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Discours de son excellence monsieur le premier, chef du gouvernement a l’occasion de la cérémonie officielle d’ouverture des états généraux sur l’enseignement supérieur

vendredi 21 juin 2013

• Mesdames et Messieurs les Membres du Gouvernement ;
• Excellences Mesdames et Messieurs les Représentants des missions diplomatiques ;
• Excellences Mesdames et Messieurs les Représentants des organisations africaines et internationales ;
• Mesdames et Messieurs les Représentants de la communauté universitaire ;
• Mesdames et Messieurs les Partenaires sociaux du système éducatif ;
• Mesdames et Messieurs les participants ;
• Honorables invités ;

C’est avec un énorme plaisir que je vois cette prestigieuse salle, si comble, des plus grandes sommités du savoir et de la connaissance de notre pays, le Burkina Faso ; ainsi que des représentants venant de plusieurs couches sociopolitiques. L’honneur m’échoit donc, de présider les présents Etats généraux de l’enseignement supérieur qui se veulent, une instance de propositions pour le développement inclusif et durable du Burkina Faso.
Avant l’entame de mes propos, j’ai l’insigne honneur de vous transmettre les salutations et les encouragements de son Excellence Monsieur Blaise COMPAORE, Président du Faso à tout le monde de l’éducation et en particulier, à la communauté universitaire dans toutes ses composantes. La question de l’éducation a toujours été au cœur des préoccupations du Chef de l’Etat. Dans son programme politique, « Bâtir, ensemble, un Burkina émergent », SEM Blaise COMPAORE, affirme, (je cite) : « Le principal défi du Burkina Faso demeure la formation de compétences capables d’animer et d’impulser de manière durable la gouvernance nationale et le développement ». (Fin de citation). Vous comprenez aisément son adhésion et son ferme soutien à cet espace de dialogue et de propositions.

• Mesdames et Messieurs,

Je me dois ensuite, de rendre un hommage à une personnalité qui a toujours forgé mon admiration et celle sans doute, de nombreux Burkinabé. Je veux parler du Général Tiémoko Marc GARANGO qui a accepté avec toute l’humilité qu’on lui connait, de parrainer les présents Etats généraux.
Mon Général, en intrépide fils de la Nation, vous avez répondu positivement à l’appel qui vous a été adressé pour parrainer les présents travaux, en dépit de votre calendrier plus que contraignant !

Mon Général, vous avez largement contribué à écrire par la réflexion et par l’action, les nombreuses et riches pages de l’Histoire de notre pays. Quelles belles leçons de patriotisme, de responsabilité, d’engagement et surtout, d’exemplarité pour des générations de jeunes, avez-vous toujours donné !
Je ne doute pas un seul instant que sous votre parrainage, les présents Etats généraux marqueront un tournant décisif dans la recherche de solutions pérennes à la crise que traverse le secteur de l’enseignement supérieur public dans notre pays.

• Mesdames et Messieurs,

• Honorables invités,

Les assises qui s’ouvrent ce matin concernent de façon plus large, les enjeux liés à la place que doit retrouver l’enseignement supérieur et plus globalement, la connaissance et le savoir tout court, dans le processus de construction d’un Burkina émergent. Déjà, en 1994, les multiples crises qui ont secoué notre système éducatif avaient appelé la tenue des états généraux de l’éducation. Ces assises avaient dégagé une stratégie suffisamment claire, pour permettre à notre système éducatif, de s’engager dans la voie qui favorise sa contribution efficiente au développement de notre pays.

La mise en œuvre des recommandations issues de ces états généraux a entrainé une véritable révolution dans notre système éducatif surtout, dans ses segments primaire et secondaire. En moins de deux décennies, le Burkina a plus que doublé son taux de scolarisation brut qui est passé de 31,7% en 1992-1993 à 81,3% en 2012-2013 dans l’enseignement primaire. Quant au secondaire, le taux de scolarisation est passé de 10,5 % en 1997-1998 à 25,7 % en 2013 avec un taux d’accroissement moyen annuel de 9,75 %.
Cette progression régulière des taux de scolarisation au primaire et au secondaire, s’est accélérée ces dernières années, engendrant ainsi, une très forte augmentation de la demande pour l’enseignement supérieur. Pour ne prendre que le cas de l’Université de Ouagadougou, les effectifs ont plus que quadruplé, passant de 9 587 étudiants en 1992-1993 à 44 391 étudiants en 2012-2013.

