Accueil thématique

Dossiers


Recherche personnalisée


Vidéos
PNDES : Ouagadougou veut convaincre pour financer son développement



Abonnez-vous!
La lettre d'information du Gouvernement


Sites Publics

 Présidence du Faso
 Assemblée nationale
 LegiBurkina
 Archives du site du Premier Ministère
Accueil > À la une > Acutalités > Premier Ministère > Tertius ZONGO en direct au forum des internautes de L’Observateur (...)

Tertius ZONGO en direct au forum des internautes de L’Observateur Paalga

mercredi 24 juin 2009

Les activités de communication du Premier Ministre, entrant dans le cadre du deuxième anniversaire du gouvernement Tertius ZONGO se sont poursuivies avec ce mardi 23 juin 2009, la participation de Son Excellence au forum interactif de l’Observateur paalga. Prévus pour démarrer à 9heures GMT, les échanges ont commencé avec 10 minutes d’avance, pour prendre fin aux environs de 11heures 30 minutes. Pendant plus de deux heures d’horloge, le chef du gouvernement qui avait à ses côtés le Secrétaire Général du gouvernement monsieur Adrien KONE et le Conseiller spécial Bonoudaba DABIRE notamment, a échangé en direct avec les internautes d’ici et d’ailleurs sur les grandes questions de la nation.

L’esprit de cet exercice était de permettre à Son Excellence Monsieur le Premier Ministre de toucher d’autres publics dont celui de la diaspora, tout comme il est l’expression de l’intérêt que le gouvernement accorde à une technologie de communication aujourd’hui incontournable à savoir l’Internet. Le Directeur des rédactions de l’Observateur Paalga, monsieur Ousséni Ilboudo, qui assurait la police des échanges, pour commencer n’a pas résisté au désir de connaître les sentiments du premier Ministre sur le forum comme l’atteste la première question.

Le forum des internautes de L’Observateur fait des gorges chaudes par moment. Vous en tant que Premier ministre, qu’est-ce que vous en pensez ?

J’encourage ce type d’espace d’expression. Il y a des insuffisances et des contributions positives. Ce qui est plus important, c’est qu’il faut regarder par la fenêtre les petites bonnes choses qui se font. Il faut éduquer, conscientiser les internautes pour qu’ils comprennent que ce n’est pas un espace pour insulter, pour se défouler. Mais pour apporter sa pierre à une éducation citoyenne.

Robin of Woods : Monsieur le PM à votre arrivée il y a 2 ans, vous aviez parlé de l’évaluation de l’action gouvernementale à travers les ministres qu’en est-il aujourd’hui ?

Je dois dire que les ministres sont évalués. Il faut mettre les cadres, et les instruments en place ; ce à quoi nous nous sommes attelés ; chaque ministre au dernier trimestre de l’année reçoit sa lettre de mission pour l’année à venir, élabore un programme d’activités trimestriel qu’il envoie au Premier ministère, et l’état de réalisation trimestriel.
Sur la base de la mise en œuvre de ce programme d’activités au premier trimestre de l’année N+1, chaque ministre reçoit une lettre d’évaluation lui indiquant les insuffisances, les points de satisfactions, et les ajustements attendus.
Le pas qu’il reste à faire, c’est de communiquer sur cette évaluation.

Pigeon vert : Monsieur le Premier ministre, j’aimerais bien savoir comment les membres de votre gouvernement et tous les grands DG font pour envoyer leurs enfants dans les universités européennes et américaines. Donnez-nous la recette s’il vous plaît.

Guy Roland : Monsieur le Premier Ministre, lorsqu’il y a des revendications, vous et votre gouvernement criez que notre pays est pauvre. Je voudrais vous demander si réellement le Burkina est pauvre comme vous le dites, car si réellement nous sommes pauvres comme vous le dites, pourquoi vous, vos ministres et le cercle qui vous entoure vivent à 500 km à l’heure et vous voulez que la grande majorité des Burkinabè vivent à 10 km/h ?

Je veux simplement dire que j’ai eu la chance de vivre aux Etats-Unis et j’ai eu l’occasion de côtoyer des enfants de simples fonctionnaires, de commerçants. Ce que je veux dire, c’est que l’école est un investissement. Par conséquent, je peux comprendre qu’un ministre soit plus sensible à envoyer son enfant aux Etats-Unis.

