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Discours d’ouverture de son excellence monsieur Paul Kaba Thieba, Premier ministre du Burkina Faso à l’occasion de la tenue du forum d’affaires France – Burkina Faso

mardi 27 septembre 2016

Mesdames, Messieurs les Ministres ;
Monsieur le Président du Conseil Economique et Social ;
Mesdames, Messieurs les Membres du corps diplomatique ;
Madame la Présidente de l’Agence pour la Promotion de l’Investissement ;
Messieurs les Présidents du Mouvement des Entreprises de France(MEDEF) ;
Monsieur le Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Burkina Faso ;
Monsieur le Président de la Chambre des mines ;

Monsieur le Président du Groupement Professionnel des Industriels ;
Monsieur le Président de l’Union Nationale des établissements d’enseignements privés laïcs ;
Monsieur le Président du Cercle des chefs d’entreprises de presse ;
Monsieur le Président du Conseil National du Patronat Burkinabè ;
Mesdames et Messieurs ;

Chers invités ;

C’est un honneur et un immense plaisir pour son Excellence Monsieur le Président du Faso, Monsieur Roch Marc Christian KABORE et pour moi-même de vous recevoir dans notre pays. Qu’il me soit permis en son nom, de vous souhaiter la bienvenue et un agréable séjour au Burkina Faso, la patrie des hommes intègres.

Comme vous le savez, la France et le Burkina Faso sont unis par des liens économiques, politiques et culturels tissés par l’histoire et qui ne cessent de se renforcer depuis l’accession de mon pays à l’indépendance en 1960.

Il ya de cela quelques mois seulement, c’était en avril dernier, le Président du Faso a eu l’honneur d’être reçu par le Mouvement des Entreprises de France (MEDEF) à Paris. Au cours de cette visite, Son excellence Monsieur Roch Marc Christian KABORE avait invité votre Mouvement à visiter notre pays en vue de redynamiser les échanges économiques entre la France et le Burkina.

C’est pourquoi, votre présence aujourd’hui est un témoignage de la solidité de l’amitié entre nos deux peuples et de leur désir commun de renforcer ces liens à travers les échanges économiques. Elle est également l’expression d’une vision partagée de l’avenir par les peuples français et burkinabè, vision fondée sur la paix, la foi en la coopération internationale et l’ouverture aux échanges.

Oui, comment ne pas saluer votre présence au Faso, à un moment où l’histoire est en marche et que certains sont en proie au pessimisme, à la peur de l’autre et aux replis identitaires.

Je voudrais donc, au nom de Son Excellence Monsieur le Président du Faso, et au nom de mon Gouvernement, saluer la tenue de cette rencontre et remercier Monsieur le Président du MEDEF et tous les membres de sa délégation qui ont accepté d’effectuer le déplacement de Ouagadougou.

Mesdames et messieurs les chefs d’entreprises,
Votre visite à Ouagadougou intervient dans un contexte de politique, social et économique caractérisé par le renforcement de la liberté et de la démocratie et de l’espérance à la suite de la résistance courageusement opposée par notre peuple à la volonté d’un clan de se pérenniser au pouvoir en manipulant les textes fondamentaux de notre société. Face à cette tentative de confiscation du pouvoir, notre jeunesse a fait preuve d’héroïsme et de patriotisme en luttant victorieusement contre la force et la barbarie.

Au terme de cette période agitée, le Président Roch Marc Christian KABORE a été triomphalement élu à la magistrature suprême, au terme d’élections démocratiques libres et transparentes unanimement saluées.

Ces élections se sont déroulées dans un climat de paix, de tolérance et de résilience des institutions, en dépit du climat d’instabilité créé par l’insurrection populaire qui a mis fin au régime du Président Compaoré et par les soubresauts de la transition politique.

Au cours de notre histoire récente, notre peuple a fait preuve de maturité et de responsabilité en choisissant librement et dans la clarté son Président et la vision d’avenir qu’il incarne, à savoir une société de liberté, de progrès, de justice et de solidarité.