Malgré les efforts importants fournis par l’Etat et ses partenaires ces dernières années, nos universités restent confrontées à d’énormes difficultés ; parce que le rythme de progression de l’offre dans les diverses composantes, n’a pas suivi celui de la demande. Résultat, le nombre d’étudiants dépasse largement les capacités d’accueil des infrastructures de formation, de recherche, d’hébergement, de restauration et de transport. A cela s’ajoute les problèmes d’accessibilité à la documentation et à l’information scientifique en raison du sous équipement en TIC.
Les centres universitaires, récemment créés, sont également dépourvues du minimum comme je l’ai constaté lors de ma visite aux étudiants du Centre universitaire polytechnique de Fada le 05 mai dernier.

• Mesdames et Messieurs,

• Honorables invités,

Si le Burkina Faso dispose assurément d’enseignants compétents, expérimentés, peut être même parmi les meilleurs de notre continent au regard des résultats de leurs travaux scientifiques, force est de constater qu’ils sont vieillissants dans leur large majorité. Notre pays éprouve, en dépit de ses efforts, une réelle difficulté à renouveler le corps enseignant et les chercheurs. Les raisons souvent évoquées sont, entre autres, les difficultés de recrutement pour les jeunes diplômés, l’exode des cerveaux, les conditions de travail, les conditions salariales et matérielles jugées peu stimulantes, etc.

• Mesdames, Messieurs,

• Honorables invités,

Aujourd’hui, les secousses que notre enseignement supérieur vit nous obligent à nous mettre autour de la table pour trouver des solutions afin de stabiliser cet ordre d’enseignement dans un contexte régional et mondial de compétition.
Nous devons savoir qu’il n’y a pas de compétitivité économique sans compétitivité sociale et sans compétitivité des valeurs qui incarnent notre société ; une société empreinte des valeurs de travail, de civisme et de patriotisme. Il est donc nécessaire de promouvoir ces valeurs cardinales si nous voulons véritablement nous développer tout en restant nous-mêmes. C’est-à-dire des Hommes dignes et intègres.

• Mesdames, Messieurs,

• Honorables invités,

J’ai pleinement conscience de l’importance du moment que nous vivons à l’ouverture de ces assises, car nous traversons une crise de nos universités et plus encore, je dirai que nous traversons une période de profondes mutations qui nous interpelle sur la nécessité d’une véritable et courageuse transition.
Nous devons le reconnaitre, la résolution des crises de l’enseignement supérieur est dans l’agenda de tous les pays du monde, y compris les plus développés. Il s’agit donc dans cet environnement en pleine turbulence, de questionner de manière féconde, le rapport de la communauté de l’enseignement supérieur à la réalité du monde : Celle de nos terroirs et de nos cités qui ne sont plus exactement comme hier et qui, demain, ne seront plus tout à fait comme aujourd’hui.

En ce qui nous concerne, cette crise s’est accentuée depuis cinq ans à travers ces tôlés plus ou moins violents qui grondent au rythme des ras-le-bol du côté de Zogona, du site du SIAO, de Koudougou, de Nasso, de Dédougou ou encore de Fada N’gourma et qui nous interpellent désespérément en tant que décideurs, chercheurs, enseignants ou simplement citoyens. Il s’agit aussi d’un choc d’idées plurielles, toutes fécondes, voire d’un conflit entre des générations qui semblent ne plus se comprendre.

A la vérité, nous sommes tous comptables des situations acquises, gestionnaires des desseins inachevés, régisseurs des différents éléments de notre puzzle éducationnel. Y compris ses coutures les moins réussies. C’est donc ensemble, que nous trouverons les solutions à la problématique de l’enseignement supérieur burkinabé.

