre solidarité à l’égard du Burkina dans ces moments particulièrement difficiles. Je souhaite que cette mobilisation se renforce davantage en vue de nous permettre de faire face conséquemment à cette catastrophe et surtout de pouvoir disposer à l’avenir des moyens nécessaires pour anticiper ce genre de situation.

Dans cette perspective, et pour permettre aux Burkinabè de toute catégorie de pouvoir apporter leur contribution, le Président du Faso a lancé une action de solidarité dont le top départ sera donné le lundi 07 septembre 2009 à 10 heures à l’ancien Palis de la Présidence du Faso où les contributions de toute nature seront reçues.

C’est ensemble que nous donnerons de l’espoir aux sinistrés et poserons les bases d’un avenir meilleur.

Je vous remercie.

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Expression des besoins suite aux inondations
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Le discours du Premier ministre

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