Monsieur le président,
Mesdames, messieurs les chefs d’entreprises

Dès la formation du Gouvernement intervenue le 12 janvier 2016, mon pays a été confronté à des attaques terroristes et à une série de tentatives de déstabilisation auxquelles notre peuple a su résister avec le concours des pays amis dont la France.
A ce jour, la situation sécuritaire est sous contrôle grâce au professionnalisme des Forces de Défense et de Sécurité, à la coopération régionale et à l’aide des partenaires internationaux.
Toutefois, la vigilance demeure de rigueur compte tenu du caractère régional, voire mondial de la menace.

Monsieur le président,
Mesdames, messieurs les chefs d’entreprises,
Mesdames, messieurs,

Permettez-moi maintenant d’évoquer l’état de l’économie nationale et de ses perspectives d’évolution en rapport avec le Plan National de Développement Economique et Social (PNDES).
Qu’est le PNDES ?
Il est la traduction du programme économique et social du Président du Faso pour le quinquennat 2016-2020.
Ce plan a récemment été adopté par le Gouvernement ; à ce titre il est le nouveau référentiel de la politique économique et sociale du Burkina pour le quinquennat 2016-2020.
L’objectif central du PNDES est de réaliser une croissance forte, durable et inclusive en vue de réduire la pauvreté.
A cet égard, nous sommes convaincus qu’il revient au secteur privé de créer la richesse et les emplois. L’Etat a pour rôle de créer les conditions de rentabilité de l’investissement privé, notamment par l’accroissement de la productivité et de la compétitivité de l’économie.
La mise en œuvre du PNDES intervient dans un environnement économique monétaire et financier qui s’est récemment consolidé après les incertitudes liées à la situation politique récente du pays et la situation de l’économie mondiale.
En effet, la croissance mondiale a subi l’impact du ralentissement de la croissance en Chine et en Europe notamment et subséquemment, le repli des matières premières exportées par le Burkina Faso. Par ailleurs, l’Afrique de l’Ouest a subi les effets négatifs des attaques terroristes, notamment celles du groupe Boko haram et des groupes fondamentalistes opérant dans les zones sahéliennes du Nord Mali et du Niger.
En dépit de ces chocs, l’économie burkinabè a fait preuve de résilience. Ainsi, la croissance du PIB nominal qui était revenue de 6,6% en 2013 à 4,4% en 2015, retourne progressivement au niveau du potentiel évalué à 6,5%.
La croissance du PIB ressortirait à 5,7% en 2016. Il s’y ajoute qu’avec la mise en œuvre du programme d’investissements publics prévus dans le cadre du PNDES, les perspectives sont favorables pour 2017, car les prévisions situent la croissance à 8,37%. Cette performance serait obtenue grâce à la mise en œuvre de la politique économique et sociale du Gouvernement dont les priorités sont :

-  le renforcement de la gouvernance par la lutte contre la fraude, la corruption et le renforcement du pouvoir judiciaire ;
-  la valorisation du capital humain par les investissements à réaliser au profit de l’éducation nationale, de la formation professionnelle et technique, et de la santé ;
-  le développement des infrastructures, notamment l’énergie et les routes. En ce qui concerne l’énergie, mon Gouvernement a fait l’option d’une transition vers les énergies renouvelables, singulièrement l’énergie solaire en vue de résorber le déficit de l’offre et de réduire le coût moyen de l’électricité. S’agissant des routes, la politique en la matière a pour objectif d’intégrer le marché intérieur et de réaliser le désenclavement extérieur du pays.
Au niveau des finances publiques, le cadre budgétaire de l’Etat est globalement stable, le déficit budgétaire (y compris les dons) est projeté à 5,13% dans l’avant projet de Loi de Finances rectificative pour 2016 contre 3,23% en 2016 ; le ratio d’endettement ressortirait à moins de 28% du PIB en 2016. Il est projeté à 29,5% en 2017.

S’agissant de l’inflation, le niveau général des prix est sous contrôle, le taux d’inflation étant projeté à 2% en 2016 et à 1,90% en 2017. Cette performance est due au contexte de désinflation mondiale mais également à la politique monétaire prudente de la Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

Quant à la monnaie, elle est stable en rapport avec le régime de change fixe et à l’arrimage du Burkina Faso à la zone franc.

