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Revue annuelle 2012 de la strategie de croissance acceleree et de developpement durable (scadd) : Discours d’ouverture de son excellence monsieur Beyon Luc adolphe Tiao, Premier ministre, chef du gouvernement

jeudi 31 mai 2012

• Mesdames et Messieurs les membres du Comité National de Pilotage de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD),

• Honorables invités,

• Mesdames et messieurs.

Je voudrais avant tout propos souhaiter la bienvenue à l’ensemble des participants à la première session ordinaire du Comité National de Pilotage de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD).

La revue annuelle de la SCADD, faut-il le rappeler, constitue un cadre de dialogue entre les représentants de tous les acteurs impliqués dans le développement socioéconomique du Burkina Faso.

Je salue votre présence effective à cette session et votre engagement constant à accompagner le Gouvernement dans la mise en œuvre des différentes réformes et dans l’exécution des projets et programmes de développement. Cela témoigne de votre attachement aux objectifs de développement du Gouvernement et à l’amélioration du bien-être de nos populations.

• Honorables invités,
• Mesdames et messieurs,

Lors de la dernière revue annuelle conjointe du Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CSLP) et du Cadre Général d’organisation des Appuis Budgétaires en soutien au Cadre Stratégique de Lutte contre la Pauvreté (CGAB-CSLP) tenue le 14 juin 2011, dans cette même salle, notre Comité a réaffirmé son engagement pour la mise en œuvre efficace et efficiente de la Stratégie de Croissance Accélérée et de Développement Durable (SCADD) qui venait de prendre le relais du CSLP.

A cette même occasion, je lançais un appel à l’ensemble des acteurs du développement, en les invitant à s’investir pleinement dans la mise en œuvre de la SCADD afin de combler les défaillances du CSLP et de relever les nombreux défis. Toute chose devant permettre d’améliorer les conditions de vie des laborieuses populations burkinabè.

Au terme d’une année de mise en œuvre de notre Stratégie de développement, il convient de dresser un bilan à mi-parcours, d’en dégager les principaux acquis enregistrés et les difficultés rencontrées, de proposer les pistes de solutions devant permettre de les surmonter et réaliser ainsi des avancées significatives.

• Honorables invités,
• Mesdames et messieurs,

L’exécution de la SCADD adoptée en fin décembre 2010 a été entamée dans un contexte national marquée par la crise sociopolitique que notre pays a connue au cours du premier semestre de l’année 2011 et par un déficit pluviométrique enregistré au cours de la campagne agricole 2011-2012.

Elle s’exécute également dans un contexte international aussi difficile caractérisé par la crise de la dette de la zone euro et aux Etats-Unis, la hausse continue du cours du baril du pétrole sur le marché international. Tous ces facteurs conjugués ont eu des répercutions sur l’activité économique nationale et par conséquent sur la mise en œuvre de la SCADD.

Les mesures d’urgence prises par le Gouvernement pour juguler les effets de crise et le dialogue inclusif engagé avec tous les acteurs de la vie politique nationale ont abouti à la restauration de la stabilité politique indispensable à la conduite des activités devant contribuer à accélérer la croissance et à soutenir le développement durable.

Bien que le Gouvernement se soit résolument engagé dans l’accroissement de la productivité agricole, la campagne 2011/2012, du fait de la mauvaise pluviométrie, s’est soldée par un déficit céréalier de 154 462 tonnes, soit l’équivalent de 5% des besoins céréaliers nationaux, avec un taux de couverture céréalière apparent de 96% en 2011 contre 119% en 2010.
Comme conséquence, les disponibilités alimentaires sont peu satisfaisantes dans l’ensemble du pays, toute chose pouvant affecter la situation nutritionnelle des populations notamment pour les couches les plus vulnérables.

Au regard du déficit céréalier, le Gouvernement a pris un certain nombre de mesures pour parer à la menace de la crise alimentaire. Outre le soutien à la production des cultures de contre-saison, pour accroître l’offre, et la collecte des céréales dans les zones excédentaires pour venir en aide aux populations des zones déficitaires, le Gouvernement a organisé dès le mois de janvier 2012, avec l’appui des organismes humanitaires, des opérations de vente de céréales à prix social dans les zones déficitaires couplées d’une distribution gratuite de vivres aux populations les plus vulnérables.

• Honorables invités,
• Mesdames et messieurs,

Cette revue annuelle intervient après une année marquée par une crise sociale inédite et un déficit céréalier dans notre pays et à un moment où le peuple frère du Mali fait face à une crise sociopolitique occasionnant l’afflux des réfugiés maliens sur le territoire national. A ce jour, le nombre total de réfugiés maliens sur le plan national est d’environ 50 000 réfugiés contre 35 000 réfugiés un mois plus tôt. Cette situation nous interpelle sur l’urgence de renforcer la sécurité alimentaire à l’échelle nationale et en particulier dans les régions du Nord et du Sahel qui abritent plus de réfugiés, pour contrer la menace de la crise alimentaire.

C’est pourquoi, le 15 avril dernier, à l’issue de la visite des sites de réfugiés maliens de MENTAO et de GANDAFABOU, dans le Nord du pays, qui m’a permis de toucher du doigt les difficultés auxquels ils sont confrontés, je lançais un appel pressant à nos partenaires humanitaires, à l’ensemble de la communauté internationale et à tous ceux qui, au plan national, peuvent contribuer à soulager les difficiles conditions de vie des réfugiés, à leur venir en aide.

