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DISCOURS DE SON EXCELLENCE MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE, CHEF DU GOUVERNEMENT A L’OCCASION DES TRENTE ANS DE SIDWAYA ET DU CINQUANTENAIRE DE L’AGENCE D’INFORMATION DU BURKINA

vendredi 6 juin 2014

-  Monsieur le Président de l’Assemblée nationale ;
-  Madame la présidente du Conseil supérieur de la Communication ;
-  Mesdames et Messieurs les présidents d’institution ;
-  Excellence Mesdames et Messieurs les Chefs de mission diplomatiques ;
-  Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Internationales et Interafricaines ;
-  Mesdames et Messieurs les Représentants des Organisations Non Gouvernementales ;
-  Chers confrères et amis de la presse
-  Honorables invités ;

-  Mesdames et Messieurs ;

Les activités commémoratives des trente ans du Quotidien Sidwaya et du cinquantenaire de l’Agence d’Information du Burkina (AIB), en cette année 2014, m’offrent l’heureuse occasion d’exprimer mes vives et chaleureuses salutations et un joyeux anniversaire à tous les acteurs qui sont parties prenantes de la belle aventure de cette entreprise de presse.

Les pionniers que nous sommes, avons travaillé avec abnégation, parfois dans l’anonymat et un total don de soi, pour asseoir progressivement les fondements de la maison commune et, en faire le puissant vecteur d’information, de sensibilisation et de formation qu’il est aujourd’hui.
Les actions de ces devanciers n’ont pas été sans difficultés certes, mais leur perspicacité et leur esprit d’équipe, ont pu vaincre les résistances et permettre aux éditions SIDWAYA d’écrire leurs belles pages d’histoire. Aujourd’hui, au regard des progrès réalisés par les Editions Sidwaya à travers l’amélioration et la diversification de ses services, l’on peut affirmer que la relève est bien assurée.
La nouvelle génération d’hommes et de femmes qui l’anime, nourrit de nouvelles ambitions et travaille ardemment à consolider l’entreprise qui lui a été léguée et, à lui façonner un meilleur devenir. Je peux affirmer que les titres SIDWAYA, notamment notre quotidien, a su rester dans l’air du temps et s’adapter aux contextes sociopolitiques et socioéconomiques changeants de ces trois décennies.

Je voudrais donc, rendre un vibrant hommage à tous ces acteurs d’hier et d’aujourd’hui, pour tous les sacrifices consentis, pour leur engagement patriotique, leur sens de responsabilité et du devoir partagés. Ce sont ces qualités de bâtisseurs qui nous valent les acquis célébrés en ce double anniversaire.

Au-delà de cette reconnaissance méritée, c’est le lieu pour moi de traduire la joie qui m’anime en ce jour, de prendre part à cette double célébration, aux côtés de personnalités, des icônes du monde de la presse nationales dans ses diverses composantes ainsi que des travailleurs, des anciens agents, des retraités des Editions Sidwaya, et de l’Agence d’Information du Burkina. Ils sont venus d’horizons divers pour non seulement partager ces instants de convivialité et témoigner de leur solidarité au personnel des Editions Sidwaya, mais également pour magnifier la confraternité et les valeurs qui cimentent notre appartenance à la profession de journaliste et aux différents métiers des médias que nous avons toujours plaisir à défendre et à promouvoir.
Vous me permettez de m’acquitter d’un devoir de reconnaissance à l’endroit de celui qui aura été, n’en déplaise à ses détracteurs, un des artisans de la liberté de presse au Burkina Faso. Je veux parler du Président Blaise Compaoré. Nous nous souvenons dans quelle atmosphère nous évoluons sous la Révolution jusqu’à l’avènement du Front populaire. Le président Compaoré a toujours eu un penchant particulier pour la presse en général et en particulier la presse privée. Il est l’inspirateur de tous les textes et de tous les changements politiques et institutionnels qui ont donné aujourd’hui leurs lettres de noblesse à nos médias. Qu’il en soit infiniment remercié.

Chers consœurs,

Chers confrères

Evoluant aujourd’hui en dehors des rédactions, j’ai le privilège non seulement de conduire l’action du Gouvernement, mais aussi et surtout, d’avoir un bon recul pour partager ma perception de l’avenir de la presse en général et celle de Sidwaya en particulier. Ce qui tue une profession, c’est de se muer dans des certitudes et manquer d’imagination pour préparer l’avenir.
En matière de démocratie et de liberté de la presse, nous avons fait une progression spectaculaire que de nombreux pays nous envient. Dans le dernier classement mondial 2013 de Reporter sans Frontière, le Burkina Faso occupe la 46 ème place sur 179 pays en matière de liberté de la presse. Cet indicateur flatteur est aussi un baromètre de qualité de notre processus démocratique. La liberté de presse ne peut en effet s’épanouir et propérer, que dans un contexte de démocratie véritable. C’est une avancée à l’actif du gouvernement mais surtout à l’actif des animateurs du monde des médias publics et privés.
C’est donc dire qu’il faut continuer à travailler pour renforcer la démocratie et la liberté de la presse. L’avenir de nos médias dépendra en grande partie de deux défis majeurs qu’il faut relever dès maintenant.

