Accueil thématique

Dossiers


Recherche personnalisée


Vidéos
PNDES : Ouagadougou veut convaincre pour financer son développement



Abonnez-vous!
La lettre d'information du Gouvernement


Sites Publics

 Présidence du Faso
 Assemblée nationale
 LegiBurkina
 Archives du site du Premier Ministère
Accueil > À la une > Acutalités > Premier Ministère > Suivi de la campagne agricole 2009-2010 à l’Est : Le Premier Ministre (...)

Suivi de la campagne agricole 2009-2010 à l’Est : Le Premier Ministre encourage des producteurs modèles dans la Tapoa

samedi 29 août 2009

La tournée de suivi de la campagne agricole 2009-2010 dans la Région de l’Est par le Premier Ministre Tertius Zongo s’est poursuivie le 25 Août dans la province de la Tapoa où avec sa délégation, il a visité 4 sites de production agricole ainsi qu’un projet fruitier. Au-delà de la prise de conscience grandissante des paysans que l’agriculture demeure une source potentielle génératrice de revenus, le constat a été fait que l’agrobusiness se développe de plus en plus avec l’implication de promoteurs privés, souvent des fonctionnaires de l’Etat qui contribuent par leur bel exemple au renforcement de la production agricole.

Le premier Ministre qui était toujours accompagné du Ministre de L’Agriculture, de l’Hydraulique et des Ressources halieutiques, Laurent Sedego, du Ministre de l’Environnement et du Cadre de vie, Salifou Sawadogo, du Ministre délégué à l’Agriculture, Combary Abdoulaye a débuté sa visite dans la Tapoa par le périmètre irrigué de Boudiéri dans la commune de Kantchari, à 175 kilomètres de Fada N’gourma. Ce périmètre qui a été aménagé en 1978, a une superficie exploitée de 35 hectares avec 168 producteurs dont 50 femmes et produit du maïs vendu à l’état frais.

Les producteurs exploitent deux variétés de maïs dont le rendement escompté à l’hectare est de 4 tonnes pour les grains et de 200 sacs de 100kilogrammes pour les épis. La production totale attendue est de 140 tonnes pour les grains et de 7000 sacs de 100kilogrammes pour les épis. Les producteurs espèrent, au terme de la présente campagne, un bénéfice de 27 562 500 FCFA pour l’exploitation des 35 hectares. Après le maïs, les producteurs exploitent sur ce périmètre, la pomme de terre et des légumes comme le chou, la tomate, l’oignon qui leur procurent également des revenus.

Les exploitants du périmètre de Boudiéri ont saisi l’opportunité de la visite du chef du gouvernement pour lui exprimer un certain nombre de préoccupations dans la perspective de bénéficier d’un soutien en vue d’accroître leur production. Au nombre des difficultés exposées au Premier Ministre, il y a le faible niveau d’équipement des producteurs, la dégradation des infrastructures, notamment la prise d’eau, les canaux d’irrigation, la digue de protection. Ils ont pour cela exprimé leur souhait de bénéficier du soutien du gouvernement et de partenaires pour la réhabilitation du périmètre, à travers un bon nivellement des parcelles, ainsi que la réhabilitation du barrage. Ils ont en outre exprimé leur désir d’extension du périmètre afin de permettre aux producteurs de disposer de parcelles pour la relance de la production du riz pluvial.

Après Boudiéri, Tertius Zongo a visité à Diapaga l’exploitation d’un agro-businessman modèle qui s’investit avec beaucoup de réussite dans la production de bananes. Sur une superficie de 8 hectares, Tankoano Augustin entretient une bananeraie pour la production de bananes dont la variété connue est la grande naine. A partir d’un barrage sur le fleuve La Tapoa, il a mis en place un système de drainage des eaux pour alimenter son exploitation, grâce à une motopompe d’une capacité moyenne. En cette saison pluvieuse où la région est bien arrosée, la bananeraie est alimentée par les eaux de pluie, relayée par l’irrigation tous les 5 jours.

Le rendement attendu de cette bananeraie est de 55 tonnes à l’hectare en 2 récoltes pour une production attendue de 440 tonnes. Pour l’ensemble des 8 hectares, il compte réaliser un bénéfice de 51, 464 millions de Francs CFA. Tankoano Augustin pense que son exploitation aurait pu réaliser un résultat net plus important si une partie de la production n’était pas utilisée pour l’autoconsommation et comme dons gratuits. Selon le compte prévisionnel, l’autoconsommation se chiffre à 1050 000 FCFA.

Au-delà de la vente des régimes de bananes, il commercialise les rejets à des exploitants, ce qui lui procure des recettes additionnelles. Cet agrobusiness force l’admiration par son engagement en tant que fonctionnaire, directeur provincial de l’agriculture de la province de la Tapoa qui a choisi d’investir dans l’agriculture pour booster la production agricole et contribuer à sa manière à l’autosuffisance alimentaire. Le Premier Ministre a salué l’exemple de ce producteur qui donne la preuve que l’on peut être fonctionnaire et s’investir dans l’agriculture, pourvu qu’on s’y intéresse. Il lui a prodigué ses encouragements et félicité pour les résultats visibles et concrets qu’il a permis à la délégation de voir.