Au nom du Gouvernement, je voudrais une fois de plus réitérer ma gratitude à toutes ces femmes et à tous ces hommes qui ont fait preuve d’un sursaut patriotique permettant le retour de la paix sociale dans notre pays.

Dans le même esprit, je voudrais saisir l’occasion pour renouveler toute notre reconnaissance à nos partenaires techniques et financiers qui ont répondu favorablement à notre appel et qui nous ont apporté leurs soutiens en ces moments difficiles.

• Honorables invités,
• Mesdames et messieurs,

Comme vous le savez, dans la mise en œuvre de la SCADD, l’accent a été mis sur les secteurs prioritaires, à travers l’exécution d’un ensemble d’activités critiques concourant à la réduction de la pauvreté et de l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement. Cela ne sera possible sans la mobilisation des ressources aussi bien internes qu’externes.

Dans ce sens, il convient de saluer le niveau de mobilisation des ressources de l’Etat qui s’établit à fin décembre 2011 à la somme de 1 047,3 milliards de francs CFA contre 880,3 milliards à fin décembre 2010, soit une progression de 19%. Cette performance résulte de la mise en œuvre de la Stratégie globale de réforme de la politique fiscale qui a permis un bon niveau de recouvrement des recettes propres qui ont progressé de 16,5% en 2011 pour se situer à 793,6 milliards de francs CFA.

S’agissant des dépenses et prêts nets, le niveau d’exécution a progressé en 2011 de 8,3% (soit +89 milliards) en se situant à 1 160 milliards de francs CFA contre 1 077 milliards en 2010. Cet accroissement est essentiellement expliqué par la hausse des dépenses courantes (+97,4 milliards) et la prise en charge du reliquat des dépenses exceptionnelles de la gestion 2010 (46,6 milliards).

De l’analyse du rapport de performance de l’année 2011 qui nous a été soumis, il ressort que sur les trente (30) mesures retenues par la matrice de performance 2011-2013, vingt et une ont connu une pleine réalisation, soit un taux de réalisation de 70%. S’agissant des indicateurs, la cible n’est atteinte que pour dix (10) indicateurs sur l’ensemble des trente quatre (34) indicateurs, soit un taux de réalisation de 29,47%. Ces résultats quantitatifs ne doivent pas faire perdre de vue les efforts déployés par le Gouvernement dans la conduite des différentes réformes et les acquis sectoriels enregistrés. Cependant, ils nous indiquent que d’importants efforts restent encore à faire.

Globalement, au cours de l’année 2011, les efforts conjugués ont permis au Burkina Faso d’atteindre un taux de croissance de 4,2%, somme toute appréciable eu égard au contexte marqué par les crises financière internationale, énergétique, sociopolitique et alimentaire.

Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,

Malgré les performances réalisées par notre pays en 2011, les défis à relever pour consolider les fondements d’une croissance accélérée pro-pauvres et d’un développement durable restent importants.

Je voudrais m’appesantir ici sur les trois (3) défis majeurs ci-après :

• premièrement, la réduction de la vulnérabilité de l’économie nationale aux chocs et la réalisation du défi de la croissance économique. Selon les spécialistes, un niveau minimum de croissance économique annuelle, de l’ordre de 7 à 8% est nécessaire pour réduire durablement la pauvreté et asseoir les bases d’un développement durable ; notre ambition affichée dans la SCADD dans ce domaine est de parvenir à un taux de croissance à deux chiffres ;

• deuxièmement, le renforcement des infrastructures institutionnelles et physiques en vue de la consolidation de la gouvernance et de l’amélioration de la compétitivité de nos entreprises ;

• troisièmement enfin, la recherche de l’équité sociale par la maîtrise de la croissance démographique, la réduction des inégalités de genre et la gestion durable des ressources naturelles.

Honorables invités,
Mesdames et Messieurs,

Au moment où nous nous livrons à l’exercice du premier bilan annuel de la SCADD, nous devons avoir à l’esprit les préoccupations qui ont présidé à sa formulation. L’accélération de la croissance demeure un impératif si nous voulons réduire de manière significative la pauvreté dans notre pays. Pour y parvenir, nous devons travailler non seulement à consolider les acquis déjà enregistrés mais aussi à relever les défis déclinés à travers les quatre (4) axes stratégiques de la SCADD.

J’ai la ferme conviction que nous pourrons relever ces défis qui nous incombent. Il ne tient qu’à nous, acteurs et partenaires du développement économique et social national, de poursuivre la mise en œuvre de la SCADD avec autant d’engagement qu’en 2011, voire encore plus. C’est à ces conditions que nous parviendrons ensemble à réaliser les objectifs fixés par la SCADD.

Dans cette perspective, le Gouvernement qui souhaite pouvoir bénéficier de tous ces partenaires du même accompagnement, poursuivra les réformes déjà engagées visant à améliorer le climat des affaires et à renforcer la gouvernance. Il s’engage par ailleurs à entreprendre de nouvelles réformes pour mieux consolider les bases d’une croissance accélérée et de développement durable.

C’est pourquoi, tout en saluant votre disponibilité et vos contributions inestimables à la mise en œuvre de la SCADD, ainsi qu’à son processus de suivi et d’évaluation, je voudrais formuler le vœu que vous continuez à vous investir dans cette œuvre d’édification d’un Burkina Faso émergent pour le bonheur du peuple Burkinabè.

Sur ce, je déclare ouverte la revue annuelle 2012 de la SCADD.

Je vous remercie.

Ouagadougou, le 15 mai 2012

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