1 – Le défi du professionnalisme

La puissance des médias repose avant tout sur le professionnalisme de ceux qui l’animent. Oui le journalisme, ce n’est pas de l’amateurisme où viennent s’aventurer ceux qui pensent avoir échoué ailleurs. C’est un métier avec ses principes, ses règles et sa déontologie qui en font un secteur particulièrement difficile. Sur ce point, trois aspects majeurs me paraissent essentiels : la maitrise de la science et de la technique de la communication ou de l’information ; la responsabilité sociale du journaliste ; la nécessité du pluralisme et de l’équité de l’information.

La maitrise de la science et des techniques est le soubassement de tout métier parce qu’elle nous outille pour traiter l’information, dire la vérité et se protéger.
La responsabilité sociale du journaliste est sans doute la plus difficile à assumer car elle oppose toujours le professionnel à sa conscience, à l’information à traiter et la responsabilité dont il faut endosser quand cette information est publiée ou diffusée. C’est pourquoi elle fait appel au respect des principes éthiques et de déontologie. L’observation stricte de la morale et des règles de notre métier exige de nous :
- de diversifier nos sources en donnant la parole à toutes les parties concernées ;
- d’accorder la même place et la même importance à tous les acteurs dans le traitement de l’information ;
- d’être au service de nos concitoyens en contribuant à la promotion du service public et de la Gouvernance politique et économique.
- de ne dire ou écrire que ce qui est conforme à notre intime conviction.
- de respecter la vie privée des citoyens

Le professionnalisme nécessite la formation institutionnelle ou sur le tas, la remise en cause permanente des acquis et des connaissances, l’amélioration des conditions de vie des professionnels etc.
Il faut saluer la vivacité de nos médias et leur développement exponentiel. Nous comptions en juin 2013 environ 88 journaux, 136 radios privées, une vingtaine de télévision privées. Bien sur sans compter la dizaine de chaines de radios et télévisions publiques. C’est la preuve que la presse a de beaux jours devant elle au Burkina Faso. La preuve qu’elle devient un secteur important de création d’emplois.

Mais, Chers consœurs,

Chers confrères,

Une constante demeure inquiétante. Il n’y a pas véritablement de pluralisme de l’information et de pluralisme d’opinions dans la plupart de nos médias. Ainsi, dans sa grande majorité, notre presse n’excelle pas dans le pluralisme et l’équilibre de l’information. Les contenus qui nous sont servis relativement à la vie politique nationale le démontrent amplement. Les analyses ayant pour la plupart, tendance à privilégier les thèses de telle ou tel groupe politique ou d’organisations de la société civile.
Sur ce point précis, j’invite les confrères à ouvrir équitablement leurs antennes et leurs colonnes à tous les courants, en faveur d’un débat équilibré. C’est en cela, qu’ils rendront le meilleur service à la démocratie, à l’ensemble de la classe politique et au citoyen électeur.
Je voudrais ici, saluer l’avènement de l’Observatoire burkinabè des médias (OBM) et de celui des médiateurs dans nos organes de presse et, les encourager dans leur mission de conciliation, d’encadrement, de formation et de sensibilisation de l’opinion dans notre quête partagée d’une presse encore plus professionnelle et responsable. J’encourage le Conseil supérieur de la communication à poursuivre son noble combat, nonobstant les incompréhensions qui peuvent entourer ses décisions.

Chers consœurs,

Chers confrères

2 - Le défi de l’économie des médias
Dans les années 90, avec le retour de la démocratie dans notre pays, la plupart des promoteurs des médias poursuivaient des objectifs plutôt philanthropiques que commerciaux. Profiter de la liberté induit par le contexte démocratique semblait guider vos devanciers. Quant aux médias publics formatés dans l’idéologie du service public, la rentabilité de leur entreprise n’était pas leur souci.
La presse aujourd’hui, c’est du business, pour reprendre cette expression anglo-saxonne. Comme toute affaire, il ya des règles et des principes de gestion qu’il faut s’imposer. Même si par ailleurs, médias publics et privés ont des obligations de service public. Il faut vous convaincre que l’aide de l’Etat va disparaitre un jour ou elle pourrait être réorientée pour accompagner les vraies entreprises de presse. Cette contrainte là, il ne faut pas la sous-estimer. Je remercie la SEP d’avoir permis aux gouvernements de prendre pour la première fois dans ce pays, des mesures d’accompagnement fiscal pour aider les médias privés.

