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Le Premier Ministre lance les travaux de construction de la cité 1500 logements sociaux à Bassinko

mardi 19 juin 2012

Le Premier Ministre Luc Adolphe Tiao a procédé le 15 juin au lancement des travaux de construction de la Cité 1500 logements sociaux à Bassinko. Adopté en Conseil des Ministres en sa séance du 7 mars 2012, cette initiative de réalisation de logements s’inscrit en droite ligne du programme « 10 000 logements sociaux et économiques », lancé par le gouvernement en 2007. Ce projet qui s’exécutera en deux tranches, avec des délais d’exécution de 5 mois pour la première phase, permettra de répondre aux attentes maintes fois exprimées par les populations de voir l’Etat rééditer l’expérience des cités à l’image de celle des 1200 logements, mais également de satisfaire une partie des demandes croissantes en matière d’habitat social, en attendant la mise en œuvre prochaine d’autres initiatives de réalisation de logements décents.

Les populations du village de Bassinko et des localités environnantes, heureux de pouvoir abriter d’ici quelques mois de nouvelles infrastructures d’accueil à usage de logement sur le ressort territorial de leurs communes, ont accouru à la cérémonie de lancement pour être des témoins privilégiés de l’évènement et manifester leur joie.

Le Ministre de l’Habitat et de l’urbanisme, Yacouba Barry qui a prononcé au nom du Premier Ministre le discours de lancement des travaux de construction de la cité 1500 logements sociaux, a salué la mobilisation des populations à cette cérémonie et saisi l’opportunité pour situer l’enjeu du programme de promotion de l’habitat social ainsi que les ambitions du gouvernement en la matière. Tout en relevant que le logement constitue un besoin social de premier ordre, une source de stabilité et de bien-être des populations, il a reconnu que son accessibilité demeure encore un problème crucial auquel les pouvoirs publics tentent de trouver des solutions, d’où le lancement des travaux de construction des 1500 logements qui est une initiative gouvernementale parmi de nombreux autres projets et programmes en faveur de l’habitat social.

Yacouba Barry a relevé qu’au cours des deux prochaines décennies, la population urbaine doublera et obligera les pays africains à accueillir dans leurs villes autant de personnes qu’elles ne l’ont fait depuis leur création. Cela les obligera à faire face à une demande pressante de logements. Selon lui, dans le cas particulier du Burkina, cette croissance de la population urbaine posera au gouvernement des défis d’accroissement de logements. « Il nous faudra, au cours des deux prochaines décennies, construire environ 30 000 nouveaux logements par an, dont la grande majorité à caractère social », a-t-il souligné. Selon lui, le chemin à parcourir pour réaliser au Burkina les Objectifs du Millénaire pour le Développement en matière d’habitat en général et du logement social en particulier est encore long. Il a interpellé à cet effet tous les acteurs de la chaîne de production de l’habitat social, l’Etat et ses démembrements, les collectivités locales, les promoteurs privés, etc., à s’impliquer dans la production de logements.

Il a invité spécifiquement les acteurs du secteur privé intervenant dans la commercialisation des matériaux locaux de construction et les promoteurs immobiliers « à travailler en tandem pour permettre l’accès au logement décent à un plus grand nombre ». Cela constitue selon lui un grand défi que doivent relever rapidement le secteur industriel national ainsi que les petites et moyennes entreprises locales.

Pour le Ministre de l’Habitat, l’offre de logements s’inscrit dans une démarche novatrice et une volonté du gouvernement de donner la possibilité aux salariés du public et du privé de bénéficier de logements sociaux décents accessibles. Il a précisé que l’exécution des travaux de construction de la cité a été confiée à 20 entreprises sélectionnés sur la base d’un appel d’offres ouvert, avec des délais d’exécution de 5 mois.

Une invite à plus de professionnalisme

Au-delà des logements à réaliser, le Ministère de l’Habitat attend la mise en route de projets immobiliers complémentaires sur le même site, dans le cadre du partenariat public et privé avec un consortium de promoteurs privés burkinabè. « Ce projet immobilier qui porte sur la construction de 1000 unités de logements permettra de disposer à moyen terme d’une cité moderne de 2500 logements, avec les infrastructures d’accompagnement telles les écoles, les centres de santé, services de proximité, etc. », a-t-il souligné. Il a invité les entreprises chargées de l’exécution des travaux à plus de professionnalisme, à réaliser des travaux de très bonne qualité. Il leur a également demandé de tenir leurs engagements en respectant rigoureusement le chronogramme qu’ils se sont eux-mêmes fixés, afin que dans 5 mois cette première phase soit terminée pour que démarre la deuxième phase. Il a en outre exhorté les responsables du Centre de gestion des Cités, la Direction générale de l’architecture, de l’Habitat et de la Construction à plus de rigueur dans le suivi de l’exécution des travaux.