C’est pourquoi, nous devons provoquer l’électrochoc nécessaire dans le cadre de ces Etats généraux pour que tous ensembles, la communauté scientifique et éducative, l’Etat, les partis politiques et la société civile fassent jaillir la lumière qui fera de nouveau rayonner l’enseignement supérieur du Burkina Faso.

Nous devons en avoir la pleine conscience, le monde universitaire et de la recherche scientifique, notre communauté savante, constitue la pointe avancée de notre intelligence collective. Aussi, tous en tant que décideurs, acteurs ou bénéficiaires à des degrés divers, nous devons faire nôtre, l’ambition d’inscrire notre pays dans un mouvement durable de redressement de nos universités en inscrivant notre enseignement supérieur dans le progrès. Pour cela, l’économie de la connaissance doit ouvrir sur de nouvelles perspectives pour nous permettre d’aller de l’avant.

L’exigence principale de ces assises, à mes yeux, est qu’elles doivent réaliser une élévation du niveau de formation qui est le levier pour la croissance au service du développement de notre pays. Vous êtes au cœur de cet appel.
Construire un espace de l’enseignement supérieur où règne la culture de l’excellence et de la rigueur et non la facilité, la médiocrité et le refus de l’ordre. Telle est l’ambition que nous devons tous nous fixer. Je sais que c’est tout un programme. Mon Gouvernement, sur instruction du Président du Faso, y souscrit pleinement.

C’est le lieu pour moi de le dire, le moment est venu de taire nos querelles de chapelles pour confronter nos idées et renforcer celles qui s’avèrent les plus porteuses afin de sortir l’enseignement supérieur des difficultés dans lesquelles il est confiné depuis des décennies. Dans cette dialectique, les politiques et les scientifiques s’accusent mutuellement, pendant ce temps, le peuple Burkinabé nous observe et s’impatiente de savoir où nous allons. Il est donc grand temps de faire la paix des braves et d’asseoir une alliance : celle de la cognée et du manche qui fait la hache ! Car le bois à lui tout seul ne peut couper et la cognée à elle seule non plus.

• Mesdames, Messieurs,

• Honorables invités

Pour éclairer davantage vos débats, vous me permettez de préciser notre vision sur l’avenir de notre enseignement supérieur, les objectifs poursuivis et les moyens qui seront mobilisés.
Si les problèmes sont connus, leur résolution n’est pas évidente si nous ne posons pas les problèmes de fond dans une approche holistique et de long terme. Comment imaginons-nous le Burkina à l’horizon 2025 et 2050 ? Comment imaginons-nous le burkinabè de cet horizon et, quel rêve nourrissons-nous pour nos enfants, nos petits enfants et nos arrières petits enfants ? Emmanuel KANT en donne une réponse pertinente (je cite) : « Un principe de pédagogie que devraient surtout avoir devant les yeux les hommes qui font des plans d’éducation, c’est qu’on ne doit pas élever les enfants d’après l’état présent de l’espèce humaine, mais d’après un état meilleur, possible dans l’avenir, c’est à dire d’après l’idée que l’on se fait de l’humanité et de son entière destination » (fin de citation).

Répondre à ces interrogations, c’est rêver d’un Burkina Faso développé où chacun apporte sa contribution au progrès de son pays selon son niveau, sa capacité et ses moyens. Alors, pour y arriver, laissez-moi maintenant vous faire part de l’état d’esprit de mon Gouvernement : c’est la réussite du plus grand nombre d’étudiants. Si l’on va à l’école c’est pour réussir. L’échec ne devrait être qu’une exception du système éducatif. A chaque acteur de notre système de l’enseignement supérieur, je dis qu’il faut accorder une grande priorité à la réussite.