En revanche, il y a au Burkina de très bonnes écoles de formation, qui dispensent de très bonnes formations de qualité mais qui ne sont pas très connues. Nous devons les aider à garder le cap et à se faire connaître. Alors, ceci dit, dans la vie, il faut toujours faire un choix. Choix entre la satisfaction des plaisirs du moment, et les sacrifices du moment pour les plaisirs de demain.

Alors, pour le Burkina, face aux revendications on dit que le Burkina est pauvre. Mais je ne pense pas avoir sorti cette phrase de ma bouche. Le Burkina n’est pas pauvre. La pauvreté est un état d’esprit ; celui qui crie tous les jours qu’il est pauvre, va mourir pauvre. Je ne crois pas être porteur d’une telle mission. J’ai toujours parlé d’une adéquation entre les ressources et les emplois, mais aussi d’une meilleure utilisation des ressources. Et la manière pour y parvenir, c’est plus de transparence de la part de ceux qui gèrent les ressources de l’Etat et plus de dialogue avec toutes les parties prenantes. Et c’est ce à quoi le gouvernement s’attelle.

JINAZOUM : Blaise COMPAORE est-il indispensable au Burkina ? Ne croyez-vous pas aux vertus de l’alternance ? Pourquoi pensez-vous que dans les grandes démocraties un seul homme n’est pas autorisé à faire 20 ans au pouvoir ? Je voudrais que se soit moins le Premier Monsieur que Monsieur Tertius ZONGO, l’enfant de Doudou, qui réponde à ma question. Merci Son Excellence.

Tenga : Après 23 ans à la tête du Burkina, ne croyez vous pas que Mr COMPAORE devrait donner le témoin à un de vos camarades du CDP et jouir enfin d’une retraite bien méritée ?

Une Ouagalaise : Pouvez-vous nous confirmer que ce qui se passe au Niger n’arrivera pas chez nous ? Que l’article 37 de notre constitution ne sera pas encore modifié ?

Je pense que tout homme qui pense à son indispensabilité n’a pas compris le sens de la vie. Le pouvoir de la vie et de la mort n’est pas entre les mains des hommes. Par conséquent, chacun apporte sa contribution là ou le devoir l’appelle.

Deuxième volet de la question : que le président laisse sa place à un autre camarade du CDP. Il faut dire ici que ce qui est important, c’est d’observer les règles qui conduisent quelqu’un à la présidence du Faso. Au terme de notre loi fondamentale, il n’est pas donné au chef de l’Etat de désigner son remplaçant, c’est la voie des urnes, c’est le peuple qui désigne le président du Faso. C’est pourquoi mon intime conviction, c’est que les prétendants à la magistrature suprême jouent le jeu et se présentent devant le peuple.
Ma position personnelle sur l’alternance

Pour moi, l’alternance n’est pas une solution magique aux problèmes. A partir du moment où c’est sur la base du bilan, ou du projet de société qui est proposé que le peuple choisit ses dirigeants, il faut lui reconnaître ses droits et le laisser agir.

Pour l’article 37, concernant le mandat présidentiel, il est tout à fait évident qu’une constitution est une loi fondamentale, mais a ses règles de révision. C’est ça le principe général, si les règles sont remplies, toute disposition constitutionnelle peut être révisée

Le deuxième élément, l’initiative peut être de l’intéressé ou venir d’ailleurs. Dans ce pays nous voulons que la loi soit respectée jusqu’au bout. Par conséquent, je ne pense pas et ne souhaite pas que nous aboutissions sur quelque domaine que ce soit de la loi à des situations de blocages comme cela se voit dans certains pays.

Le Survivant : Monsieur le PM, quand vous permettez à ceux qui ont pris les villas de la CNSS de rembourser d’ici la fin de l’année, c’est dur à comprendre. Ils ont combien à la fin du mois, le premier responsable en occurrence le président du Faso à comme Salaire : 1 672 000 F Indemnités : 750 000 F. Combien d’ans lui faut-il pour payer une villa de 100 000 000 F ? On aurait dû les rembourser ce qu’ils ont cotisé et retirer les villas. Ensuite faire un audit pour savoir comment ont-ils fait pour avoir tout cet argent ?