Le Directeur général du Centre de gestion des cités Bruno Djiguemdé, a fait une présentation du projet et s’est réjoui du lancement des travaux de cette cité qui vient comme une réponse aux attentes des populations qui depuis de nombreuses années nourrissaient le désir de voir l’Etat réaliser une opération type 1200 logements dont on continue aujourd’hui encore à dire tant de bien. Le projet de réalisation de la cité 1500 logements couvre une superficie de plus de 93 hectares. La première tranche va concerner la construction de 974 logements sociaux et économiques répartis en deux catégories, comportant 2 versions chacune. La première catégorie concerne la construction de 501 logements de type F2 extensible en F4, conçus en deux versions. La deuxième catégorie concerne la construction de 473 logements de type F3 extensible en F5 conçus également en deux versions (voir fiche technique en encadré). Le financement de cette première tranche de 974 logements s’élève à 6 390 000 000 FCFA et est assuré en partie par le budget de la CEGECI grâce à un emprunt de 6 milliards que l’Etat à travers le Ministère de l’Economie a bien voulu lui accorder. La part du CEGECI pour cette première partie est de 4 881 000 000 FCFA et par le budget de l’Etat pour 1 509 000 000 FCFA, sans compter la viabilisation.

Le Directeur général du CEGECI a relevé que sa structure a bénéficié de l’exonération hors taxes hors douane, des matériaux de construction, tels le ciment, le fer à béton, la tôle et les profilés métalliques. Cette mesure a permis selon lui de baisser le coût de production du logement social afin de le rendre accessible aux ménages cibles. Afin d’aider les postulants au logement social, la possibilité leur est offerte d’ouvrir un compte dans les livres de la Banque de l’Habitat du Burkina Faso (BHBF) afin de constituer leur apport personnel au moment venu et pouvoir bénéficier d’un crédit de la Banque.


Luc Adolphe Tiao : « Je veillerai personnellement au respect des délais et à la qualité des travaux »

A l’issue de la cérémonie de lancement des travaux qui a été couronnée par la pose de la première pierre, le Premier Ministre Luc Adolphe Tiao a situé au cours d’un point de presse, l’importance que le gouvernement accorde à ce projet, souligné ses attentes et insisté sur le respect des délais.

« Nous sommes conscients aujourd’hui que l’accès aux logements devient un cauchemar pour les Burkinabè, notamment pour les jeunes qui ne voient pas surtout de perspectives au regard de la situation que nous vivons. C’est pourquoi le gouvernement a initié ce projet 10000 logements dont on espère qu’il va s’étendre dans les années à venir.

En lançant aujourd’hui la première phase du projet de construction d’une cité de 1500 logements, c’est une volonté forte que nous voulons exprimer. Nous souhaitons que ces logements de cette première phase soient construits dans un délai de 5 mois avant la fin de l’année. Je voudrais à ce stade saisir l’occasion pour exprimer la volonté et la détermination du gouvernement à faire en sorte que ces logements soient bien construits.

Il ne s’agit pas de bâcler ces logements, mais surtout de respecter non seulement les délais, mais aussi de veiller à la qualité des réalisations pour que demain ceux qui auront possession de ces lieux soient vraiment satisfaits. C’est pourquoi j’ai instruit le ministre de l’Habitat de s’assurer de cette qualité des logements ainsi que du respect des délais. Sur ce volet nous n’allons pas faire de marchandage. Si nous constatons en cours de route qu’il y a des entreprises défaillantes, nous allons les remplacer purement et simplement. Il n’est pas question pour nous que ce projet échoue.

Le Chef de l’Etat nous a donné des instructions et je veillerai personnellement à ce que les délais soient respectés. Je me ferai le devoir de venir régulièrement sur ce site pour m’assurer que les travaux avancent régulièrement parce qu’il s’agit là pour nous d’un défi et nous souhaitons pouvoir terminer ce projet dans de très bonnes conditions. J’insiste également pour que les attributions de ces logements à l’issue de leur réception se fassent dans la transparence et je compte beaucoup sur le Ministre en charge de l’Habitat, la Banque de l’Habitat, le CEGECI, pour qu’il n’y ait pas de favoritisme. »


Caractéristiques techniques du projet

La première tranche de réalisation des logements sociaux concerne la construction de 974 logements de type F2 et de type F3 ayant chacune deux versions et répartis ainsi qu’il suit :

-  logement de type F2 extensibles : 501 logements
-  logement de type F3 simple extensibles : 214 logements
-  logements de type F3 jumelés extensibles : 259 logements

La version F2 type I a une surface bâtie de 48 m2, avec une toiture en pente couverte avec de la tôle pré-laquée, comportant une chambre, un salon, une toilette intérieure, une terrasse, une cuisine extérieure, implantée sur une parcelle de 240 m2. Elle est extensible en F4. La version F2 type II a les mêmes caractéristiques que la version une, mais la couverture est en tôle galva sans pente.

La deuxième catégorie concerne la construction de 473 logements de type F3 extensible en F5 conçus également en deux versions : La version F3 simple, extensible en F5 et la version F3 jumelée. La version F3 simple comporte 2 chambres, un salon, une cuisine extérieure, une toilette intérieure, une terrasse avec une superficie bâtie de 60 m2 implantée sur une parcelle de 240 m2 avec une couverture en tôle pré-laquée.

La version F3 jumelée extensible en F5 est composée de 2 chambres, d’un salon, d’une cuisine extérieure, d’une latrine et douche extérieures, d’une terrasse avec comme particularité un mur commun séparant les deux salons, bâtie sur une surface de 68 m2 sur une parcelle de 240 m2, couverte par la tôle galva.

Les logements sont mis à la disposition des futurs acquéreurs aux prix de :

-  F3 jumelée : 7 500 000 FCFA
-  F3 simple économique : 8 500 000 FCFA
-  F2 type I : 6 500 000 FCFA
-  F2 type II : 5 500 000 FCFA

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