Comme vous le savez, mon pays est situé au centre de l’Afrique de l’Ouest, avec comme pays voisins, le Bénin, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Mali, le Niger et le Togo. Cette position géographique est un atout pour le Burkina qui a l’ambition de construire une économie ouverte et compétitive. A cet égard, il sied d’indiquer que le Burkina est membre fondateur de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).

Au sein de ces deux communautés, le Burkina œuvre pour l’intégration économique régionale en vue de créer un espace partagé de croissance, de progrès, de démocratie et de paix.

Par ailleurs, à l’instar de la plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest, le Burkina Faso a signé les Accords de Partenariat Economique (APE) dont l’entrée en vigueur va sans doute stimuler ses échanges commerciaux avec l’Union Européenne.

En somme, grâce à sa position géographique au cœur de l’Afrique de l’Ouest et à son appartenance aux deux Communautés Economiques Régionales, le Burkina Faso représente pour les entreprises, une base idéale pour accéder aux marchés sous-régional et continental.

Mesdames et Messieurs,
Distingués invités,

Au-delà de ces atouts et opportunités qu’offre le contexte régional, je voudrais insister sur les réformes importantes que mon pays a entreprises sous l’impulsion du président du Faso dans le but d’assainir le climat des affaires et des investissements.
En effet, depuis sa formation intervenue en janvier 2016, mon Gouvernement a entrepris de profondes réformes sur le plan institutionnel, réglementaire et fiscal pour promouvoir le secteur privé, dynamiser la croissance, créer des emplois et réduire la pauvreté.

A titre d’exemple, on peut citer les mesures prises en 2016 pour faciliter la création d’entreprises dans notre pays. Ainsi, le délai de création d’une entreprise est désormais de 24 heures contre 05 jours auparavant. De même, le capital minimum des sociétés à responsabilité limitée SARL a été fixé depuis le 03 mai 2016 à cinq mille (5 000) F CFA contre cent mille (100 000) F CFA, et le recours à un notaire pour la création d’une société est devenu facultatif.

Par ailleurs, mon Gouvernement a mis en œuvre un programme de réforme de la fiscalité fondé sur les objectifs de simplicité, de justice, de compétitivité et de rentabilité. Les réformes déjà mises en œuvre ont également contribué à satisfaire les attentes des entreprises en termes de simplification de la législation et des procédures fiscales, de transparence, de cohérence et de stabilité.

Enfin, au niveau de la législation du travail, des avancées significatives ont été faites à travers notamment l’élimination des rigidités sur le marché du travail. En effet, le code du travail garantit la liberté d’embauche, d’emploi et de licenciement. Il reconnait également, à tout investisseur, le droit de diriger son entreprise en fonction des contingences de l’environnement. Le code de travail offre ainsi toutes les garanties de flexibilité nécessaires à la compétitivité de l’économie.

Dès son accession aux responsabilités, mon Gouvernement s’est fixé pour objectif d’améliorer significativement la position du Burkina relativement au classement « Doing Business » de la Manque Mondiale.
Les efforts entrepris en matière d’amélioration du climat des affaires et des investissements, ont ainsi permis à notre pays de réaliser en moins de neuf mois, un bond de 6 places dans le classement Doing Business au titre de l’année 2016 ! Aujourd’hui, le Burkina Faso est le 2ème pays de l’UEMOA et le 4ème pays de la CEDEAO où il est plus facile de faire des affaires.

Mesdames et Messieurs les chefs d’entreprises,
Distingués invités,

Le Burkina Faso est une destination d’opportunités pour vos investissements.

Le secteur minier burkinabè, est considéré comme étant l’un des plus prometteurs d’Afrique. Son potentiel de croissance demeure élevé au regard des réserves identifiées. La valeur ajoutée de ce secteur devrait s’accroître de 10,2% en moyenne au cours du quinquennat sous l’impulsion d’un code minier attractif et de la mise en exploitation de nouvelles mines d’or, de zinc, de cuivre et de manganèse. A titre indicatif il vaut de signaler que depuis le milieu de la décennie 2000, le Burkina Faso connait un boom minier qui a permis de porter la contribution de ce secteur au PIB de 0,7% en 2006 à 12.4% en 2014.