Je pense que c’est compréhensible sa position extrême. On est dans un cadre contractuel, il y a un contrat signé entre la CNSS et ces personnes. Ce contrat a ses règles d’application. Et les règles c’est des paiements d’intérêts de retard sur les échéances non honorées. Par conséquent, il me paraissait normal en intervenant comme partie externe au contrat mais moralement chargé d’assurer la bonne gestion des deniers publics, de prendre une position de compromis mais de fermeté. C’est pourquoi, j’ai proposé un an de plus pour ceux qui veulent garder les maisons pour qu’ils paient tout ce qu’ils doivent payer ou de voir les maisons retirer.
Une autre position aurait été de dire de retirer tout, tout de suite, mais je pense que le signale le plus important, c’est un appel de toutes les parties à plus de responsabilité.

Lamine de Côte d’Ivoire : Nos autorités ont un terrain pour bâtir la Maison du Burkina. Cela fait plus de 10 ans que nous cotisons. Chaque fois qu’on va faire la carte consulaire, on nous fait payer 1 500 F. Alors monsieur le Premier ministre, que devient ce projet ?

Je dois dire que l’internaute a raison. Mais il faut communiquer un peu plus et cela est de la responsabilité de l’ambassade. Il faut dire que c’est un projet qui demande beaucoup d’argent. Une société avait été créée et les plans architecturaux élaborés ; la diaspora burkinabè s’était engagée à contribuer, parce que nous n’avons pas voulu que ce soit une maison financée sur fonds publics uniquement. Pour deux raisons : la première, la plus importante, c’est de permettre à notre diaspora de pouvoir placer son argent dans les conditions sûres de rentabilité tout en contribuant au rayonnement du pays à l’extérieur. La deuxième : c’est que l’Etat n’est pas très compétent pour gérer ce type d’infrastructure et les maintenir en bon état de marche.
Malheureusement, les contributions annoncées par la diaspora n’ont pas été libérées à la hauteur des attentes, ce qui n’a pas permis au projet de démarrer comme prévu. Toutefois, il reste une priorité du gouvernement, et la situation socio-politique actuelle qui se dessine en Côte d’Ivoire rend sa réalisation encore plus urgente.

Gilchrist : Ma préoccupation est relative à la SOFITEX. Je rentre de mon village et j’ai constaté avec amertume le calvaire que les producteurs du MOUHOUN vivent. En effet, au 21 JUIN 2009, beaucoup de producteurs de notre zone ne sont toujours pas payés par la SOFITEX après plus d’un an qu’ils ont semé leur coton. J’ai été ahuri, écoeuré et stupéfié lorsque des Responsables de cette Société ont déclaré sur la radio BOBO que les producteurs doivent attendre toujours car "le Blanc" qui devrait débloquer l’argent pour nos braves paysans est tombé dans l’océan atlantique dans le crash de l’avion de Air France. N’es-ce pas là un mensonge très grossier. Excellence Mr le PM, Est ce que c’est sérieux ? Ces responsables de la SOFITEX se moquent-ils des paysans ou de vous (PM, gouvernement, Chef de l’Etat, tout le Peuple du Burkina) ? Quelles actions envisagez-vous pour remédier à cette situation ?

Je suis étonné par cette déclaration, parce que les conventions de financement de cette campagne par la SOFITEX ont été signées avec le pool bancaire. Par conséquent, le gouvernement a pris les mesures nécessaires et s’il y a un problème, c’est au niveau de la SOFITEX. Je sais que le conseiller financier de SOFITEX qui travaillait à la Banque HSBC qui fait partie des banques qui financent la campagne cotonnière a malheureusement perdu la vie dans le vol d’Air France Rio – Paris. Naturellement, son remplaçant prendra un plus de temps pour comprendre le dossier SOFITEX mais de mon point de vue, il s’agit de dossier pour la campagne à venir et non la campagne passée pour laquelle les fonds ont déjà été mobilisés. Alors, je vais jeter un coup d’œil dans cette affaire pour qu’une réponse appropriée soit donnée.

Daou : Excellence il y a actuellement une rumeur à Ouaga selon laquelle vous auriez refusé que l’opération SAGA se déroule cette année, parce que dîtes-vous, c’est Dieu qui donne la pluie. Est-ce vrai ?