Dans cette économie des médias, il y a la bataille technologique qu’il faut gagner. Les technologies de l’information et de la communication sont devenues le premier pilier des entreprises de presse et des médias écrits et audiovisuels. L’ère de la Télévision numérique de terre est déjà à nos portes. L’informatisation totale des éditions de presse est déjà en marche dans le monde. La pratique même du métier se trouve transformée par les possibilités offertes aux hommes des médias. S’accrocher à des outils archaïques ou désuets, avoir des modes travail du 20ème siècle constitue un véritable frein à l’essor des médias.

Certes la responsabilité du gouvernement est ici importante car il nous faut développer les infrastructures de base des TIC pour permettre leur généralisation dans la société. Je puis vous assurer que nous y travaillons. Dans trois ans au plus tard, nous disposerons d’un réseau intense de fibres optiques qui va quadriller tout le territoire.
Enfin, dans cette économie des médias, il nous faut accorder une attention particulière aux marchés de vos publics cibles. Il s’agit à la fois de tenir compte de leurs aspirations, mais aussi, d’étendre vos réseaux à tout le pays. Sur ce point, il ya beaucoup de choses à faire.
Alors que les chaines de télévisions ou de radios restent concentrées dans les grandes villes, une grande partie du territoire n’est couverte que par la RTB. Et même de nos jours, plusieurs localités ne reçoivent pas son signal.
La presse-écrite devrait se déployer davantage et ouvrir plus de possibilités aux personnes pouvant lire dans les langues nationales.

Chers confrères,

Chers consœurs,

Je pourrai disserter encore longtemps sur la problématique des médias au regard de la passion que je nourris pour ce métier dans lequel j’aurai vécu presque autant d’années que le quotidien SIDWAYA. L’avenir des médias constitue donc pour moi, une préoccupation constante. Aussi, je réaffirme solennellement mon engagement et celui du Gouvernement, à poursuivre les combats qui nous tiennent tous à cœur en faveur d’une libéralisation encore plus responsable du code de l’information, d’une fiscalité plus souple et d’un appui structurant pour la presse privée. Je réaffirme la nécessité d’une presse d’Etat au service des citoyens et du développement qu’il il faut continuer à soutenir.
Sans vouloir déflorer le débat auquel nous convie le thème de cette célébration, je me devais, d’aborder ces questions qui me semblent d’une brûlante actualité et au cœur de nos défis. C’est pourquoi, je salue l’initiative des responsables des Editions Sidwaya qui ont, à la faveur de cette commémoration, accepté de poser le débat et, de s’interroger sur l’avenir de leur structure et de discuter sur l’ensemble de ces problèmes.
Je salue le dévouement de tous les travailleurs des Editions Sidwaya et de l’Agence d’Information du Burkina qui se sont investis durant les années écoulées pour le développement de l’Etablissement et je prie le Seigneur afin qu’il couronne tous vos efforts de succès en vue de lendemains meilleurs et prometteurs.

C’est le lieu pour moi de féliciter et d’encourager le Directeur général et l’ensemble de ses collaborateurs pour leur sacrifice, leur courage, leur abnégation et leur esprit de créativité et d’ouverture. Je les exhorte instamment, à inscrire en lettres d’or dans toutes leurs actions, le dialogue, l’union, la solidarité et la confraternité pour l’atteinte des objectifs qui leur sont assignés en vue de l’obtention des résultats tangibles au cours de leur mandat.
J’ai rejoins depuis 24 heures la classe des retraités. En cette qualité d’aîné, j’invite l’ensemble des plus jeunes confrères encore à l’ouvrage, à davantage de prise de conscience, dans la perspective de changements de mentalités, de la consolidation des acquis et du renforcement de la gouvernance au sein de nos médias.

Tous ces efforts, j’en suis sûr, permettront de tisser les liens d’une collaboration accrue entre travailleurs en vue d’un rayonnement plus grand des Editions Sidwaya qui finiront par s’imposer, comme une entreprise de presse à la hauteur des grandes ambitions qui sont les nôtres et que nous voulons, à court terme, une référence dans la sous-région ouest africaine.
Je ne pouvais trouver de meilleurs moments pour faire mes adieux à SIDWYA et à la presse-écrite, là où exactement j’ai planté ma première plume le 25 novembre 1980. Dès ce soir, je rejoins le club des retraités actifs de la presse.

Longue vie à SIDWYA

VIVE LA LIBERTE DE LA PRESSE

Joyeux anniversaire à toutes et à tous !

Je vous remercie

Ouagadougou, le 5 juin 2014

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