Mais dans ce mouvement, il faudra aussi et surtout, concilier une formation de haut niveau disciplinaire et celle de la professionnalisation pour une meilleure insertion des sortants de l’enseignement supérieur dans le marché de l’emploi. L’université ne doit pas produire des chômeurs mais des actifs qui trouveront une insertion socioprofessionnelle dès la fin de leurs études.
Aussi, cette ambition devrait elle être sous-tendue par des objectifs clairs, réalistes et pragmatiques qui doivent se décliner dans le court, le moyen et le long terme. La réalisation de ces objectifs se fera avec des moyens conséquents et une gouvernance vertueuse. Dans ce sens les objectifs sont les suivants :
-  mettre en adéquation l’offre universitaire avec la demande sociale et économique ;
-  garantir la qualité de l’enseignement en rendant nos universités et écoles d’enseignement supérieur très compétitives ;
-  renforcer les ressources humaines de haut niveau universitaire, technique et administratif ;
-  accueillir le plus grand nombre d’étudiants quel que soit leurs origines sociales ;
-  réduire les disparités sociales et de genre qui affectent toujours l’accès de l’université aux enfants des parents démunis et aux filles ;
-  doter les établissements d’enseignement supérieur de stratégies ambitieuses pour un avenir durable ;
-  procéder à une réforme profonde de la gouvernance et des statuts des universités ;
-  créer un environnement favorable à la modernisation de l’enseignement supérieur ;
-  créer un Réseau d’infrastructures performantes en matière de Technologies de l’information et de la communication pour soutenir l’enseignement et la recherche ;
-  développer le partenariat public-privé pour un enseignement supérieur de qualité répondant aux besoins de notre société actuelle.

• Mesdames, Messieurs,

• Honorables invités,

Dans les cinq années à venir, le Gouvernement s’engage à s’attaquer aux problèmes les plus urgents par des actions concrètes et des moyens à la hauteur de notre ambition, naturellement en adéquation avec les ressources de l’Etat. Dans ce sens, tout sera mis en œuvre pour :
-  mettre un terme au dysfonctionnement académique de l’Université de Ouagadougou ;
-  créer toutes les conditions indispensables à l’application du système Licence-Master-doctorat (LMD) :
-  recruter un nombre important d’enseignants par an ;
-  assurer la formation d’un nombre importants de jeunes doctorants, ceci pour suppléer les départs à la retraite et augmenter dans le même temps, les effectifs des enseignants ;
-  compléter les infrastructures de l’Université de Ouagadougou et contenir ses effectifs ;
-  achever les infrastructures de bases tant académiques que sociales des Universités Ouaga II, Bobo et Koudougou ;
-  construire les infrastructures essentielles des centres universitaires de Fada, Ouahigouya et Dédougou ;
-  créer effectivement le centre universitaire de Gaoua ;
-  finir les études pour la création de centres universitaires à Dori, Tenkodogo, Ziniaré, Kaya, Manga et Banfora ;
Notre ambition est de faire en sorte que dans dix ans, tous les chefs-lieux de régions aient des structures d’enseignement supérieur plus ou moins spécialisées selon le principe des avantages comparés.

• Mesdames, Messieurs,

• Honorables invités,

Bien sûr vous demandez avec quels moyens allons réaliser cet ambitieux programme de transformation du secteur universitaire au Burkina ? Les changements attendus dépendent effectivement en grande partie des ressources disponibles. C’est pourquoi, conscients des autres priorités nationales, aussi vitales que l’éducation, il nous faut combiner plusieurs approches pour assurer le financement du secteur de l’enseignement supérieur.

Premièrement, le Gouvernement s’engage à mobiliser d’importantes ressources propres pour faire face aux problèmes et jeter les bases du développement des universités publiques dans le court et le moyen terme.
Nous disposons déjà d’une évaluation du coût global de ce programme. Nous le complèterons à partir des propositions qui seront issues de nos assises. Lorsque les études seront affinées, le gouvernement élaborera un Plan national d’action de développement de l’Enseignement supérieur PNADES. Ce plan sera en partie financé par un emprunt public important.
Une Agence Nationale des Investissements de l’Enseignement supérieur, dotée d’une autonomie financière sera créée, dans le but d’assurer la maîtrise d’ouvrage déléguée pour la réalisation des infrastructures et la recherche des financements auprès de nos partenaires techniques et financiers.
A partir du budget 2014, le Gouvernement accroîtra dans le budget national les crédits affectés à l’enseignement supérieur. Nous entreprendrons d’autres initiatives pour renforcer les ressources internes afin de financer le développement de l’enseignement supérieur.