Je ne l’ai pas dit. Il faut que l’opération soit faite. J’ai même demandé qu’ils se tiennent prêts ; nous allons donner les moyens. C’est vrai, c’est Dieu qui donne la pluie, c’est Dieu qui donne aussi l’intelligence et qui permet le progrès scientifique. Par conséquent, certaines solutions à nos problèmes sont à notre portée et Dieu nous demande aussi d’apporter d’abord notre part avant que lui ne multiplie ou ne rende parfait notre part. Et notre part aujourd’hui, c’est de pouvoir ensemencer les nuages. Sa part, c’est de nous donner de bons nuages car ce ne sont pas tous les nuages qui sont porteurs de pluies.
Donc nous ferons notre part, et nous prions pour qu’il fasse sa part pour le bonheur des populations.

Kilachiu : Il y a 2 ans lorsque vous avez pris service, et à l’issue d’une Assemblée Générale des Sociétés d’État, vous aviez promis que dorénavant les postes des Directeurs Généraux des Sociétés d’État feraient l’objet d’appel à candidatures. Jusque-là on n’a rien vu venir. Mieux, certains DG en dépit de leur incapacité à résoudre les problèmes sont inamovibles ?

Il a tout à fait raison mais une chose est de dire quelque chose à un temps T et une autre est de préparer l’environnement pour ne pas avoir des résultats contraires à ce que l’on souhaite. Si l’internaute suit ce qui se passe, nous avons déjà mis beaucoup plus de rigueur dans le contrôle de la gestion des sociétés d’Etat en responsabilisant les Conseils d’Administration et en sanctionnant des membres de conseils d’administration.

Ce qui est important, ce n’est pas la nomination des DG par appel à candidature seulement mais c’est la qualité et la responsabilité du Conseil d’Administration qui est chargé de donner les grandes orientations de la société et d’évaluer ses résultats. Sur ce point, nous avons fait un pas.
Le deuxième élément, c’est de définir les profils qu’il faut pour les appels à candidature et nous avons confié ce travail à un cabinet privé qui est entrain de le faire. Au total, raisonnablement dans les délais qui avaient été fixés par le Conseil des ministres, cette décision verra son application dans un environnement favorable à plus d’efficacité et de responsabilité

Jojo :lors de votre récente rencontre avec la presse vous aviez rassuré la communauté universitaire qu’il n’y aurait pas d’année blanche ou invalidée. Je voudrais savoir sur quoi vous vous fondez pour nous rassurer. Pouvez-vous nous expliquer comment l’année va être rattrapée, surtout qu’on sait que dans la plupart des UFR, pas même 1/3 des volumes horaires n’a été encore assuré et que le Synadec continue sa grève. Sans oublier que le mois d’août est un mois de vacances des profs.

Maximo la vipère : Ma question est de savoir pourquoi les enseignants chercheurs continuent de défier l’autorité tout en percevant leurs salaires. Doivent-ils continuer à percevoir illégalement l’argent du contribuable pour boire la bière, manger des brochettes tout en continuant à donner des cours dans les établissements privés ? Ou sont-ils au-dessus de la loi ?
BRICEARMEL : Que pensez vous du SYNADEC ?

Jojo : concernant les coupures de salaires des enseignants grévistes, lors d’une de leurs AG, les militants du Synadec ont estimé qu’à salaire coupé équivaut cours effectués. Autrement dit, un enseignant qui n’avait pas achevé son cours et qui a vu son salaire coupé, ne dispensera plus le reste du cours en cas de reprise. M. le PM voilà un autre problème, je voudrais savoir comment le gouvernement va y faire face. N’est-ce pas la mort de l’éducation burkinabé ?

MOUMET : Vous avez affirmé récemment que vous refusez de négocier avec des grévistes, parlant du SYNADEC. Votre attitude me rappelle celle du Président ivoirien, qui au début de la crise avait refusé de s’asseoir autour d’une même table avec les rebelles. La suite, on la connaît. A propos du SYNADEC, votre gouvernement n’est-il pas responsable du pourrissement de la situation dans la mesure où la plate-forme revendicative a été déposée depuis juin 2008 ?

Tapsoba en hollande : Ma première préoccupation a trait au conflit enseignants chercheurs-gouvernement relatif aux problèmes salariaux. A vous entendre lors de votre intervention télévisée la dernière fois, vous exigeriez que les enseignants reprennent les cours avant que vous ne les rencontriez. Or, tout le monde sait que ces problèmes ne datent pas d’aujourd’hui et que les enseignants ont bien déposé leur plate-forme revendicative depuis le deuxième semestre 2008. Alors, pourquoi ne les avoir pas rencontrés avant que la grève ne soit déclenchée ?

