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Rentrée 2015 du barreau :les avocats s’attaquent à la corruption judiciaire

vendredi 20 mars 2015

La rentrée solennelle 2015 du Barreau du Burkina Faso, couplée à la commémoration des 25 ans d’existence de l’organisation, est intervenue hier, jeudi 19 mars 2015 à Ouagadougou, sous la présidence du chef de l’Etat, Michel Kafando.

La grande famille des avocats du Burkina Faso s’est réunie, le jeudi 19 mars, dans la salle de conférence de Ouaga 2000, pour effectuer la rentrée 2015 du Barreau, sous le thème : « Gouvernance juridique et judiciaire des INVESTISSEMENTS en Afrique : quel rôle pour l’avocat ? ». S’étalant sur 72 heures, cette rentrée coïncide avec les 25 ans d’existence du Barreau (1990-2015), que dirige le bâtonnier, Me Mamadou Traoré. La cérémonie y afférente a été conduite, de bout en bout, par le chef de l’Etat, Michel Kafando, président du Conseil supérieur de la magistrature (CSM), en présence d’autres membres du gouvernement.

Auréolé de la présence de ses confrères burkinabè et de barreaux d’autres pays invités, le bâtonnier Traoré n’est pas passé par moult tournures, pour aborder les sujets préoccupants de l’heure. D’emblée, il a regretté l’absence d’un centre de formation pour avocats au niveau national, alors que l’enseignement paraît capital à ses yeux, pour une meilleure pratique de la profession. Pour autant, a-t-il dit, le Barreau s’est saisi de ce problème, à travers d’« importantes » initiatives, en attendant un engagement « clair » et « fort » de l’Etat. Me Mamadou Traoré a fait cas de l’élaboration d’un « plan quinquennal de recrutement de 20 à 25 élèves avocats pour porter en 2020, le nombre des avocats actuellement de moins de 200 à près de 340 ». La formation d’une durée de 18 mois a un coût de 750 000 francs CFA, un « coût à minima », à écouter le bâtonnier, le Barreau ne bénéficiant pas du soutien de l’Etat. L’accès à la justice par les plus démunis et la corruption dans le domaine de la justice ont été également évoqués par le bâtonnier. Il s’est surtout attardé sur la question de la corruption, une « menace » à l’existence du métier d’avocat. Ce sujet, à l’entendre, transparaît d’ailleurs dans le thème de la présente rentrée, sous l’angle de la gouvernance judiciaire des INVESTISSEMENTS.

« La corruption du système judiciaire est un frein à l’investissement, car les investisseurs ne prennent jamais le risque d’investir là où il y a l’insécurité juridique et judiciaire », a fait observer le bâtonnier. Précisant que beaucoup d’investisseurs préfèrent désormais l’arbitrage aux aléas judiciaires, Me Traoré a fait remarquer que « la corruption est source de désordre et d’explosion sociale ». Pour lutter contre ce phénomène, il pense que les pouvoirs publics doivent « sanctionner immédiatement » les cas de corruption « précis », dénoncés par le Réseau national de lutte contre la corruption (REN-LAC). Telle est la ligne défendue par le Barreau, dont il préside aux destinées. Conviées à la rentrée solennelle, plusieurs personnalités de barreaux ou de regroupements d’avocats étrangers ont manifesté leur soutien à leurs confrères burkinabè, en des formules différentes. Il s’agit du bâtonnier de Lyon, Pierre Yves Joly, du Secrétaire général (SG) de l’Union panafricaine des avocats (UPA), Kari Abdoul Bagui, du président de la Conférence internationale des barreaux (CIB), Ameth Ba et du vice-président de la Conférence des Barreaux de l’UEMOA, Moussa Coulibaly. Outre les messages de soutien et d’encouragement, le bâtonnier de Lyon a souhaité que le jumelage avec le Barreau du Burkina, vieux de quatre ans, se poursuive « avec acuité », que par le passé. « Tout ce qui fortifie le droit doit être soutenu par les avocats », a-t-il affirmé dans la foulée. Le SG de l’UPA, lui, a souligné, entre autres, l’attachement de son organisation à l’indépendance des barreaux et au renforcement des capacités des avocats. Le vice-président des barreaux de l’UEMOA a, pour sa part, insisté sur la nécessité de « combattre » la corruption, qui gangrène les systèmes judiciaires africains et compromet la bonne gouvernance.

Partageant tour à tour ces visions, le président du Faso a clos la rentrée solennelle du Barreau burkinabè, en signifiant à l’assistance que le gouvernement de Transition entend prioritairement « faire connaître le système judiciaire au Burkina ». D’où l’organisation des états généraux de la justice, du 24 au 28 mars 2015, a-t-il relevé. Par ailleurs, les deux lauréats du concours de plaidoirie du Barreau, Me Dieudonné Willy et son confrère Olivier Yelkouni ont reçu des cadeaux, tout comme le chef de l’Etat, à qui un tableau a été offert en guise de reconnaissance à ses efforts pour le monde judiciaire. Plusieurs communications ayant trait à la gouvernance judiciaire et au métier d’avocat seront livrées à la faveur de cette rentrée du Barreau, cumulée à la célébration de ses 25 ans, qui prendra fin le 21 mars 2015. }}}

Kader Patrick
KARANTAO

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Michel Kafando : « Les avocats jouent un rôle fondamental »

A l’issue de la rentrée solennelle du Barreau, le chef de l’Etat s’est prononcé sur le rôle des avocats dans la société

« J’ai accepté présider cette rentrée, convaincu que les avocats représentent une pièce importante de la société burkinabè. Habituellement, on voit l’avocat comme celui qui plaide une cause pour avoir de l’argent, alors qu’il joue un rôle beaucoup plus fondamental et social. Les avocats contribuent à évacuer certaines situations et à faire comprendre d’autres, par leur rôle de médiateur et de conseiller, et par les recommandations qu’ils peuvent donner. C’est pour cela, que nous sommes venu les encourager et leur dire que nous travaillons à les aider, car avec un bon barreau, beaucoup de choses peuvent être résolues pour le peuple burkinabè. Le barreau a exprimé des préoccupations et c’est tout à fait normal. Nous les avons entendus et on verra bien. Le besoin de formation est extrêmement important et nous verrons avec le barreau comment améliorer cette situation (…) ».

Propos recueillis par K.P.K.

Sidwaya

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