Le Premier Ministre a poursuivi sa tournée dans cette partie Est du pays par la visite de deux périmètres semenciers à Pemboaga 2 et Panyogdi, à une trentaine de kilomètres de Diapaga. Ces périmètres qui produisent des semences certifiées R1 de maïs, appartiennent tous les deux à Innocent couldiaty, directeur général de la Caisse nationale de Sécurité sociale, originaire de la région. Sur le premier site, d’une superficie de 60 hectares, la variété de maïs Massongo est exploitée sur 30 hectares de superficie emblavée. Le rendement attendu de cette exploitation agricole est de 4 tonnes à l’hectare avec une production totale de 120 tonnes.

Le deuxième site de production a une superficie totale de 38 hectares, où il est exploité la variété de maïs SR 21 sur 20 hectares de superficie emblavée. Le rendement attendu de cette exploitation est également de 4 tonnes à l’hectare avec une production totale de 80 tonnes. La superficie cumulée des deux champs est de 98 hectares avec 50 hectares de superficie emblavée. Au niveau du premier site de Pemboaga, il est prévu en rotation culturale pour la campagne 2010-2011, la production de semences de niébé sur les 30 hectares exploités, l’extension de 30 hectares pour la production de maïs.

Ces deux sites ont des comptes prévisionnels présentant des résultats nets bénéficiaires. Le site de Pemboaga, produisant la variété Massongo présente un compte prévisionnel de 45,375 millions F CFA de bénéfices pour les 30 hectares exploités. Le deuxième site de panyogdi présente quant à lui un compte prévisionnel de 28,855 millions FCFA de bénéfices pour les 20 hectares exploités.
Au-delà de ces résultats positifs en perspective que le Premier Ministre a d’ailleurs salué, le promoteur rencontre un certain nombre de difficultés dans l’exploitation de ces champs et a tenu à les partager avec le chef du gouvernement. Il s’agit essentiellement de difficultés d’acquisition de main d’œuvre et du faible niveau d’équipement. Les employés au nombre de 16 viennent tous d’autres provinces. Tertius Zongo a salué l’exemple du Directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale qui comme son compatriote Tankoano Augustin, donne la preuve par ses exploitations que l’agriculture peut rapporter. Pour le Premier Ministre, on peut mieux vivre qu’un fonctionnaire en exploitant la terre qui procure des richesses à qui la travaille.

Avant ces dernières étapes de Tertius Zongo dans la province de la Tapoa, il a visité le projet fruitier de Diapaga qui n’est pas un bel exemple de réussite au regard des difficultés qu’il connaît. Ce projet dont la création remonte à juin 1981, a été liquidé et cédé à un particulier en novembre 2008. Ses objectifs sont entre autres :
- D’introduire des essences fruitières comme le bananier poyo, les agrumes, les manguiers, les papayers solo, l’ananas et les goyaviers ;
- Commercialiser les espèces introduites ;
- Procéder à la vulgarisation des espèces introduites.
Le projet qui a fait jadis la fierté de la région pour sa capacité de production de produits exportés à l’extérieur du Burkina, est aujourd’hui en léthargie. On y dénombre seulement des manguiers au nombre de 210 pieds, des eucalyptus de bornage. Le repreneur n’a pas véritablement repris les choses en main.


Interview du Premier Ministre

« Nous devons changer nos mentalités et notre manière de faire »
A l’issue de cette journée de visite, Tertius Zongo a exprimé sa satisfaction pour l’engagement des producteurs dans les activités agricoles et pour le changement de mentalités qui est en train de s’opérer chez eux.
« Il y a un motif de satisfaction après tout ce que nous avons vu. Au-delà de la visite des champs qui est certes une bonne chose en soi, il importe de mettre l’accent sur la manière dont les gens perçoivent l’agriculture de manière générale et comment à partir de laquelle ils peuvent vivre.

Tout ce que nous avons vu nous convainc qu’on n’a pas besoin de beaucoup d’argent dans les aménagements pour vivre de l’agriculture. Les populations l’ont compris et ont adhéré. Ils ont compris que la terre est un capital et que lorsque l’on dort, on ne peut rien y attendre. Le site de Boudiéri que nous avons visité, vous avez vu que les producteurs l’exploitent trois fois dans l’année. Ils font du maïs, de la pomme de terre, etc. C’est comme cela que ceux qui ont l’argent travaillent. Il faut travailler et les paysans le savent. Ce qui est important c’est que même les fonctionnaires l’ont compris.

La bananeraie que nous avons vue est l’exemple d’un fonctionnaire qui sait s’investir dans l’agriculture. Ce qu’il gagne par mois, il ne peut pas l’avoir à la fin du mois à la fonction publique. Nous avons également visité des champs d’un fonctionnaire qui a un petit confort à Ouagadougou, mais qui a accepté en dehors des bureaux climatisés, venir investir dans l’agriculture chez lui. Il sait qu’au-delà de ce qui se passe à Ouagadougou, il doit montrer l’exemple ici chez lui.
En un mot, comme en mille, je dirai qu’il y a de l’espoir. Nous devons changer nos mentalités, nous devons changer notre manière de faire. Nous ne devons pas tout attendre de l’Etat qui n’est qu’un accompagnateur. Chacun doit faire l’effort à son niveau avant que l’Etat ne l’accompagne ».

Version imprimable