Les salaires des enseignants vont être coupées, c’est clair, c’est net. Pour le mois de juin, ceux qui n’ont pas donné de cours verront leurs salaires coupés, de même pour juillet et août si la grève continue. On ne peut pas être contre le népotisme et refuser cela. Pourquoi doit-on couper les salaires des journalistes par exemple quand ils vont en grève et ne pas le faire pour les enseignants qui sont fonctionnaires comme tous les autres pour le moment. Les salaires seront donc coupés.

Sur l’année blanche. Depuis 2000, avec la réfondation, l’université fonctionne sur le système modulaire : à chaque module est attaché des crédits. Aujourd’hui à l’université, tous les modules pour lesquels les cours ont été dispensés, les évaluations ont été faites. Et pour les modules non-achevés, les évaluations seront faites.

Pour le reste, le Conseil scientifique avait fixé la fin de l’année au 15 juillet et c’est lui seul qui peut décider de la suite. Le Conseil se réunit et apprécie les résultats en fonction des évaluations faites. Et le système permet à ceux qui sont défaillants de revenir deux semaines après pour une session de rattrapage. Il n’y a donc pas d’année blanche.

Maintenant il est vrai qu’il y a des enseignants qui étaient en grève et qui viennent de reprendre. Auront-ils le temps de finir le programme et de faire les évaluations nécessaires, c’est le Conseil scientifique qui décidera de cela.
Je n’ai jamais dit que je ne négocie pas avec les grévistes, j’ai dit que je ne les rencontre pas personnellement. Ce n’est pas mon rôle. Il y a une répartition des tâches au sein du gouvernement. Le gouvernement a toujours été ouvert aux discussions et 80% des rencontres ont été faites à la demande du gouvernement. Les ministres en charge du dossier négocient avec le syndicat et me rendent compte et moi je rends compte au gouvernement.
Pour moi, rencontrer le SYNADEC, c’est fragiliser la délégation gouvernementale et c’est aller vers le mur. Car si c’est moi qui négocie directement, je n’ai plus de recul pour recadrer comme je le fais avec les ministres.

Je ne refuse pas de rencontrer les enseignants car je suis même allé les rencontrer à l’université. Je les ai rencontrés et c’est moi qui leur ai demandé de mettre en place une commission pour réfléchir sur les problèmes de l’université. On ne peut donc pas dire que je ne leur prête pas une oreille attentive.

Dernière chose, les problèmes de l’université datent de plusieurs décennies et on ne peut pas les résoudre en un jour. Le gouvernement demande donc qu’il y ait un dialogue pour les résoudre. Nous sommes ouverts à la négociation mais pas à la démagogie et à des solutions du genre tout, tout de suite. Il faut être réaliste.

Un internaute : Les syndicats ont publié récemment un tableau comparatif des salaires des enseignants-chercheurs dans les pays de la sous-région duquel il ressort que nous avons les plus faibles salaires. Même les universitaires nigériens sont mieux rétribués que les nôtres. Quel commentaire en faites-vous ?

C’est une comparaison trop facile. Il faut aussi comparer les autres salaires des fonctionnaires de l’Etat. Une analyse sérieuse doit procéder ainsi. Par exemple, les journalistes burkinabè touchent-ils les mêmes salaires que ceux de la Côte d’Ivoire ou du Sénégal ? Comparaison n’est pas raison mais c’est un élément important.

Deuxième raison, il se trouve que dans la sous-région, c’est pratiquement les seuls à être régis par le cadre global de la Fonction publique. Il faut donc les en sortir. Mais si les enseignants -chercheurs sont dans le même cadre que le journaliste et veulent être payés différemment, c’est un problème. Le gouvernement pense qu’il faut changer le cadre alors que le SYNADEC n’est préoccupé que par la grille salariale ; alors qu’une grille salarial ne tombe pas du ciel mais est rattachée à un cadre, qui est du domaine de la loi. Alors, c’est bien de comparer mais ce n’est pas suffisant.

Pougrawa : Que pensez vous à cette époque de modernité d’une fonction publique incapable de suivre la carrière de ses agents et qui totalise même près de 5 ans de retard sur les avancements. Comment expliquez vous que même ceux qui ont les notes telles que exigées ne constatent aucun changement sur leur situation. Comment expliquez-vous qu’après tant d’années de tapage le SIGASPE demeure un vrai leurre ?