L’accompagnement de nos partenaires techniques et financiers s’avère également indispensable et ce, d’autant plus que notre pays fait face à des contraintes financières, macroéconomiques et sectorielles. Aussi, au regard de l’acuité de la question dans le développement du Burkina Faso, l’enseignement supérieur occupera-t-il, une place prioritaire dans la SCADD.
Par ailleurs, je voudrais aussi souligner qu’il ne faut pas occulter les possibilités de mobilisation de ressources internes auprès de notre secteur privé national. Le défi sera également relevé avec le concours des universités privées locales et sous-régionales qui, si elles respectent les cahiers de charges, offrent des espaces de formation et de recherche à de nombreux jeunes aspirants à une formation au niveau du supérieur.

• Mesdames, Messieurs,

• Honorables invités,

Je réaffirme avec force que l’offre universitaire publique doit être soutenue par l’initiative privée. En effet, dans notre contexte, l’intervention du secteur privé dans l’enseignement supérieur est devenue incontournable ; voire nue impérieuse nécessité. Le gouvernement pourrait dans ce sens mettre en place un dispositif fiscal spécial à l’instar de ce qui a été fait pour les investissements économiques, en vue d’encourager les investisseurs à créer des universités privées.

Il pourrait même envisager, dans la mesure du possible, de garantir des emprunts souscrits par les investisseurs privés dans le secteur, sur des bases préalablement définies. Cela pourrait favoriser l’ouverture de nouvelles universités privées à travers le pays. Cette option s’inscrit dans notre politique de partenariat public-privé dont la loi a été récemment votée par l’Assemblée nationale.

• Mesdames et Messieurs,

• Chers participants,

Le développement de nos universités doit s’inscrire dans un climat apaisé. Les crises sociales à répétition ont contribué à instaurer un climat délétère sur les campus universitaires du Burkina Faso. C’est pourquoi j’en appelle, et j’encourage en particulier les organisations syndicales des enseignants, de l’administration, des techniciens et des étudiants, au dialogue en vue de l’adoption d’un moratoire entre les partenaires et acteurs de l’enseignement supérieur. Ce moratoire pourrait s’organiser autour d’une charte sociale de l’excellence.

Si l’effervescence politique est inhérente à la vie universitaire, il faut tout de même éviter de transformer nos universités en champs de batailles politiques, toute chose qui relève d’une autre époque. La politisation excessive de la vie universitaire ne favorise pas ce climat apaisé et serein indispensable aux études supérieures. Car l’avenir de notre pays se dessine dans cet incubateur de nos futurs cadres que sont nos universités. Il faut adhérer à cette pensée de Jean-Baptiste SAY, qui déjà en 1800 affirme que (je cite) : « Les bonnes institutions d’éducation sont des semences pour l’avenir » (fin de citation).
M’adressant maintenant aux étudiants, je voudrais dire que si le Gouvernement est à l’écoute de leurs préoccupations aux solutions desquelles il travaille, ils devront se surpasser pour promouvoir les vertus de dialogue dans la mise en œuvre de leurs plateformes revendicatives. Ils devront cultiver les valeurs qui feront d’eux demain, des cadres compétents, intègres et responsables dont notre pays a besoin.

• Mesdames et Messieurs les participants,

Pendant ces trois jours de dialogue, vos échanges porteront sur les points suivants :
-  la gouvernance universitaire ;
-  les infrastructures et les équipements ;
-  la qualité et les offres de formation ;
-  le développement et la valorisation de la recherche ;
-  les ressources humaines et les finances ;
-  la contextualisation de la mise en œuvre du LMD ;
-  l’intégration des TIC dans les institutions d’enseignement supérieur ;
-  les œuvres universitaires ;
-  l’enseignement supérieur privé.
La réorganisation de nos universités et l’amélioration de leur gouvernance constituent des approches qui les rendront plus efficaces.
Divers travaux antérieurs vont contribuer sans doute à enrichir vos réflexions. Je pense en particulier au rapport du Comité ad ‘hoc présidé par le professeur Alfred Traoré que j’ai mis en place en juillet dernier pour établir le diagnostic de nos universités. Ce document d’une grande richesse vous sera d’une utilité certaine. Je pense aussi au rapport de l’atelier sur le système LMD tenu en avril dernier à Bobo-Dioulasso et qui a su diagnostiquer les problèmes et énoncer des pistes de solution.