La fourniture d’énergie offre également un important potentiel d’investissements. En effet, dans le but de résorber le déficit énergétique et d’accroître la compétitivité de l’économie, mon Gouvernement est déterminé, dans le cadre de la mise en œuvre du PNDES, à organiser la transition énergétique du pays en soutenant le développement des énergies renouvelables, notamment l’énergie solaire. A cet effet, le cadre règlementaire en vigueur est d’ores et déjà favorable aux investissements sous forme de producteurs indépendants d’énergie « IPP ».
Au demeurant, toutes les incitations supplémentaires pour encourager ces IPP seront envisagées.

En ce qui concerne les infrastructures de transport, il est vital pour mon pays, de réaliser la connectivité intérieure en vue d’intégrer les marchés des biens et services. Par ailleurs, compte tenu de la position géographique l’édification d’infrastructures de transport rapides et fiables est indispensable pour favoriser les échanges économiques avec les pays voisins, singulièrement ceux qui ont un accès à la mer.

Pour la réalisation de ces infrastructures de transport, mon Gouvernement est favorable à toutes formes de mécanismes de financements singulièrement les partenariats publics - privés.

L’agriculture et l’élevage dont la contribution au PIB est de 30% offrent également d’importantes opportunités d’investissements, au regard des marges disponibles en termes de gains de productivité. La valeur ajoutée du secteur primaire devrait connaitre une croissance moyenne de 5,3% par an au cours du quinquennat. En particulier, les agropoles de Bagré, de la Vallée du Sourou et bientôt de Samandéni sont particulièrement favorables aux investissements étrangers.

Avec une production moyenne de 700 000 tonnes par an, la culture du coton constitue l’une des principales ressources d’exportation du Burkina.

Au demeurant, la stratégie du Gouvernement à travers le PNDES vise à favoriser l’accroissement des rendements, à créer des chaînes de valeur au niveau du secteur primaire et à organiser la transformation structurelle de l’économie par une solide articulation entre les secteurs primaire et secondaire.

En ce qui concerne le secteur tertiaire, il devrait connaitre un taux de croissance annuel moyen de 6,7%, soutenue notamment par le commerce, les services financiers, les TIC, le tourisme et la culture.

De nombreuses opportunités s’offrent également dans plusieurs branches et filières telles que :

1) l’habillement (industrie textile, du cuir et peaux, etc.) ;

2) les produits alimentaires animaux (production industrielle de la viande, du lait et du beurre) ;

3) les produits alimentaires agricoles (production et conditionnement à grande échelle des produits agricoles comme le riz, les huiles et les produits maraichers).

Mesdames et Messieurs,
Distingués invités,

Le coût global de la mise en œuvre du PNDES est estimé à 15 395,4 milliards de francs CFA, soit 23,5 milliards d’euros dont 54,6% de dépenses d’investissement, soit 12,8 milliards d’euros.

La stratégie de financement retenue privilégie la mobilisation des ressources propres notamment la réduction du train de vie de l’Etat, l’amélioration du taux de pression fiscale qui devrait passer de 14,5% en 2016 à 20% en 20% à la faveur de la mise en œuvre des réformes en cours. Le plan serait financé à hauteur de 63% par nos ressources propres.
Le besoin de financement qui se chiffre à 5 570,2 milliards de F CFA (soit 8,5 milliards d’euros) sera couvert par la recherche de financements sous divers formes dont :
-  les dons ;
-  les financements concessionnels ;
-  les Partenariats Publics Privés ;
-  les emprunts sur les marchés financiers.

Distingués invités,

Permettez-moi de profiter de cette tribune pour vous annoncer officiellement l’organisation de la table ronde des partenaires du Burkina Faso pour le financement du PNDES.

Cette conférence est prévue à Paris les 7 et 8 décembre 2016.
Je voudrais terminer mon propos en souhaitant que vos travaux débouchent sur un nouveau partenariat économique entre nos deux pays, à la hauteur des enjeux de l’histoire et des attentes de nos peuples.

Sur ce, je déclare ouverts les travaux du forum d’affaires France – Burkina Faso.

Je vous remercie pour votre aimable attention.

MARDI 27 SEPTEMBRE 2016
HÔTEL LAÎCO – OUAGA 2000

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