Nantrugon : Mr le PM. Comment et quand entendez vous régler les problèmes d’avancement des agents de l’Etat ? C’est quand même grave que l’Etat en arrive à violer ses propres règles, à ne pas respecter ses propres engagements. Depuis 2006 des avancements n’ont pas été constatés. Les chercheurs du CNRST sont dans une situation honteuse et révoltante. Certains ont réussit au CAMES sans jusqu’ici obtenir le constat de leur succès et les avantages règlementaires qui vont avec. Que faites vous au fait dans votre position ?

En ce qui concerne la gestion des agents de l’Etat et leur avancement, je dois reconnaître qu’il y a beaucoup d’insuffisances dans ce domaine. Les services de l’Etat portent une responsabilité mais chacun doit s’intéresser à sa carrière ; Il y a un mouvement à la Fonction publique qu’il faut saluer. Nous allons par exemple vers la délégation de pouvoir et dans ce cadre certains actes administratifs vont relever de la tutelle administrative de proximité.
Pour les avancements, il faut rappeler que c’est une question régie par la loi. Cette loi est très claire et institue un système d’avancement au mérite ; ce n’est plus la médiocrité. C’est désormais un système au mérite car quelqu’un qui dort deux ans, passe son temps au cabaret ne peut pas se réveiller et crier pour demander son avancement.

Le système va être appliqué et va fonctionner au mérite. Certains syndicats sont disposés à aller dans ce sens. Pour les avancements de 2006, les avancements seront automatiques avec incidence financière en 2009. Pour 2007 où les notes doivent rentrer, nous allons faire les avancements sur la base des notes enregistrées et ceux qui ne sont pas évalués et n’ont pas de note ne pourront pas avancer. L’incidence financière se fera en 2010. Pour 2008, le système fait la moyenne des notes des deux années 2007 et 2008 cet avancement aura son incidence financière en 2010. La loi 13 a été votée en 1998 et on ne fait que reporter son application parce qu’on n’est pas prêt. Il faut l’appliquer et c’est cela que nous allons faire. Et nous verrons par la suite, avec les organisations des travailleurs, s’il y a des ajustements nécessaires.

Sauf erreur ou omission, vous êtes le premier chef de gouvernement en Afrique noire à vous plier à un tel exercice avec les internautes. Quel commentaire faites-vous de ce tchat ?

Je voudrais remercier tous ceux qui animent ce dialogue interactif. J’imagine les difficultés pour le faire. Je remercie aussi tous ceux qui par leurs idées attirent l’attention des gouvernants sur ce qu’il convient d’améliorer. Pour l’exercice, je suis ravi d’être là et je suis prêt à y revenir. Mais il faut que l’on trouve des passerelles pour le rendre moins lourd. C’est une bonne chose que je sois venu et vous ne serez pas les seuls à chercher des solutions car pour les avoir vécues je serai de ceux qui participeront à trouver des solutions pour rendre cet échange en ligne plus fluide.
Pour ceux qui disent des mots pas gentils, je dois dire que ce n’est pas très gentil mais nous n’en souffrons pas outre mesure car quand on est un homme public, on doit s’attendre à cela. Lorsque je lis les pages de l’internaute je vois des contributions très intéressantes et nous adressons alors notre déférente salutation à l’équipe de l’Observateur Paalga.

NDLR : Il faut souligner le passage auparavant de Son Excellence Monsieur le Premier Ministre à l’émission de Ouaga FM intitulée « Affairage ». De 7heures à 8heures 15minutes, Tertius ZONGO a été interpellé par les auditeurs de cette radio sur des questions se rapportant à la distribution gratuite des fournitures à l’école primaire, le recrutement des enseignants volontaires, l’éclairage des voies publiques, l’état d’avancement de l’hôpital pédiatrique de Bobo, la vie chère etc…Pour mémoire, « Affairage » est une émission d’interpellation sur la gestion de la chose publique. Les auditeurs interviennent en direct par téléphone ou envoient leurs questions par mail. Pour le passage du Premier Ministre, les auditeurs désirant intervenir par téléphone ont été auparavant enregistrés et appelés depuis le studio pour leur permettre de poser leurs questions.

Version imprimable