• Mesdames, Messieurs,

• Honorables invités,

Les Etats généraux ne rempliront leur mission qu’en étant résolument tournés vers l’AVENIR de manière à la fois concrète et pragmatique, rigoureuse et réaliste. Ils auront ainsi assumé leurs responsabilités en proposant des innovations de façon lucide et courageuse. L’AVENIR ne se construit pas sur les sentiers battus mais dans l’exploration de nouvelles pistes et de nouvelles possibilités d’agir. L’AVENIR n’est pas une répétition de l’existant, mais l’invention de ce qui doit être !
Le gouvernement fonde beaucoup d’espoir dans ces Etats généraux qui doivent offrir un support pour l’action. Il attend des Etats généraux qu’ils apportent une réponse structurelle et holistique aux difficultés de l’enseignement supérieur burkinabé.

Au moment où le Burkina Faso travaille sur les conditions de son émergence, les Etats généraux ont l’opportunité, dans une approche consensuelle, de formuler des pistes de solutions pour renforcer et accélérer la transformation socio-économique du pays.
J’attache une grande importance à vos travaux. Ma présence ici est le signe d’une attente forte qui est celle de Son Excellence Monsieur le Président du Faso, à l’égard de vos travaux et des conclusions auxquelles vous parviendrez.
Les réflexions que vous mènerez sur notre système d’enseignement supérieur devront déboucher sur des conclusions ambitieuses mais réalistes.
Je sais qu’en retour, vous attendez beaucoup. Nous devons relever des défis avec notre capacité à redonner un avenir et une espérance à notre jeunesse. Le Gouvernement sera là pour soutenir et porter avec vous cette ambition collective. C’est pourquoi, je réaffirme avec force, que nous allons investir dans la formation supérieure et la recherche afin de donner un horizon aux jeunes, pour leur offrir un nouveau souffle pour croire en l’avenir.
Avant de clore mes propos, qu’il me soit permis de réitérer mes remerciements à tous ceux qui ont contribué à nourrir la réflexion sur la situation de l’Enseignement supérieur au Burkina. Je citerai en particulier les éminents experts du Comité ad’ hoc. J’y associe le Centre d’initiatives pour le développement durable (CIDD) pour la pertinence de son étude sur les universités du Burkina Faso et, dont les idées novatrices pourront enrichir vos travaux. Enfin, je félicite les organisateurs, qui ont travaillé sans relâche pour la tenue des Etats généraux.

• Mesdames, Messieurs,

• Honorables invités,

La problématique de l’enseignement supérieur au Burkina n’est rien d’autre que celle de l’éducation en général. Hors, l’éducation demeure la matrice de notre société. Comme le soutient Axel Oxenstiers, je cite : « La bonne éducation de la jeunesse est le garant le plus sûr de la prospérité d’un État ». (Fin de citation.)

Convaincu que nous sommes tous conscients des enjeux de cette problématique et du prix à payer, il nous faut agir, maintenant, vite et bien. Albert Jacquard disait à ce propos (je cite) : « La fonction première d’une société est d’éduquer, c’est-à-dire de faire prendre conscience à chacun qu’il peut se choisir un destin et s’efforcer de le réaliser ». Fin de citation.
Le professeur Joseph Ki-Zerbo soulignera quant à lui avec pertinence, (je le cite) : « l’éducation, comme la santé, ne sont pas des biens marchands comme les autres. Elles relèvent de l’être même des individus et des sociétés ». Fin de citation.
C’est sur une note d’espoir et d’espérance que je déclare ouverts les travaux des Etats généraux de l’enseignement supérieur du Burkina Faso.
Plein succès à vos travaux.

Je vous remercie.

OUAGADOUGOU, LE 13 JUIN 2013

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